22 mai 2013

Da Yi violette 7542 - 2003


Menghai Da Yi 7542 millésime 2003.
Suite au dernier article d'Olivier et au mail l'accompagnant, 
j'ai eu envie de (re)goûter ce thé via l'échantillon que j'en avais.


Très enveloppant, extrêmement doux et doté d'une personnalité à part,
ce puerh brut de 10 ans d'âge est vraiment d'un accès très facile.
Très sage mais pas trop, accommodant dans la limite du raisonnable,
c'est un thé qui se laisse boire tout seul !


Très belles liqueurs acajou, beaucoup de rondeur en bouche, très chaleureux.
Une note de je-ne-sais-quoi dans la rétro-olfaction, 
je n'arrive pas à mettre le doigt dessus...
Il me reste une bonne dizaine d'infusions pour faire semblant de chercher !

21 mai 2013

Tôbettô


Magnifique futsumushi sencha de Hon.Yama, ce Tôbettô est un thé de montagne, très faiblement étuvé, issu d'un jardin limitant au maximum les intrants, produit avec l'intention de restituer au maximum les qualités naturelles du thé et d'en modifier le moins possible les caractéristiques gustatives et physiques : oxydation et malaxages minimalistes, soin extrême apporté au processus de fabrication...


Pour (beaucoup) plus de détails au sujet de ce Tôbettô, je vous encourage vivement à aller voir sur le blog de Florent l'article qu'il a consacré à ce thé (ne serait-ce que pour admirer les photos des montagnes).
J'ai un tout petit peu modifié les paramètres recommandés : j'ai utilisé 4g de thé pour 75ml et réalisé trois infusions 60°C/1'30 , 70°C/15" , et 75°C / 2'.


La première liqueur est à l'image des feuilles sèches : extrêmement pure, fraîche, douce et légèrement fruitée. Le résultat en bouche est assurément parfait : très homogène mais pas trop pour ne pas en devenir ennuyeux, extrêmement pur sans risquer le manque de consistance, des parfums bien présents mais laissant la part belle à l'imagination, une texture onctueuse qui cède délicatement un peu de son territoire à une amertume délectable, bref, c'est extrêmement enthousiasmant.


Ce Tôbettô ne fait pas dans l'épate, il n'y a rien de trop, mais rien ne manque non plus. Tout est à sa place, il invite à la contemplation de la liqueur, à l'observation des feuilles dans la théière, à la rêverie et à la savouration de l'instant, à l'écoute des sensations qui envahissent la gorge et qui remontent dans le nez.


La seconde infusion est du même tonneau, c'est juste parfait. J'ai presque l'impression que l'on dépasse ici le goût du sencha pour se rapprocher du goût du thé originel, un thé qui aurait été débarrassé de tout artifice, sans travestissement, dont on aurait uniquement conservé l'essence, la fraîcheur, la pureté, un thé offert à l'homme par la nature, sans contrepartie.


D'ailleurs ça va bien au-delà du goût, il n'est plus question ici de chercher un goût de compote de prune ou de haricot vert, de toute façon je n'ai jamais excellé dans ce genre d'exercice. La seule chose à faire pour apprécier et mériter ce thé, c'est de lui accorder toute son attention et de l'infuser avec la plus grande des considérations afin d'en extraire cet or liquide si précieux. Bon, j'ai quand même pris le temps d'immortaliser la chose en prenant quelques photos, surtout que j'arrive à la fin du sachet, le dernier sachet de sencha 2012, une apothéose en quelque sorte. 


La troisième infusion, plus chaude, plus longue, met en valeur une superbe amertume jusqu'ici à peine esquissée. Pour les suivantes (vous imaginez bien qu'à chaque fois que j'ai dégusté ce Tôbettô j'en ai tiré jusqu'à la dernier molécule de plaisir), je n'ai pas grand chose à ajouter : au moment où j'écris ce texte, je me dis qu'il va vite falloir que j'oublie ce Tôbettô : place au millésime 2013, à ses bons fukamushi de Yame qui me font de l'œil sur le site de Florent, à un Asatsuyu fluorescent qu'il me tarde de voir pointer le bout de ses feuilles sur thés-du-japon ! Ce Tôbettô m'a réconcilié avec les fustumushi sencha de la plus belle des manières, et il sera le point d'orgue de mes thés japonais 2012. 

20 mai 2013

3 Darjeeling de chez Darjeeling


Voici 3 Darjeeling 2013, de chez Darjeeling.cz, une boutique sise en République Tchèque qui ne propose pas QUE du Darjeeling. J'y ai déjà fait quelques petites emplettes par le passé car elle propose très régulièrement des ustensiles signés Petr Novak, Andrzej Bero mais pas que. J'ai ainsi récemment craqué pour une petite tasse coréenne, et j'en ai profité pour y joindre 3x10g de Darjeeling de printemps.


Le premier (ci-dessus), un "Shree Dwarika Bio First Flush, Ex-1" :
Slightly oxidized fine leaves, lots of silver downy tips (young, fresh buds at the top of the tea bushes).
Lively flowery and slightly herbal fragrance of dry leaves. Very light green infusion, delicate creamy flavour with very nice flowery and citrus tones, with long and pleasant aftertaste.


Le second (ci-dessus), un "Risheehat First Flush, DJ-13" :
Slightly oxidized, lightly rolled, almost unbroken dry leaf with a nice sweet flower aroma. Liquor of bright golden-green colour and full, honey-sweet, round, smoothly creamy taste with tones of roses and long sweet aftertaste.


Et le troisième (toujours ci-dessus), un "Phoobsering Bio First Flush, DJ-14" :
Tea picked at alitute around 1370 m. Lightly oxidised, beautifully rolled small leaf with lots of silvery tips. Brightly light golden-green liquor of very fresh, spring flowery and herbal, round, balanced and cream taste with pleasant hazel nut tones and long sweet and slightly astringent aftertaste.
Very precious tea processed in line with the trends established in Darjeeling in recent years. The leaf is left to wither and oxidize more lightly, with a really excellent result.


Je ne suis coutumier ni des Darjeeling ni des dégustations en parallèle, mais j'ai pourtant choisi de m'y coller, juste par curiosité. Paramètres : 3 tasses identiques (volume utile de 50ml), 1 gramme de thé dans chacune d'entre elles, eau à 80/85°C, et 3 minutes d'infusion.


On filtre, on boit !

Verdict ? Si le Phoobsering est très nettement à part, il est plus difficile de départager les 2 autres. En effet, le Shree Dwarika et le Risheehat sont tous deux très ronds, presque crémeux et s'ils arborent tous deux fièrement les couleurs du Darjeeling de printemps (notes herbacées, fine amertume, vivacité en bouche), le premier serait peut-être davantage porté sur les agrumes tandis que son comparse regarderait plutôt du côté des fleurs sucrées. Côté longueur en boucheet puissance des arômes c'est relativement kif-kif.


Le Phoobseering, quant à lui, se la joue un peu perso avec son amertume beaucoup plus mise en avant. Le couple amertume/astringence contribue à lui procurer un surcroît de longueur en bouche et à mettre en avant le très beau bouquet de notes herbacées et ultra-fraîches qui le caractérise.
C'est au final ce Phoobseering qui aura ma préférence : la combinaison de touches printanières très herbeuses (sève fraîche...), de l'astringence et de la fine et vigoureuse amertume est vraiment magnifique. Et c'est cela que j'aime retrouver dans les Darjeeling, bien que je m'en lasse relativement vite.

19 mai 2013

Kyusu à vendre (réservé)

[Réservé]

Je vends mon kyusu de Watanabe Tozo,
c'est une très belle pièce en terre rouge de l'île de Sado.

Dix-sept centilitres, filtre "sept trous", utilisé exclusivement
sur des thés verts japonais, superbe culottage.


Vous en trouverez de nombreuses photos sur ce blog,
au rayon thés verts japonais ^_^

Renseignements : 

16 mai 2013

EMS, douanes et Chronopost

On m'a posé cette question très récemment :

" Je souhaiterais acheter du thé japonais en ligne sur un site qui possède une structure au Japon, à savoir Ippodo ou Thé du Japon. J'étais sur le point de valider une commande sur Ippodo lorsque j'ai été rappelé que des taxes supplémentaires pouvaient-être appliquées lors de l'arrivée en France. Jusqu'à quelle somme s'élève donc ces frais ?
Quels sont (en moyenne) les délais d'un colis en EMS, toujours vers la France ? "

Une illustration valant mieux qu'un long discours, voici le bordereau de dédouanement de ma dernière commande chez Ippodo (fin mars dernier) :

Cliquez pour agrandir

Sur le montant de commande (134 €), la douane a appliqué 7% de TVA. Je paye ces 9€ de taxe avec joie (enfin, en tout cas sans rechigner) car si j'avais acheté ces produits en France, leur prix aurait été plus élevé (l'importateur aurait payé les taxes qui auraient été répercutées sur le prix de vente final).

Là où le bât blesse, et que l'on est en droit de s'agacer quelque peu, c'est lorsque Chronopost ajoute à ces 9€ pas moins de 21€ de "frais de dossier". Ce qu'il faut comprendre, c'est que Chronopost avance les 9€ à la douane à la place du destinataire, et du coup s'en fait rembourser 21 pour le dérangement. Pas mal non ?
Sachez que ce montant forfaitaire est susceptible de changer au fil des ans. L'année dernière, c'était 18€...

Conclusion : en EMS vous avez de très fortes chances d'être taxé par la douane pour les colis en provenance du Japon. Taxé par la douane, et "escroqué" par Chronopost. En SAL, le risque est quasiment nul.
Quel intérêt alors de passer par un envoi EMS ?

  • c'est plus rapide que le SAL (une semaine ou moins en général)
  • le colis est assuré à la hauteur de la valeur déclarée
  • vous pouvez suivre le colis du début à la fin via le n° de tracking fourni par l'expéditeur. 

On pourrait être tenté de demander à l'expéditeur de minorer la valeur déclarée du colis afin de faire baisser les taxes mais - 1 - c'est malhonnête - 2 - beaucoup de vendeurs s'y refusent et - 3 - en cas de souci vous ne serez remboursé que sur ba base du montant déclaré, vous serez donc pris à votre propre piège.

En SAL, c'est plus long (2 ou 3 semaines), pas très bien assuré, et sans suivi. Quoi qu'il semble qu'il y ait plusieurs variantes dans le SAL, certaines bénéficiant d'une assurance, mais c'est plus cher.

Je n'ai pas encore compris toutes les subtilités des modes d'expédition, et finalement chaque cas est particulier :
- expédition d'une céramique de valeur, je prendrais plutôt l'EMS en priant pour passer à travers des mailles du filet (ça m'est arrivé que des colis EMS ne soient pas du tout interceptés par la douane)
- achats de quelques sachets de thé, je choisirai à coup sûr un SAL "small packet", comme ce que propose Thés-du-Japon dans la limite de 5 sachets de thé : coût très avantageux.
- grosse commande de thé + ustensiles... à voir, l'idéal est de faire une commande EMS à plusieurs pour partager les frais de port et les éventuels frais de douane + Chronopost.

Voilà, j'ai sans doute oublié quelques éléments d'information en cours de route, mais j'espère avoir quand même répondu à la question posée. Bons achats !

30 avr. 2013

Sencha de Fuji, Kôshun


Futsumushi sencha 2012 de la région de Fuji (préfecture de Shizuoka), 
récolte manuelle, cultivar Kôshun, boutique thés du japon
J'arrive à la toute fin de mes sencha 2012, 
heureusement que les récoltes 2013 battent leur plein !


C'est évidemment un très beau thé, 
les aiguilles sont d'une finesse remarquable, 
et leur parfum va de paire.
Dans la théière préchauffée, c'est enivrant.

Florent a parlé à plusieurs reprises du travail remarquable
accompli par Akiyama Katsuhide, producteur de thé
au pied du Mont Fuji. Il y a plusieurs articles très intéressants
sur son blog à ce sujet (ici ou par exemple).


C'est indéniablement un sencha de grande qualité, finement travaillé,
les liqueurs sont pures et ciselées, et pourtant malgré différentes tentatives,
j'avoue ne pas avoir vraiment accroché avec ce thé. 


Mes tentatives en dosage "généreux" m'ont déplu 
car ce mode d'infusion produit une liqueur très amère 
et très parfumée, c'est trop pour moi. 

Les liqueurs de mes essais en dosage "moyen" m'ont 
également semblé trop amères et fleuries, 
dans une moindre mesure mais tout de même 
au-delà de ce que j'aime retrouver dans un sencha.

Infusé avec un dosage "faible", ce sencha donne des liqueurs 
à l'avenant, c'est-à-dire sans grande consistance ni intérêt,
quoique toutefois plaisantes et rafraîchissantes. 


Au final c'est en mode "Gong Fu" que j'ai préféré ce sencha :
de l'eau chaude et des infusions très courtes. 

Le résultat n'a plus grand chose à voir avec la douceur végétale
que j'apprécie dans les sencha, mais au moins je n'ai pas retrouvé
cette imposante amertume fleurie que je cherche à éviter depuis
mes incursions dans les expérimentations micro-oxydées
de Yoshiaki Hiruma ou dans les cultivars "fleuris" de la
sélection de Thés du Japon (Inzatsu...).

Je crois que j'aspire à retrouver un bon fukamushi,
très doux et opaque, ou alors un fustumushi de Yame,
simple et équilibré. 


Besoin de simplicité, d'immédiateté dans le plaisir,
j'ai perdu pas mal de repères dans les puerh (auxquels à vrai dire
je ne comprends plus grand chose), j'ai besoin de conserver
quelques certitudes, quelques "recettes" qui fonctionnent
à tous les coups avec mes sencha.

19 avr. 2013

En grande théière...


Grande première, c'est le cas de le dire, je m'essaie à l'infusion d'un thé vert en grande théière. A l'occasion de mon billet sur le Jiri Daejak où j'avais confondu millilitres et centilitres je me suis rendu compte que je n'avais jamais, au grand jamais, infusé de "vrai thé" dans des volumes supérieurs à une petite douzaine de centilitres. Parallèlement à cette histoire de volume, il y a bien évidemment aussi le fait d'infuser - ou pas - plusieurs fois les mêmes feuilles. Pour résumer, j'ai toujours fait plusieurs infusions en petit volume, et là je m'apprête à faire le contraire.


Les recommandations de la boutique étaient 60cl / 5g / 5-6 minutes à 70°C. J'ai fait une règle de trois pour adapter le grammage à ma théière de 40cl ce qui donne à peu près 3,5 grammes, et j'ai donc sorti tout l'attirail nécessaire à cette préparation : balance, thermomètre et montre.


Trop chaud... je patiente...

Première et dernière infusion : j'avoue avoir du mal à reconnaître ce thé que j'ai pourtant dégusté à plusieurs reprises. Si j'y retrouve bien la liqueur ronde et moelleuse qui m'avait plu, les notes fraîches (forêt, herbes), les accents fleuris ainsi que l'atmosphère subtile et aquatique que j'avais adorée dans ce thé vert coréen sont complètement absents. Ce qui ressort en premier et dernier plan, c'est la torréfaction, et le résultat est terriblement décevant, monolithique à souhait. Impossible d'incriminer les paramètres d'infusion, je les ai scrupuleusement respectés. L'eau non plus, c'est toujours de la Volvic. La théière ? C'est de la porcelaine "lambda", peut-elle à ce point dénaturer un thé ? Voilà, ça c'est fait comme on dit. Je conserverai donc précieusement ma "grande" théière pour y faire des Darjeeling ou des Lapsang Souchong basiques en mode "fin de repas" pour les invités, mais c'est - j'ai assez peu de doutes là-dessus - la première et la dernière fois qu'elle infuse un "bon" thé vert.


J'avoue que je ne m'attendais pas à une telle différence, et je ne me l'explique pas vraiment. Y a-t-il 80% de psychologique là-dedans ? Ça donnerait quoi sur un test à l'aveugle ? Je ne ferai pas l'expérience car de toute façon j'ai pris le parti - sauf quelques exceptions - de ne plus utiliser de balance, de thermomètre ni de chronomètre. Manipuler un zhong ou une belle petite théière, infuser plusieurs fois mes chères feuilles en les admirant sous toutes les coutures me procure bien davantage de plaisir, et c'est quand même bien ça qui compte, non ?