11 mai 2010

Première galette de pu erh cuit

Et voici la première "vraie" galette de pu erh cuit que j'ai le plaisir de déballer : une galette de 2006, la recette n°701 de la Chun Ming Tea Factory.



Petit bilan rapide avant de goûter cette galette : qu'est-ce que j'ai bu comme pu erh (cuit) jusqu'à présent ?
  • des sachets de Tuocha de grande surface
  • des nids dans des boîtes vertes
  • du vrac '98 du Palais des Thés
  • du vrac bio du Palais des Thés

Rendons-nous à l'évidence. A part le '98 du PDT, tous les autres pu erhs (spécialement ceux achetés dans les petites épiceries asiatiques) étaient absolument infects. Et encore, dans mes souvenirs les sachets de "Yunnan Tuocha" n'étaient pas si mauvais, comparés aux autres.



Bref, je repars de zéro et commence donc par déballer cette fameuse galette :



Les feuilles dégagent une odeur de vieux bois (imaginez une réserve de petit bois dans une sous-pente qui n'a pas été ouverte depuis un bon moment), mais comparé à la galette sheng de Yong De, l'odeur n'est pas très puissante. Il faut vraiment coller le nez dessus.
Autre point, c'est très compact. Difficile, voire impossible de détacher les feuilles sans les casser et j'ai rapidement un petit tas de brisures et de poussières de thé sur l'emballage.



Les feuilles, une fois placées dans la théière chaude, offrent un peu plus de complexité aromatique : on reste dans le boisé, mais beaucoup plus vif, le thé se réveille doucement. Un soupçon de café, de réglisse aussi, mais je n'en suis pas sûr.

Je rince les feuilles 2 fois très rapidement, et c'est parti pour la première infusion.

Une quinzaine de secondes plus tard, j'obtiens une liqueur vraiment translucide et rouge-orangée. Un petit détour par le fond de la théière m'indique que j'aurais peut-être dû casser en plusieurs morceaux le "bloc" de pu erh que j'y ai déposé, car malgré les 3 bains, il est encore entier. Bizarrement, je retrouve dans la théière des notes de torréfaction qui prennent presque le dessus sur le côté boisé.

Cette première tasse me laisse un peu sur ma faim : d'accord, la liqueur est très souple, très plaisante, mais peu d'arômes sont décelables. J'ai juste une bonne rétro qui m'évoque toujours les sous-bois. En tout cas, absolument aucune amertume ni astringence.

Deuxième tour : une trentaine de secondes (au pif) aïe j'ai bien peur d'avoir un peu forcé, la liqueur est presque noire, je ne distingue plus le dessin au fond de ma tasse (qui est en réalité un zhong, d'ailleurs). Si ça se trouve mon bloc de pu erh s'est délité (effectivement, il a commencé à se décompacter) et cette infusion prolongée va me donner un truc imbuvable.
Finalement c'est mitigé : je trouve la liqueur à la fois poussiéreuse et granuleuse, ce qui est désagréable, mais en même temps j'ai un peu plus de présence des notes de vieux bois. Cela dit, ce n'est toujours pas très enthousiasmant.



Troisième tour, moins long : le bloc de pu erh se délite, la liqueur n'est ni trop pâle ni trop noire, ça s'annonce bien. Je retrouve une liqueur limpide et le thé a plus de relief sans être "chargé" comme dans la deuxième infu. C'est à la fois souple et plein, l'arrière goût est présent et plaisant. Par contre, c'est monolithique. Si le sheng dégusté précédemment avait des arômes qui partaient dans tous les sens, ce pu erh cuit est on ne peut plus monocorde. Poursuivons.

N°4 et suivantes : légère évolution, les arômes s'intensifient et deviennent plus riches et précis. Bon, je ne sais pas les détailler, ça va de la cave au grenier en passant par le jardin, toute la panoplie des arômes que je pensais trouver dans un shu est bien là, mais je ne suis pas empli d'extase.
Je concède cependant que c'est sans comparaison avec les pu erh cuits que j'ai pu boire jusqu'à présent. C'est de loin le meilleur, mais je m'attendais à une révélation, ou presque, et c'est raté.
Il est très bon, mais il manque quelque chose, je ne sais pas quoi...

Viiite, un autre shu à goûter !

[Autre explication : je l'ai mal préparé, ce qui est tout à fait plausible !]

La suite de la séance n'apportera pas de modifications notables à mon verdict de néophyte : bien, mais pas top.



9 commentaires:

Arno a dit…

Chouette, un nouveau blog !
Les débuts et l'apprentissage du thé sont toujours un merveilleux moment.
Bon courage :)

Krieps a dit…

Superbes photos, beaucoup de lecture donc ça attendra mon retour chez moi par contre.

Krieps a dit…

autre chose, ton thé te semble pauvre etc, c'est certainement du au fait que ce soit un cuit, toujours moins riche malheureusement. Fais plusieurs essais, d'autres thés etc tu verras c'est intéressant quand même.

Sébastien a dit…

Merci pour ces tout premiers commentaires et encouragements.

@Arno : j'ai l'impression que l'on est presque voisins !

@Krieps : j'ai bien l'intention de goûter d'autres pu erh cuits, je ne vais pas m'arrêter à une seule galette. Des achats sont en préparation :)

Arno a dit…

Presque voisins !?
C'est à dire ?
Angers ? Nantes ?

Sébastien a dit…

oui, dans ce coin là :)

Anonyme a dit…

comment te procures-tu les galettes ?

Olivier a dit…

Bonjour,

Tout d'abord bravo pour ton blog!

Bonne initiative, photos magnifiques (le thé et la photo semble décidément être des passions qui s'allient bien ;) ), et il faut bien le dire dans la catégorie "trouver un nom comportant le mot thé" tu t'en sors haut les mains!

Pour en revenir à l'appréciation de ton puerh fermenté (avec un plus un thé que je connais bien), quelques notes:

Tout d'abord un shu c'est pas un sheng, et c'est difficile de comparer les deux... certains amateurs de shu te dirons qu'il ne trouvent pas leur compte dans le sheng, d'autres puristes du sheng te dirons qu'il ne trouvent rien d'excitant dans les shu... dans le fond les deux ont surement raison (même si je penche honnêtement plus pour les deuxièmes) et ce sont vraiment des catégories de thés distinctes...

Ensuite ce que tu notes sur la compression de ta galette n'est pas spécifiques aux puerh fermentés, il y'a aussi des puerh brut plus compressés que d'autres (mme si il est vrai que les shu sont quasi exclusivement compressés à la machine tandis ce que certains sheng le sont à la main).

Face donc à un thé relativement compressé l'usage d'un couteau à thé ou mieux d'un pic à thé s'impose pour éviter de casser les feuilles... comme je l'ai souvant conseillé, pour celà fais un tour au magasin de bricolage du coin, rayon poinçon (une grosse pointe avec un manche), tu trouveras de meilleur choses, acier de qualité, manche en bois, plus sobres et mieux finies que chez les vendeurs de matériel chinois...

Si ensuite tu brises quand mme des feuilles ou obtient une poudre comme tu en parles, jette là et ne l'infuse pas car elle nuira au gout de ton thé (c'est valable aussi pour le sheng)...

Pour ce qui est de ton "bloc" de thé, tu n'as pas besoin de le casser, et c'est normal qu'il mette quelques infusion à se délier, et le gout à s'épanouir (d'autant plus avec un thé agé), c'est non seulement pas génant mais contribue au dynamisme de ton thé (le fait qu'il se révèle différemment à chaque infusion)...

Ensuite c'est tout l'art du gung fu d'apprendre à connaitre ses thés à trouver dans quelle conditions ils se présentent sous leur meilleur regard...

Bonne continuation sur cette voie...

Olivier

Sébastien a dit…

Merci Olivier pour cette nouvelle série de conseils et d'explications.