12 avr. 2010

Aujourd'hui, je bois rouge

Au programme aujourd'hui : dégustation d'un Yunnan d'Or 'Bud Simao', tout juste arrivé de Chine.

Les feuilles sèches : Merveilleuse odeur de pain d'épice quand on met le nez dans le sachet. Ce n'est pas vraiment une odeur de miel, mais bel et bien du pain d'épice, c'est la première fois que je peux identifier si distinctement cette odeur dans un thé.


Beaucoup de bourgeons dorés, les feuilles sont très finement torsadées. Les bourgeons déposent dans le fond du sachet et sur toutes les feuilles énormément de duvet ; un bon rinçage s'impose !

Odeur des feuilles sèches dans le zhong chaud : le pain d'épice disparait complètement, il se dégage des feuilles dans le zhong chaud un mélange d'odeurs de bois et de cire (évocations maltées) très prononcé sur un fond épicé (poivre ?).
Très légères notes florales.

Dans le couvercle du zhong après rinçage : bois et cire sont adoucis par des notes de je-sais-pas-quoi "grillé", la composante florale reprend un peu du poil de la bête au contact de l'eau.

Infusion 1 [10 sec.] : les feuilles commencent à s'ouvrir pour de bon, le pain d'épice n'a pas totalement disparu, je le retrouve un peu dans le couvercle du zhong. Cependant, le pôle épicé est un peu plus présent.
Belle liqueur rouge brun, très souple.
En bouche : aucune astringence, très légère acidité.
Notes florales en arrière-plan très faibles, le pôle ciré/boisé/épicé prend le dessus haut la main.
Très belle longueur en bouche.
Dans le couvercle du zhong, c'est beaucoup plus épicée que la liqueur en elle même. C'est fou la richesse aromatique et les différences entre feuilles sèches, feuilles sèches dans le zhong chauffé, feuilles rincées, infusion, et liqueur !


Infusion 2 [20 sec.] : les feuilles sont maintenant bien ouvertes, je trouve que le pain d'épice a un sursaut de vitalité dans le couvercle du zhong, mais les épices sont toujours en tête.
La liqueur est assez stable, je vois peu de différence avec la première infusion à part une très légère astringence qui commence à venir avec l'acidité.
On garde notre belle couleur rouille, qui fonce quand même un petit peu.


Infusion 3 [30 sec.] : dans le couvercle les épices deviennent un peu plus acides.
L'acidité est également un peu plus présente en bouche, l'astringence reste stable.
La liqueur reste très ample, la longueur en bouche est encore renforcée.
Des notes de champignons ? Bizarre, je ne les avais pas identifiées lors des premières infusions...

Infusion 4 [30 sec.] et suivantes : dans le couvercle, on retrouve un peu de sous-bois (je n'avais pas rêvé pour les champignons) alors que la liqueur s'arrondit et que l'acidité s'amenuise en même temps que l'astringence.


On conservera jusqu'à ce que les feuilles rendent l'âme une très belle rondeur et une longueur en bouche très appréciables. Les parfums de sous-bois vont s'amenuiser en même temps que les autres.
Après la 5ème infusion, j'ai continué pour savoir si les feuilles avaient encore quelque chose à offrir, mais la prochaine fois je m'arrêterai à 5.

2 commentaires:

Francine a dit…

2e beau billet, précis, "vivant": on déguste avec toi... Jolie expression que "les feuilles qui rendent l'âme", je te conseille, si tu as un jardin ou des jardinières, de les rendre à la terre quand elles auront tout donné, elles serviront d'engrais...

Sébastien a dit…

merci beaucoup pour tes commentaires et compliments.
pour ce qui est du jardin, j'en rêve mais pour le moment je n'ai qu'un balcon... et mes 2 petites jardinières ne pourront jamais absorber toutes les feuilles de thé que je consomme.