17 mai 2010

Da Hong Pao

Le Da Hong Pao (Grande Robe Rouge, en raison des reflets rouges des feuilles sur l'arbre) figure au nombre des thés mythiques de Chine.
Ce thé fait partie des thés wulong, les thés oxydés. Celui-ci est oxydé à 40%, ce qui signifie que l'oxydation des feuilles (qui commence dès que la feuille a été récoltée), a été stoppée un peu avant la moitié du processus qui transforme une feuille de thé vert en feuille de thé noir.

Celui-ci vient d'une boutique fort connue, qui est plutôt une chaîne de boutiques, dont le nom composé de trois mots commence par un "P"... Il m'a été vendu comme un de leurs meilleurs thés, accompagné de notes de dégustation dithyrambiques bien utiles pour justifier un prix relativement élevé : 54€/100g

L'ouverture du sachet commence par une déception : les feuilles sont toutes cassées, je ne parviens pas à en trouver une seule entière.
Peut-être est-ce dû au tic des vendeurs de thé qui consiste à secouer la boîte avant de l'ouvrir pour présenter le thé au client. Je ne sais pas à quoi ça sert, mais je ne suis pas certain que cela contribue à la bonne conservation des feuilles...



Une demi-feuille :



Les feuilles (ou ce qu'il en reste) ont vraiment de belles couleurs, et sont froissées comme il se doit pour ce type de thé. Elles offrent un parfum assez prononcé de torréfaction et de boisé, qui masque tout le reste.
On est sensé retrouver dans ce thé des parfums floraux, fruités et délicatement boisés, ainsi que des notes minérales (pierres chaudes, mouillées, silex...)
En tout cas, ces feuilles sèches me laissent perplexe.



L'infusion a une très belle couleur, c'est le moins que l'on puisse dire.
J'y retrouve surtout des odeurs de torréfaction. Ces notes boisées/torréfiées masquent un peu un arrière-goût que je devine assez riche, mais je ne parviens pas à dépasser ce premier contact torréfié.
J'ai eu le même problème avec d'autres thés torréfiés : Bao Zhong, Tie Guan Yin...
Le même sentiment d'avoir un goût de grillé dans la bouche qui couvre tous les autres arômes.

Avec ce Da Hong Pao, ce phénomène va aller en s'amenuisant au fil des infusions, et je vais finir par y trouver des notes minérales et de très ténues notes florales.
Point de fruits cuits, en revanche. Ou alors je ne les ai pas trouvés.



Ce qui est vraiment spectaculaire, c'est la résistance des feuilles aux infusions successives. J'en ai fait une grosse douzaine tout au long de la journée, et les arômes étaient toujours présents sans pour autant devoir allonger excessivement les durées d'infusion. De même, la liqueur gardait son éclat et devenait de plus en plus lipide.
En revanche, je suis resté sur mes premières impressions : vraiment très déçu par ce thé qui devait m'offrir de multiples arômes fleuris, fruités et boisés, et qui finalement me laisse sur une écrasante prédominance de torréfaction.

Deux explications :
- le thé n'est pas bon (ou trop vieux, ou trop secoué, ou les 3)
- je ne suis pas du tout capable d'apprécier les thés torréfiés.

Un seul remède : me procurer un wulong torréfié de qualité reconnue auprès d'un fournisseur "de référence" qui me permettra de résoudre cette énigme des thés torréfiés qui pour l'instant me laissent dubitatif (ceci dit, tous les thés torréfiés que j'ai goûtés viennent du même endroit, ceci explique peut-être cela).



Les feuilles à la sortie de la théière : de belles couleurs, mais un vrai carnage !

4 commentaires:

Arno a dit…

En effet, les feuilles semblent brisées, ce qui est dommage. Les vendeurs de ce magasin secouent probablement les boîtes pour que les parfums remontent au nez du client...
Le prix est élevé, mais pour un Da Hong Pao, ça va encore.

Comment l'as-tu infusé ? dans quoi, combien de temps, quel dose ? As-tu fait un rinçage ?

Si ce Da Hong Pao est trop récent, c'est normal que tu n'en retires que des notes de torréfaction. Il est courant de le laisser reposer quelques mois dans sa boite avant de le consommer, pour qu'il s'assagisse un peu.

Généralement, sur les rochers très torréfiés, la torréfaction est surtout présente dans les premières infusions, et s'efface progressivement au profit de notes fruitées, fleuries, etc...

Sébastien a dit…

Je l'ai infusé dans une yixing de 17cl, que j'avais remplie (à peu près) au tiers de feuilles.
Je l'ai rincé, puis infusé la première fois environ 10 secondes, et j'ai allongé jusqu'à 2 minutes (au pif).
Je pense que ce thé a vraiment eu le temps de reposer, je ne sais pas de quand il date mais certainement pas de cette année.
La torréfaction s'est effectivement un peu atténuée au fil des infusions, mais sans pour autant laisser la place à de nouveaux parfums. En tout cas pas de façon très flagrante...

Arno a dit…

Les thés de Rochers ne sont pas les plus faciles à apprivoiser !

10 secondes en première infusion, même la théière remplie au 1/3, ça me semble peu.
En Chine, ils font souvent des infusions éclairs comme cela, mais ils remplissent leur zhong aux 2/3.
Dans 17 cl, ça va commencer à coûter cher si tu dois mettre 10g à chaque fois :
Peut-être devrais-tu essayer comme première infusion quelque chose dans les 30-40 secondes, pour en tirer un peu plus que les notes de torréfaction (les premières à arriver).
Tu peux aussi rincer une deuxième fois, ou plus longtemps.

Sinon, peut-être que ce Da Hong Pao de cette boutique n'est pas sensationnel...

Sébastien a dit…

Après réflexion, je me dis que je ne risque pas grand chose à suivre ton conseil : faire une première infusion plus longue. Ce que je n'avais pas compris, c'est que les notes de torréfaction sont les premières à arriver. A tester. Je ne suis pourtant pas convaincu que cela va révolutionner ce thé.
Je vais peut-être réessayer mais en zhong cette fois.