17 sept. 2011

Youle - Yan Nuo 2011


Cette très belle petite galette de 250g vient d'une boutique en ligne dénichée par EDP au hasard de ses déambulations sur le web du thé. La boutique des Thés Pu'er Terre de Ciel est alimentée par le travail de deux françaises, Aude Frère et Dominique Charriez, qui sont également à l'initiative de la Galerie Yunnan (Vaucluse). Je vous laisse visiter ces 2 liens pour en savoir un peu plus, mais pour résumer, ces deux amies ont attrapé le virus du puerh à l'occasion d'un voyage dans le Yunnan, et elles proposent de goûter les thés qu'elles ont sélectionné et fait conditionner là-bas.

Cette galette "Youle" est issue de vieux arbres du village de Yan Nuo, dans la montagne de Youle (Six Famous Mountains), récolte fin février 2011 .

"Ces galettes ont été faites selon les méthodes traditionnelles et pressées soigneusement sous les pierres le 6 Avril 2011. Papier d'emballage Dai de fabrication artisanale, design fait par Aude Frère et Dominique Charriez, imprimé à Jinhong."


Il est indéniable que le design est superbe. Je suis conquis par ce papier "Dai" (quoique vraiment très fin) et surtout par le dessin (à l'encre ?) proposé par Aude et Dominique. Bon, l'habit ne fait pas le moine et un chouette emballage masque peut-être un thé très moyen, mais il n'y a qu'une seule façon d'en être certain, c'est de passer à la dégustation !


Une fois déballée, la galette laisse échapper une odeur de très jeune puerh, surtout axée dans le végétal frais. Aucune trace des notes de fumée évoquées sur le site, peut-être que celles-ci ne sont délivrées que lors des infusions initiales. On peut apercevoir de beaux bourgeons sur cette galette effectivement peu compacte, mêlés à de petites feuilles ou morceaux de feuilles relativement sombres. Il est temps d'en prélever quelques grammes (avec le pic à puerh glissé dans la commande, merci les filles !) et de les placer dans mon shiboridashi, glissé dans ma valise pour ce week-end à la campagne.


Deux rinçages express, première infusion (une poignée de secondes) : j'obtiens une liqueur très claire, mais tirant tout de même légèrement sur l'orangé (difficile de déterminer la vraie couleur dans cette tasse non blanche). Je ne détecte pas la petite note de fumée promise, c'est dommage parce que c'est quelque chose que j'apprécie bien sur les jeunes sheng (dans la limite du raisonnable). A part ça, c'est très frais, majoritairement végétal et bien structuré, ça tient bien en bouche, rien à dire c'est vraiment pas mal. Pas d'amertume, très légère astringence qui vient relever la relative monotonie des arômes.


Pour la suite, je confirme que c'est un bon petit puerh, sans doute pas le meilleur "puerh de l'année" qu'il m'ait été donné de goûter, mais en poussant légèrement les infusions - surtout avec le dosage plutôt conséquent pour lequel j'ai opté - il est assez facile d'obtenir une liqueur qui tient vraiment bien la route, consistante, épaisse sans être lourde, très végétale mais pleine de relief, longue et fine. Il ne réagit cependant pas très bien aux infusions "trop" poussées : la liqueur devient très sèche, et l'augmentation de l'astringence - qui n'est pas gênante en soi - n'est pas accompagnée d'une montée en puissante des arômes, ce qui déséquilibre fortement l'ensemble.


Bref, je suis ravi d'avoir pu tester ce petit puerh fort sympathique, peut-être un peu plus capricieux que d'autres, mais fort honorable pour une consommation quotidienne. Je réviserai ou nuancerai peut-être mon jugement après une dégustation en théière, affaire à suivre.

16 commentaires:

Philippe de Bordeaux a dit…

Bien belle ambiance campagnarde;le bois brut la bûche;cette table ayant vécue,le shiboridashi splendide et dans les mêmes tons et enfin ce jeune sheng.Harmonie.

Merci.

Mes amitiés

David a dit…

Quelle coïncidence, moi aussi j'ai acheté cette galette dernièrement ! ;-)

Personnellement, j'aime bien. C'est au dessus de bien des puerh que j'ai pu gouter dernièrement. J'aurais envie de dire que c'est un bon puerh "de tous les jours" mais c'est peut etre un peu mieux que ça.

Effectivement, l'emballage est sublime. Je ne dirais pas que c'est ce qui m'a poussé à l'acheter mais presque...

Bon dimanche.

Sébastien a dit…

@Philippe : merci !

@David : il faut que je reteste ce thé en théière pour me faire un avis définitif, d'autant plus que j'ai peut-être eu la main un peu lourde dans mon shiboridashi qui, plus ça va plus je m'en rends compte, modifie beaucoup le rendu final en fonction des familles de thé...

David a dit…

Y a jamais assez de feuilles !! ;-)

David, présentement avec un gyokuro Rimpo d'Ippodo, 10g/10cl, heureux...

edp a dit…

"Y a jamais assez de feuilles !! ;-)"

Bah j'ai essayé de rentrer une de leurs galettes de 100g dans la théière, mais sans succès :-)

J'ai testé un certain nombre de leurs produits et ça me semble plus qu'honorable, avec le peu que je sais juger des jeunes pu er.

Sébastien a dit…

Avec les gyokuro aussi on peut faire des dosages de bucheron ??

David a dit…

Avec un gyokuro de qualité, je dirais que même que c'est plutôt conseillé ! Voici les recommandations de Florent : 3-4 grammes et 25ml par personne, soit encore plus que moi. Perso, j'ai fait : 50°C/2', 60°C/15", 70°C/30", 80°C/1', 90°C/1'30. Ce sont des paramètres que j'avais lus sur TC, clairement les meilleurs que j'ai essayé jusqu'à présent.

Nicolas a dit…

Il a l'air délicat ce pu'er. Il laisse paraitre un respect de la feuille et un grand soin à la confection.

Tu pourrais essayer aussi une autre approche. Même grammage, doubler le temps d'infusion à chaque brassage, diviser le nombre d'infusion par deux.

C'est ce que je fais avec mes pu'er quotidien. C'est la recette du moment :)

Bonne journée
Nicolas

Sébastien a dit…

Je prends note, David, pour le dosage des Gyokuro. Je n'en ai jamais bu, mais j'en ai un sachet de Gyokuro de Uji (Thés de Japon, 2010) qui attend patiemment son tour dans mes réserves. Du coup toute recommandation gyokuresque est la bienvenue.

@Nicolas : "Tu pourrais essayer aussi une autre approche. Même grammage, doubler le temps d'infusion à chaque brassage"
>> doubler les temps d'infusion avec un dosage 'ras la gueule', ça risque de devenir rapidement imbuvable.

Nicolas a dit…

Bonjour Sébastien,

Désolé, je suis pas réveillé ce lundi matin :)

Grammage modéré, bien sûr et temps d'infusion doublé.

Arrrf va falloir que je m'achète une balance et un chrono pour causer pareil avec les copains.

Nicolas

Sébastien a dit…

"Arrrf va falloir que je m'achète une balance et un chrono pour causer pareil avec les copains."

Surtout n'en fais rien. Avec le recul, je dirais que ce n'est vraiment pas indispensable, même si ça peut aider dans certains cas bien spécifiques.

lionel a dit…

>> David, présentement avec un gyokuro Rimpo d'Ippodo, 10g/10cl, heureux...

Comme toi Sébastien, je suis novice dans le monde du 玉楼-gyokuro. Ce que m'en dit mon かぶせ茶 -Kabuse cha- actuel, lui aussi thé d'ombre, c'est que je sens que je vais ADORER...

Me reste à décider dans quel ustensile infuser de si petites quantités...Bref, tout un monde à explorer...on en reparlera...

Sébastien a dit…

Je me pose aussi la question pour l'ustensile, mais plutôt en terme de matériau que de volume... David Louveau m'a fortement recommandé la porcelaine pour les gyokuro. Personnellement j'aurais eu tendance à utiliser mon shiboridashi (il est émaillé donc ça sera toujours moins pire que ma Tozo par exemple).
Je n'ai pas trop envie d'investir dans un hohin en porcelaine juste pour mon sachet de 50g de gyokuro.
Et pourquoi pas... un zhong ?

David a dit…

Traditionnellement, les gyokuro sont effectivement infusés en Shiboridashi ou en Houhin. Je me permets encore une fois de citer Florent, en anglais cette fois-ci :

"However, i prefer think sharp and material (and volume of course).
For very high grade teas that we brew with few water, lots of leaves, Something large and flat seems to be better, and almost shiboridashi are like this. But for the same high grade teas, we usually want to bring out sweetness/Unami, and for this porcelain works better. Porcelain hohin are more common than porcelain shiboridashi i think. Of course, this is only general speaking. (there were research last years that's shown ceramic make tea taste stronger, bringing out the tea's Umami and astringency, porcelain get a lighter taste with no astringency).
Finally, accessories is more for me a question of mood.

Besides, in a lot of wholeseller catalog, shiboridashi is a subcategory of hobin."

À mon avis, ton Shiboridashi de Petr est un candidat idéal pour le gyokuro Sebastien. D'ailleurs, même s'il est émaillé, je me demande si c'est bien de l'utiliser pour plusieurs sortes de thé, ie puerh et verts. Un zhong, c'est possible, mais moins pratique pour extraire toute l'eau des feuilles entre chaque infusion. Et puis, si tu aimes, je suis sûr que tu pourras justifier l'achat d'un ustensile dédié ! Moi, j'utilise un kyusu en porcelaine de 15cl.

On en reparler comme tu dis lionel. En attendant, si tu veux que je t'envoie un échantillon, n'hésite pas !

Sébastien a dit…

Merci pour les infos David, je testerai de toute façon le gyokuro dans le shiboridashi de Petr, et peut-être un essai comparatif avec un zhong, même si évidemment je risque de galérer pour bien le vider...

Pour revenir aux paramètres que tu as donnés, (50°C/2', 60°C/15", 70°C/30", 80°C/1', 90°C/1'30), je suis surpris du nombre d'infusions : je pensais que ça se limitait à 3 comme pour les sencha. Faut dire, je ne m'étais pas encore renseigné sur l'art d'infuser un gyokuro :)

"même s'il est émaillé, je me demande si c'est bien de l'utiliser pour plusieurs sortes de thé"

Ah, tu crois ? Il est pourtant non poreux grâce à l'émail, tu penses que malgré ça il pourrait en quelque sorte garder la "mémoire" des infusions précédentes ?

L'eudes a dit…

Superbe la galette !
Et le lien qui m'a l'air assez complet !
Merci.