25 janv. 2015

Lu'an Gua Pian


Ajourd'hui c'est cet échantillon de Lu'an Gua Pian, 
gracieusement glissé dans ma commande chez Nannuoshan
qui va étancher ma soif de thés verts chinois.


Contrairement à la grande majorité des thés verts chinois, 
on ne cueille pas les bourgeons pour faire du Lu'an Gua Pian. 
On ne récolte que la seconde feuille de chaque tige, 
feuilles auxquelles on retire les nervures centrales avant de torréfier
 au wok puis de les cuire deux ou trois fois 
le lendemain jusqu'à séchage complet.


Ces feuilles d'un vert très soutenu ont un parfum franc et direct, 
que l'on retrouve dans la tasse sous la forme de
notes végétales puissantes, soutenues par une belle astringence
qui permet une réelle présence en bouche.


La texture très souple associée aux parfums végétaux vigoureux 
et aux accents fruités donne un ensemble très harmonieux,
relativement singulier (au sens inhabituel pour un thé vert chinois).


C'est vraiment cette densité, 
cette attaque franche et épaisse dans le végétal, 
qui caractérise ce thé d'après moi. 

Ça change vraiment des thés verts chinois tout en 
subtilité, très légers, fins et délicats. 

Là c'est complexe, fouillé, mais c'est du lourd quoi.


On retrouve de bien belles feuilles dans le gaiwan,
elles ont semble-t-il conservé leurs nervures centrales,
par contre on ne retrouve aucun morceau de tige.


Après le Tai Ping Hou Kui, je ne peux que me déclarer 
convaincu par ce second thé vert chinois 
de la boutique Nannuoshan. 

C'est frais, c'est pur, c'est bon !


5 commentaires:

Tanta Meno a dit…

Bonjour Sébastien,
comme c'est beau tout ça. J'adore ce thé vert aussi. Par contre il me semble noter quelques inexactitudes sur la cueillette et la fabrication. D'après ce que j'ai compris on laisse le bourgeon s'ouvrir et devenir une feuille pour le cueillir juste à ce moment là, à l'état de toute jeune feuille. Je ne pense pas qu'on enlève la nervure, tu l'as d'ailleurs constaté sur les feuilles infusées.Je ne pense pas non plus qu'il soit cuit sur deux jours. A vérifier sur le blog de Charlotte qui en a parlé plusieurs fois et notamment dans son dernier article.
Au plaisir de te lire ici ou sur le FAT !

Tanta Meno a dit…

J'ai retrouvé l'article auquel je pensais particulièrement, c'est un artickle de juillet 2012. Super intéressant !

Sebastien M a dit…

Bonjour Tantameno, effectivement je ne suis plus très sûr de ce que j'ai écrit... J'ai relu l'article de Charlotte dans lequel elle explique le contraire de ce que j'ai écrit. Je ne sais plus trop quoi penser à propos de la cueillette de ce Lu'an Gua Pian. J'ai pas mal cherché sur le net, on y explique partout que l'on ne cueille pas le bourgeon, c'est comme d'habitude, très difficile de faire la part des choses.
Je ne mets absolument pas en doute les écrits de Charlotte, mais en tout cas sur le thé que j'ai bu, la taille des feuilles ne me fait pas penser à un bourgeon qui viendrait juste de s'ouvrir : la feuille me paraît trop grande, trop coriace pour être "toute neuve".
Quoi qu'il en soit, c'est un très bon thé vert assez particulier, mais en ce qui me concerne les détails de sa fabrication resteront sans doute à jamais mystérieux...

charlotte billabongk a dit…

Voilà qui est intéressant.
Le fait que les feuilles de LAGP soit assez grandes et épaisses est plutôt lié au théier lui-même, et à l'environnement. En effet, certains théiers présentent des bourgeons et premières feuilles robustes et dodus, même en tout début de printemps. C'est le cas de Lu An Gua Pian. De plus, la cueillette est toujours plus tardive que pour les autres thés verts. Comme dans le cas de Tai Ping Hou Kui, on attend que les feuilles soient plus "mûres". La cueillette de LAGP est fort singulière puisqu'on ne prélève pas un tout petit rameau composé d'un bourgeon et une ou deux jeunes feuilles. On ne prélève que des feuilles seules, situées dans les sommités du théier, en évitant les bourgeons. Mais les bourgeons ne restent pas éternellement au stade de bourgeon, et ils seront donc cueillis lorsqu'ils seront feuille. Cette technique particulière de cueillette demande une grande surveillance de la part des paysans. D'autre part, la période de cueillette est importante, un LAGP de début de saison est différent d'un LAGP de fin de saison.

Quant à la fabrication, comme pour les autres thés verts, elle a lieu directement après la cueillette, dans une seule et même journée, les étapes s'enchaînent les unes après les autres (avec parfois un petit temps de pause), même si pour cela il faut travailler jusque tard dans la nuit.

En ce qui concerne la nervure centrale, hum... comme tu as constaté, les feuilles de LAGP possède bel et bien leur nervure centrale ! Mais c'est quand même un bon exemple des bizarreries que l'on peut trouver sur le web.

Voilà, ce n'est que mon témoignage, d'après ce que j'ai observé lors de mes visites dans le comté de Lu An chez des paysans qui travaillent de manière traditionnelle. Mais je peux aussi témoigner qu'il existe aujourd'hui divers pratiques dans la cueillette ou la fabrication quand il s'agit de crus célèbres et prisés, ce qui est le cas de LAGP...

David a dit…

Que d'informations sur ce blog décidément ! :D