26 mars 2012

Mei Lan

Un échantillon de puerh from A. Hojo, qui sera tout indiqué pour accompagner la lecture du dernier article de David (lavoieduthé), mais également pour digérer (ou plutôt diluer) les doutes qui m'assaillent depuis quelques temps au sujet des puerh.
Ces quelques grammes de thé viennent donc de la boutique d'Akira Hojo, c'est un puerh brut de 2007. Je n'ai vraiment rien trouvé sur le net à propos de "Mei Lan" (ou plutôt si, mais rien qui ne me paraisse avoir un rapport direct avec le thé).

Les feuilles sèches ne m'apprennent pas grand chose : c'est à la fois une odeur de puerh "classique" et en même temps elle ne m'est pas particulièrement familière. Cela signifie peut-être qu'il ne vient pas du Lincang :)


Confirmation : une fois dans le zhong bouillant, ces 5,5g de puerh ne me rappellent rien de connu. L'odeur est intense, très évocatrice, les parfums sont très riches, mais c'est plutôt nouveau en ce qui me concerne. Bon, c'est bien un puerh, ça j'en suis sûr, mais c'est à peu près tout :)


Double rinçage express, première liqueur, première gorgée.
J'ai une insolite sensation de picotement, presque d'effervescence sur le bout de la langue à la toute première gorgée. La prise en bouche est rapide, agréable, douce mais avec juste ce qu'il faut de pêche pour ne pas rester sur une sensation trop onctueuse. C'est bien un bon puerh, brut dans les 2 sens du terme, mais remarquablement équilibré, homogène.


Au nez, que ce soit par rétro-olfaction ou dans le couvercle du gaiwan, il y a un gros quelque chose de fumé.  Il est fréquent que j'identifie une composante fumée dans les puerh, mais j'ai 2 fois sur 3 des gros doutes quant à la pertinence de mon analyse : il est très facile, surtout pour un amateur avec peu d'expérience, de confondre une fumée réelle avec un bouquet de parfums bois/camphre/épices ou je-ne-sais-quoi. Cette fois-ci, aucun doute pour moi il s'agit bien de fumée mais pas de celles qui pénalisent le rendu global. De toute façon, j'ai l'impression que je suis en train de déguster un puerh dont les points forts sont la présence, le dynamise en bouche, l'énergie dégagée par la liqueur, l'arrière-goût, mais beaucoup moins la densité et le raffinement des parfums.


La suite confirmera mes premières impressions (qui sont évidemment toutes personnelles) : un puerh étonnamment puissant en bouche (mais pas sur l'amertume), extrêmement vif et très très réussi de ce côté-là. Côté longueur en bouche, c'est long, c'est précis (en même temps c'est un peu le cheval de bataille de la maison), mais la fumée ressort un tout petit peu trop pour moi, au détriment des autres parfums "puerh", relativement absents ici.

Question à 2 yens : est-ce ce puerh a été stocké "sous vide" et si oui est-ce pour cette raison que malgré ses 5 années de vieillissement il n'a pas réussi à perdre cette composante fumée ? Troisième possibilité : ce n'est pas du tout, du tout de la fumée, et j'ai tout faux, sur toute la ligne. Au point où j'en suis, ce n'est pas du tout à exclure :)

7 commentaires:

David a dit…

Tu es, en fait, tout à fait dans le juste.

Akira a trouvé ce puerh qui était issu d'un maocha de très bonne qualité, mais l'aspect fumé était un peu "too much". Je ne sais plus s'il y avait une faible quantité à la base ou si du cu coup il en acheté peu. Mais il a réservé la vente à sa seule boutique de Kuala Limpur. J'ai pris l'une des dernières...

Plusieurs thés sont dans cette carte locale et pas en vente sur le net. Pour certains, j'ai essayé de motiver Akira pour qu'ils apparaissent à la vente...

Sa sélection de puerh comporte beaucoup de styles différents, certains sont même "hard", mais tous ont d'exceptionnels présence et... aftertaste.

Olivier a dit…

Comme tu le dis tout dépend ce que tu entends par "fumé"... si c'est qq chose que tu associes de manière personnelle à une "catégorie type fumé", ce qui est courant, ça peut être pas mal de choses...

Si maintenant c'est vraiment du fumé (ce que semble confirmer David) ça n'a à priori rien à voir avec le stockage d'Akira est vient dans de la grande majorité des cas de présence de fumée lors du Sha Qing.

Si c'est parfois (rarement) fait exprès, c'est en général la conséquence d'un mauvais Sha Qing ou d'une mauvaise installation (espace pas assez ventilé, abcence de cheminé, foyer donnant dans le mme espace, à l'avant ou sur le coté du wok, etc...) ce qui est très très courant chez bon nombre de petits producteurs...

L'autre cas le plus répandu est le stockage du maocha chez le paysans, dans un espace enfumé (pièce commune où se trouve le foyer qui sert à la cuisine, etc...), ce qui n'est pas rare non plus...

Sébastien a dit…

Merci pour vos précisions, et merci David pour l'échantillons :)
J'ai trouvé que le "Bin Dao" était bien meilleur, sans défaut, vraiment bien quoi.

Olivier a dit…

C'est quoi ce "Bin Dao"?

(Bing Dao??? De quelle producteur/année?)

lionel a dit…

"J'ai trouvé que le "Bin Dao" était bien meilleur, sans défaut, vraiment bien quoi."

Ouais !
Nous avons le même pourvoyeur d'échantillons Sébastien, et ce Bing Dao (faute de frappe sur le sachet plastique...) m'a aussi beaucoup plu. Dans le style de la Midi non ? Fruité, plein, sèveux, long...

Sébastien a dit…

Ah oui c'était sans doute Bing Dao... voilà ce que c'est de ne pas prendre de note et d'avoir une mémoire toute pourrie :)
C'était donc un autre échantillon de puerh Hojoïen, sans autre précision que ce nom (que j'ai écorché). Je te rejoins Lionel, il est dans le style de la Midi, d'après mes vagues souvenirs car cela fait un bon moment que je ne l'ai pas re-goûtée.

David a dit…

Voici une photo de cette Bing Dao et l'article dédié.

C'est le puerh à ne pas manquer dans la sélection d'Akira.