28 oct. 2011

Mengku Mu Shu 2006


Une nouvelle galette de puerh brut, de chez Mengku, également sourcée par Olivier. C'est une Mu Shu de 2006, réalisée à partir de feuilles du terroir de Bing Dao, village du xian de Shuangjiang.

Clic clic, Wikipedia

Ce thé vient donc d'un patelin relativement proche (à l'échelle chinoise) du lieu d'où provient le superbe maocha testé dernièrement. Cela ne veut strictement rien dire, mais repenser à ce puerh suffit à me donner l'eau à la bouche.

Carte Wikipedia (auteur : Croquant), modifiée par mes soins.
Répétez après moi : Shuāngjiāng lāhùzú wǎzú bùlǎngzú dǎizú Zìzhìxiàn !


Une fois ces précisions géographiques apportées (je sais pas vous, mais moi ça m'intéresse beaucoup, de savoir d'où vient le thé que je m'apprête à boire), il ne me reste plus qu'à vous montrer cette Mu Shu : l'emballage...


et son contenu :



L'eau est chaude, reste plus qu'à infuser !
Avant même de verser l'eau bouillante sur les feuilles, un parfum vraiment alléchant se dégage de la théière préchauffée : un parfum qui m'évoque plein de bons souvenirs et qui me rappelle fortement certaines galettes de ma modeste collection. Je sens que ce thé va me plaire :)

Rinçages, infusions.


Rien à dire, c'est superbe. Un tapis végétal encore bien frais malgré ses 6 ans, des parfums davantage typés bois "genre santal", du fruit (beaucoup moins que le maocha évoqué précédemment, mais dans le même style), et surtout ces fameuses fins de tasses extraordinaires (pour moi en tout cas) : lorsque la tasse est tout juste vidée, encore chaude, il y réside un parfum presque humain, absolument indescriptible, dont je ne me lasse pas.


Bref, aucun reproche, c'est très fin, long en bouche, subtil mais pas mou, délicatement astringent, des effluves boisés, c'est beau c'est bon c'est bien fait et élégant.

Ce puerh ressemble beaucoup à un autre que certains lecteurs connaissent sans doute et que j'ai maintes fois évoqué, la galette Min Feng de Yong De (2006 également).
Il faudrait les déguster simultanément, mais pour comparer je dirais que cette Mu Shu est tout aussi bonne, mais plus fruitée, plus sage et plus subtile. La Yong De fait un peu moins dans la finesse mais en contrepartie, on a un rendu un peu plus velu (elle est également moins chère).


Que dire de plus ? Pas grand chose si ce n'est que voici une superbe galette que j'aurais certainement achetée en plusieurs exemplaires si mes placards n'avaient pas été déjà aussi bien garnis en thés de Lincang (et aussi si mes finances avaient pu suivre la cadence).

D'ailleurs en parlant de Lincang, il va falloir d'urgence que je boive quelques puerh d'un autre terroir, car j'ai l'impression que je vais finir par ne plus pouvoir boire que des thés du coin. Trop de Lincang tue le Lincang ? Je n'en suis pas encore là, et à vrai dire je n'arrive pas à m'en lasser :)

Décidément, c'est une région qui me plaît beaucoup de par les thés qu'elle produit, et que j'aimerais vraiment avoir l'occasion (comprendre : le temps et les moyens) de visiter "en vrai".

13 commentaires:

Lihua a dit…

Bel article, ça donne envie de boire un bon Pu'Er...et les photos sont très belles.

lionel a dit…

Oui superbes photos de cette liqueur jaune d'or...

Tu déniches de bien belles choses on dirait Sébastien ces derniers temps en matière de pu er. Tu deviens notre Hobbes/Half-Dipper national !

Je pensais qu'avec la flambée des prix du pu er de 2007, on allait se trouver devant une fracture entre les "vieilleries" introuvables mais de toute façon inabordables, et les tout jeunes pu er certes abordables, mais sans grand interêt gustatif encore...Que nenni ! Il y a plein de belles choses à découvrir, âgées seulement de quelques années...

Si bien que mon régime Thé actuel est Sencha 80% / Pu er 20%...

Sébastien a dit…

"Tu déniches de bien belles choses on dirait Sébastien ces derniers temps en matière de pu er. Tu deviens notre Hobbes/Half-Dipper national !"

Oulààà, la comparaison est flatteuse, merci bien mais je crois que c'est tout de même largement surdimensionné :)
Et en plus, je ne déniche rien du tout ! C'est Olivier qui déniche. Moi, je me contente de commander, et de boire en faisant quelques photos par ci par là.

Et les jeunes puerh sans intérêt gustatif, je dirais que c'est une légende. Et j'ai des preuves plein mes placards !

Merci d'être passé par ici, et bon courage pour demain !!

David a dit…

Excellent thé indeed, relativement vert pour son âge et extrêmement fruité.

J'avoue avoir également un faible pour les thés du Lin Cang, peut être que cela vient de l'altitude de certains théiers. Mais bon, je ne crache pas sur les Yiwu non plus... ;-)

Je n'ai jamais souscrit à l'idée qui veut que les jeunes voire très jeunes puerh n'ont pas d'intérêt gustatif. Certes différents de leurs ainés, qu'on pourra préférer pour de très bonnes raisons, certaines récoltes de l'année et de quelques printemps seulement sont tout simplement magnifiques. Cinq ans est une bonne moyenne pour mes papilles.

Effectivement, encore de superbes photos, notamment de ce plateau mouillé et de cette tasse à puerh qu'on aimerait voir de plus près !

Nicolas a dit…

Avec le nombre d'échantillons de pu'er de toutes provenances et de tous les âges que j'ai pu goûter et dont je ne parle jamais, j'ai remarqué une cassure pour les production post 2006.

Avant 2006 une plus grande quantité de pu'er de qualité.

2007, année charnière.

2008 et 2009 faut vraiment chercher pour trouver de belles galettes.

2010, je découvre les produits Essence of Tea.

2011, je découvre les produits Akira Hojo.

Nicolas a dit…

A la base j'étais surpris de voir une grande quantité de jeunes pu'er 'verts' sur ton blog, Sébastien.

Je pense comprendre mieux tes goûts, il suffit de regarder entre les lignes de tes articles. Du japonais vert, du chinois vert, du Oolong à feuilles roulées assez jeune et peu oxydé, du pu'er assez jeune. Du blanc parfois...

Le jeune pu'er a ses adeptes, j'en fais parti. Le problème du vieux pu'er c'est sa capacité au vieillissement. Il ne suffit pas de mettre un pu'er correct dans des conditions de stockage correctes pour avoir un bon vieux pu'er. Cela commence bien avant. Et il y a tellement à dire qu'une série d'articles serait nécessaire.

Nicolas

Mars a dit…

Je disais donc, avant que google ne refuse mon commentaire, que je trouvais aussi ces photos vraiment superbes.

J'apprécie beaucoup les précisions géographiques. Je fais aussi partie de ceux qui aiment savoir la provenance des thés, leur histoire.

Sébastien a dit…

Je n'ai pas fait la même observation que toi Nicolas pour ce qui est de cette cassure en 2006. Il y a des puerh antérieurs à cette année qui m'ont beaucoup moins enthousiasmé que des jeunes (mais j'en ai peut-être goûté moins que toi, ou pas les mêmes). Entre 2006 et 2009, j'ai aussi bu de belles choses, et 2010/2011, il n'y a pas qu'Essence of Tea et A. Hojo qui commercialisent de bons puerh, heureusement :)
Cela dit la question de fond "faisait-on davantage de meilleurs puerh avant (avant 2006 ou dans ces eaux-là) ?" est intéressante et je n'ai pas le moindre début de réponse.

Pour ce qui est du stockage/vieillissement des puerh, je me garderai bien d'écrire quoi que ce soit à ce sujet, je n'ai pas l'audace de penser que je détiens quelque vérité à ce sujet. Je me contente de stocker mes galettes à l'abri des odeurs, du soleil, des brusques changements de T°C et de la poussière. Pour le reste, wait & see.

Merci aux autres intervenants, si mes photos donnent envie de boire un thé, le pari est gagné en ce qui me concerne !

Ps: David, je ne crache pas non plus sur un Yiwu ;)

Nicolas a dit…

@Mars

Les précisions géographiques sont intéressantes pour connaitre un peu le parcours et la provenance du thé que l'on consomme.

Cette démarche marketing trouve un fort impact chez l'acheteur français. Perso le CV d'un thé m'intéresse moins que le test de la tasse sur plusieurs sessions.

D'où l'avantage d'avoir des échantillons et de faire vivre ce thé pour en tirer le meilleur suivant mes goûts et mes préférences.

Maintenant il est évident quand on me dit Yi Wu ou Lincang, que je vais être plus attentif et plus exigent.

@ Sébastien

En 2007 j'ai une très belle référence, une seule. En 2008 et 2009, je suis vraiment déçu de n'avoir rien trouvé. Mais vraiment rien.

2010 et 2011, je cite Essence of Tea et Akira Hojo. Ceux là ont eu un impact fort (chez moi).

Je ne cite pas par exemple les productions spéciales estampillées Yunnan Sourcing (yunnansourcing.com), ni les produits de Olivier (Puerh.fr) pour la simple raison qu'avec ces galettes je m'ennuie grave. C'est un point de vue purement personnel.

Maintenant ce que je peu dire en toute honnêteté de ces 2 sources, c'est que les galettes sont saines et sans grand défaut. Des produits presque 'sans risque' à l'achat.

.......

Je suis un des seuls francophone, à m'exprimer sur les capacités de vieillissement d'un thé.

J'estime que le dégustateur à le droit et presque le devoir de donner un avis sur cette facette importante du thé.

Si on ne le fait pas, nous laisseront le pouvoir aux vendeurs et aux grosses firmes; comme si ils n'en avait pas assez...

Nicolas

Olivier a dit…

La Mu Shu 2006 (de plus quand c'est l'édition originale d'avril), est en effet un excellent thé.

C'est par ailleurs (pour ceux qui aiment ajouter une dimension historique à la dimension géographique) LA galette qui a en 2006 rendu connu le terroir de Bing Dao (aujourd'hui ultra recherché), mais aussi la seule Mu Shu Cha réellement basée sur des feuilles de Bing Dao (les suivantes, malgré les sous entendus du producteur ne contiennent plus du tout de Bing Dao, comme d'ailleurs la quasi totallité des galettes aujourd'hui vendues comme provenant de Bing Dao)...

edp a dit…

La cassure en 2006 est me semble t-il, assez célèbre : c'est exactement l'année où la production de masse est arrivée. Les choses ont en fait commencée un peu plus tôt, en gros en 2005, mais 2007 a été l'apothéose. La quasi totalité des banzhang ou yiwu à partir de 2007 sont des faux, la production étant très supérieure à l'offre.

Il ne semble pas que la qualité aie baissé, c'est simplement que le bas de gamme a pas mal envahi le marché. Retour des choses vers 2009-2010 avec plusieurs faillites et plein de petites productions, certainement meilleure que certaines des 80'que l'on porte aujourd'hui au panthéon.

Julien ÉLIE a dit…

Nicolas,

Le problème du vieux pu'er c'est sa capacité au vieillissement. [...] Et il y a tellement à dire qu'une série d'articles serait nécessaire.

J'espère que le rideau de ton blog s'ouvrira bientôt !
Joli coup que le vieillissement de blog : protéger de la lumière son contenu, le laissant mûrir derrière un rideau. Quel délice lorsqu'il s'ouvre et exhale à nouveau ses parfums !

Tel pu er, tel site.

Nicolas a dit…

Bonjour Julien, heureux de te revoir à nouveau.

"J'espère que le rideau de ton blog s'ouvrira bientôt !"
-> Hé bien non, mon blog est bel et bien terminé. Le Thé et le Chemin est fini.

Je reste un fidèle lecteur de la blogosphère. Et j'interviens un peu comme toi maintenant. De manière ponctuelle de-ci / de-là.

Pour l'instant j'ai besoin de repos et de laisser murir un peu les choses en moi, à l'ombre (surtout à l'ombre).

Un blog public est fatiguant, on donne sans compter. On montre ce que l'on a de plus beau. On se dénude au travers des écrits.

Le public consomme les pages sans se soucier de ce que cela à coûté en effort, en argent, en temps.

C'est "faire don" de soi et cela me fatigue. J'aspire au calme, à la paix.

J'ai semé des graines de réflexion et elles germent petit à petit, elles poussent pour se frayer un chemin vers la lumière, je les sens. Elles sont vivantes.

J'ai contribué dans les énergies des différents plans de conscience à faire évoluer les choses. Mon rôle (dans les énergies) est terminé.

La fin (prématurée) de mon blog a mis fin à un combat important, dans les énergies.

Je le dis, je l'écris parce que je sais que cela touchera certains lecteurs.

Le chapitre des énergies étant pour moi bouclé, le reste concerne le genre humain et sont degré de respect pour le sacré. L'esprit du Camellia et son impact pour le genre humain.

Merci

PS : je suis joignable par mail
nicolas.thechemin@gmail.com