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25 nov. 2016

Green Peacock


Green Peacock, un puerh brut de l'an 2000,
commercialisé par Essence of Tea 
(~115€ la galette de 357g).


On ne sait pas grand chose à propos de ce puerh, si ce n'est 
qu'il a été stocké en Malaisie depuis 2000, et que c'est une 
belle trouvaille d'Essence of Tea, qui aurait donc mis la main
sur 3 puerh excellents, à un prix trèèèès raisonnable au vu de
la qualité des thés, et qu'il nous les recommande chaudement.


J'ai eu la chance de pouvoir goûter sous la former d'échantillons
à ce Green Peacock, ainsi qu'à son homologue violet de 2003,
vendu sous forme de brique. Autant je n'ai pas vraiment accroché 
sur le 2003, autant ce Green Peacock m'a vraiment beaucoup plu.

Ajouter à cela l'amicale pression des amis du forum qui cherchaient
des volontaires pour acheter un tong à plusieurs et donc payer la 
galette moins cher, j'ai fini - pour rendre service - par craquer.


Je n'ai pourtant pas l'habitude d'acheter des galettes de cette 
"gamme" de tarifs, et j'ai plutôt tendance à me méfier des thés 
dont l'origine est absolument inconnue, simplement emballées ou 
ré-emballées par un vendeur, mais j'ai tellement aimé ce que j'ai trouvé 
dans ma tasse que j'ai fait une croix sur tout ça pour accueillir ce 
Green Peacock dans mon petit stock de puerh.

En parlant d'emballage, notons que ce papier est ultra-fin,
et donc trèèèès fragile. A manipuler avec d'extrêmes précautions
sinon il partira en lambeaux en deux temps trois mouvements.

La galette en elle-même semble assez
inégalement pressée, et à première vue elle semble
très compacte, mais ce n'est qu'une impression, on peut
assez facilement extraire un bloc de thé sans tout
réduire en miettes et en poussière.


Le parfum des feuilles sèches dans la théière préalablement 
ébouillantée est vraiment superbe, ça sent le vieux puerh, 
ça fait presque penser à du Liu Bao Cha sur quelques
notes vieillies agrémentées de touches "médicinales". 

Rinçage, infusions.

Les premières liqueurs sont très pures, brillantes, 
j'ai une légère acidité sur la langue, une texture franche,
il n'y a rien de spectaculaire mais les notes de vieux puerh 
s'expriment avec classe, c'est tout en retenue, un peu 
timide mais prometteur pour la suite des opérations.


Au bout de quelques infusions, ce Peacock semble se réveiller
tout à coup et se met à délivrer une belle amertume qui vient
souligner, détailler et relever les notes de vieux puerh, la liqueur
prend de l'ampleur, ça tient beaucoup mieux en bouche, le thé
gagne en densité, en complexité et ça devient réellement très bon.

Attention d'ailleurs à ne pas trop pousser les infusions, on risque
de se retrouver rapidement avec une amertume envahissante 
et une énergique astringence qui, si elle est plaisante sur de 
très jeunes puerh, se marie moins bien ici avec le caractère 
vieilli de ce puerh d'une quinzaine d'années.


La troisième partie de la dégustation est toute en rondeur,
 des textures presque sucrées viennent enrober les 
notes de bois vieillis, c'est vraiment très très beau. 

Un très bon puerh donc, qui a facilement su me convaincre de 
passer la barre symbolique de la centaine d'euros / galette. 
Mais pour une telle propreté, un si bon équilibre et une 
aussi belle dynamique de dégustation, le
 tarif n'est absolument pas prohibitif sur un puerh de 16 ans.

25 juin 2016

Jingmai's pearl 2015


"Long Zhu" - perle de Jingmai est un puerh 2015 vendu par Klasek sous la forme de petites "boulettes" de 8 grammes. Fabriquées à partir d'un maocha unique de la région de Jingmai, ces boules de puerh sont vendues 2,88€ , ce qui n'est pas la ruine pour une dégustation test mais qui est relativement onéreux si on ramène ça aux 100g ou aux 357g d'une galette (~130€).


Il faut bien avouer que le format est tout à fait sympathique et pratique, et on voit immédiatement qu'il s'agit bien de "vrai" puerh fait avec des "vraies" feuilles entières, ce qui est loin d'être le cas sur les mini-compressions.


Rinçage appuyé pour déliter un peu ces 8 grammes de puerh, puis infusions, relativement longues au début puis de plus en plus courtes au fur et à mesure que les feuilles se déplient.


Passées les toutes premières infusions, un peu trop denses et "fouilli", ce puerh offre un nez très plaisant et des liqueurs claires, propres, et homogènes. C'est épicé, boisé, puis ça s'arrondit un peu pour partir sur un léger fruité onctueux.





Les liqueurs s'enchaînent sans fausse note, je finis par rallonger petit à petit les temps d'infusion. Les feuilles prennent maintenant beaucoup de place dans le gaiwan, c'est assez spectaculaire quand on voit le volume initial de la mini compression.


Au final, un puerh très plaisant, mais qui ne présente pas toutefois de caractère singulier et qui, hormis son format, n'a rien de particulièrement exceptionnel. Son rapport qualité prix n'en fait pas un must-have et je doute un peu de l'intérêt de faire vieillir ce genre de petites compressions. 

26 mars 2016

Just a pic : autumn Guafengzhai Maocha


Maocha de Guafengzhai, automne 2015 - Essence of Tea






5 mars 2016

Feng Yun 2011, Yunnan Sourcing


Puerh brut 2011 de chez Yunnan Sourcing,
ce Feng Yun est un blend fabriqué à partir de 
matériaux provenant de différentes zones du 
sud du Yunnan.


Les feuilles sèches sont effectivement très variées, 
en forme et en couleur ; leur parfum très franc, 
tirant un peu sur le fumé, est plutôt classique pour 
un puerh brut de quelques années : boisé et épicé.


Les liqueurs sont denses mais souples, la bouche n'est pas
super raffinée, on ne fait pas dans le subtil mais plutôt 
dans le bon gros puerh de tous les jours, mais relativement
équilibré, avec une amertume bien balancée et un minimum 
de complexité dans les arômes pour rendre la dégustation 
à la fois plaisante et intéressante.


La présence en bouche s'affine au fil des infusions, on gagne en 
limpidité et une sensation de fraîcheur s'installe durablement.
C'est vraiment pas mal du tout, on est sur un thé de 2011 qui 
est vendu aujourd'hui à ~34€ / 400g , le rapport qualité prix 
est donc plutôt intéressant. Bon, maintenant on ne sait pas trop
ce que l'on boit, ce puerh n'a pas vraiment de personnalité, 
et ça manque un peu de caractère, mais ça se boit vraiment tout seul.


20 déc. 2015

Ma An Shan raw puerh 2015


Juste quelques photos d'une dégustation d'un puerh brut 2015, 
originaire de Ma An Shan et sélectionné par Akira Hojo


Les feuilles sèches offrent un superbe parfum, très profond, 
et le résultat dans la tasse est à la hauteur.


Un puerh riche, franc, très pur, qui m'a offert des fonds de tasse sublimes.
C'est un peu ma marotte que ces "fonds de tasse" (le parfum qui subsiste 
dans le fond de la tasse vidée). Il est toujours différent de celui qui vient se 
loger sous le couvercle du zhong, de celui qui reste en bouche ou qui passe 
en rétro-olfaction, de celui des feuilles sèches, etc.


Je peux rester plusieurs minutes à savourer ce fameux 
parfum résiduel dans le fond de la tasse. 
Sa richesse est très variable d'un thé à l'autre, 
et sur ce Ma An Shan, c'est vraiment terrible.


Pas grand chose à dire de ce thé, c'est un très bon puerh de l'année, 
très homogène, avec une bonne longueur en bouche, une bonne tenue. 
C'est vif, c'est frais, c'est fin, c'est bon !


Pas spectaculairement endurant malgré le dosage généreux, 
il m'aura tout de même permis de faire une petite dizaine de très belles tasses.


La couleur et l'éclat de la liqueur valait bien une dernière photo !


7 déc. 2015

Phongsaly, vieux arbres du Laos


Phongsaly, un "puerh" 2015 du Laos sous forme de maocha,
en provenance de la Cave à Puerh :

"Feuilles fraîches début de printemps 2015 du village de 
Ban Komaen au Laos provenant de vieux arbres ( Gu Shu 古树 ) 
de près de 400 ans. La transformation des feuilles a été réalisée 
dans un petit atelier alliant techniques rigoureuses et travail artisanal."


Les feuilles sont magnifiques, très finement travaillées,
leur parfum est doux mais franc, porté sur les épices.
Ce maocha me fait penser à ce fameux thé de Shuangjiang,
produit par un certain Monsieur Feng, dont j'avais pu goûter 
les millésimes 2010, 2012 et 2013.


Bref rinçage avant d'entamer les premières infusion...


Promesse tenue, c'est un superbe puerh : 
pureté de la liqueur, netteté et précision des notes épicées,
c'est avec classe qu'une fine amertume met en valeur de 
belles petites touches fleuries, bref, j'aime beaucoup !



Au bout de quelques infusions, j'ai l'impression que la liqueur 
s'épaissit un tout petit peu, en tout cas le rendu s'arrondit 
légèrement pour laisser s'exprimer une note un peu sucrée/fruitée.

Un excellent puerh à mon goût : très belles feuilles, 
superbe liqueur, bonne endurance, sensations plaisantes,
le tout délivré dans un rendu classe et homogène, 
aucune fausse note !








27 oct. 2015

Green Miracle


Green Miracle,
un puerh "shu" 2015 de chez Yunnan Sourcing.

Les feuilles sont issues d'arbres de 50 à 70 ans, 
elles ont été récoltées en avril 2014, fermentées durant l'été,
et on les a laissées reposer quelques mois avant de presser
les galettes, au format 250g.


Cette jolie petite galette, composée de petites feuilles généreusement 
agrémentées de bourgeons, est plutôt du genre virulente : 
son parfum à sec, assez chaleureux et boisé, cache en fait un 
puerh fermenté relativement puissant.


Les arômes de fermentation sont encore bien perceptibles 
sans pour autant qu'ils viennent parasiter la dégustation, 
et à vrai dire c'est surtout au niveau des feuilles sèches 
qu'ils sont bien présents.

Ce qui fait la force, la puissance de ce puerh, c'est
son amertume, sa verdeur résiduelle, et sa densité.
D'après la description sur YunnanSourcing, la fermentation a été
effectuée avec soin pour préserver le caractère vert / brut du thé.
On peut dire que le pari est réussi.


Attention donc à la surinfusion, surtout en cas de gros dosage 
comme j'ai plutôt tendance à faire avec les puerh shu. 
Ici la sentence est immédiate : l'amertume prend le dessus. 

C'est un commentaire posté sur le site qui m'a permis d'identifier 
cette nuance dans l'amertume : c'est tout à fait ce qu'on peut 
retrouver dans les noix : la peau qui enrobe les cerneaux, 
ou encore le goût âcre des noix un peu passées.


Infusé correctement, ce puerh laisse apparaître une personnalité 
bien trempée, une puissance en bouche assez stimulante, 
une belle complexité dans une texture presque visqueuse, 
mais le tout dans une atmosphère fraîche et clean.

Un puerh vraiment atypique donc, qui j'imagine gagnera 
sans doute à vieillir et à s'assagir durant quelques années 
de stockage mais qui, bien dompté, est vraiment 
intéressant et enthousiasmant à boire tout de suite.