8 févr. 2012

Mi80's Menghai sheng

Un échantillon de puerh cru sauvage en vrac (Menghai Tea Factory, mi 1980s), glissé par Stéphane dans ma dernière commande.
Les feuilles sont pour certaines vraiment imposantes, il y a également de très grandes tiges. Cela ressemtble en tout point à un beau vieux maocha. Et d'ailleurs, c'est exactement ça. Les feuilles sont en très bon état, et n'ont pas du tout l'air d'avoir été stockées n'importe comment. C'est sec, parfumé à souhait et totalement exempt des travers typiques des vieux puerh.


Plus ça va, plus je m'aperçois que je ne suis pas un fanatique des vieux puerh. Autant j'aime beaucoup en déguster un bon de temps en temps, autant je ne pourrais pas en boire tous les jours. Je m'éclate vraiment plus avec des jeunes sheng aiguisés, fougueux comme on dit. Ça va peut-être en étonner plus d'un, mais 9 fois sur 10 je préfère boire un bon "petit" sheng à pas cher mais bien fait, de l'année ou de moins de 5 ans, plutôt qu'une vieillerie millésimée.

Cela dit, ce vénérable Menghai me fait bien saliver, c'est l'avantage de n'en boire que très occasionnellement.


Autant le dire tout de suite, les premières infusions ont été ratées. Infusé trop brièvement, ce puerh n'avait presque aucune structure, que très peu de parfums, bref, rien à offrir à mes papilles pourtant mises en éveil par une promesse de sublime cachée dans cette liqueur.


En poussant bien plus avant les infusions, le thé se présente tel qu'il aurait dû l'être dès le début : il conserve la propreté et la précision lumineuse des infusions initiales trop faibles, mais il gagne en parfums, en texture et en puissance. C'est finalement équilibré, et surtout la liqueur reste propre et sèche : aucune trace de cave humide ou je ne sais quoi. C'est frais quoi !


Un modèle du genre ce puerh des années 80. Aucune saveur ou parfum parasite, de la vigueur, bien perceptible sous une carapace de douce noblesse, de la rondeur mais sans tomber dans l'onctuosité exagérée, bref, c'est tout à fait le type de vieux puerh que j'adore déguster consciencieusement ... de temps en temps.

Merci Stéphane !

11 commentaires:

Leaf a dit…

Je ne sais pas ce qu'il en est du thé lui-même, mais en tout cas la présentation est absolument magnifique ! J'aime particulièrement cette couleur ambrée tirant sur le rouge... la translucidité est superbe et ce reflet de soleil (ou de lampe, hihi) rend vraiment très bien.

C'est la minéralité des vieux puerh qui m'attire, cette impression de mordre dans un bout de pierre -- sinon, je suis comme toi, j'ai une préférence pour les jeunes sheng bien verts...

En tout cas, jolie présentation ! ^^

lionel a dit…

" 9 fois sur 10 je préfère boire un bon "petit" sheng à pas cher mais bien fait, de l'année ou de moins de 5 ans, plutôt qu'une vieillerie millésimée."

Je suis en train de prendre le même chemin que toi...Depuis 6 petits mois que je me remets au pu er, je constate que je vais bien plus souvent vers les jeunes thés de 2-3 ans...

Plus globalement, alors qu'à mes débuts dans le thé je préférais de loin les thés rouges, rochers ou pu er shu, désormais j'aime les choses plus vertes : évidemment les japonais, et donc les tout jeunes shengs...

Ce faisant je constate aussi que des pu er âgés que je possède sont en train de s'assagir un peu trop à mon goût, évoluant sans que j'y touche... ils perdent ce mordant, cette fougue, cette verdeur que j'apprécie tant chez les jeunes de 2-3 ans...Au point que je me dis parfois, au risque de paraître pour fou auprès d'un 'vrai' amateur de vieux pu er millésimé, que je troquerais bien quelques vieux shengs contre des jeunes...c'est le monde à l'envers...!

madiel a dit…

Il est vrais que les vieux puerh sont parfois décevants. Mais les très beaux exemplaires sont introuvables ou coûtent très cher (500€ devient un prix minimum pour une petite galette si on ne veut pas boire du foin avec des branches).

Et il faut avouer que les productions de Sheng des 5/10 dernières années proposent de très beaux produits encore abordables.
Si j'aime aussi les jeunes Sheng, j'apprécie quand même 10 petites années de maturité pour leur donner un peu de caractère.

Aussi je fais vieillir dans un pot en terre pendant 3/4 ans des Sheng de 7/6 ans d'age entre deux galettes de l'année et très parfumées. Et je renouvelle ainsi les jeunes parmi les vieux pour que la version de 10 ans profite des parfums frais des petits jeunes.

Sébastien a dit…

@Leaf

"en tout cas la présentation est absolument magnifique"

ah bon, tu trouves ?
c'est gentil mais là pour le coup c'est vraiment juste quelques photos à l'arrache et à la lumière d'une ampoule, assorties d'un petit blabla succinct et pas forcément transcendant :)

"C'est la minéralité des vieux puerh qui m'attire"

Tiens... c'est pourtant beaucoup moins minéral que certains wulong, non ? En tout cas je n'ai jamais remarqué que les vieux sheng avaient un côté minéral. Peut-être même moins que les jeunes d'ailleurs. Je ferai attention la prochaine fois.

@Lionel

"je troquerais bien quelques vieux shengs contre des jeunes...c'est le monde à l'envers...!"

Si tu vends certaines de tes vieilleries les plus "prestigieuses" de la M3T par exemple, tu vas pouvoir en acheter, des kilos de jeunes sheng :)

Le monde du vieux puerh est à priori en train de totalement péter les plombs. Des augmentations de prix absolument ahurissantes lit-on ici ou là... Bof, ça passera sans doute. Du moment qu'on peut toujours se procurer de bonnes galettes de l'année à moins de 20 ou 30€, ça ne m'inquiète pas + que ça. Et puis, il reste les sencha :)

@madiel

Je ne mettrais jamais 500€ dans une vieille galette, sans doute parce que je n'en aurais certainement jamais les moyens...
Cela dit, c'est avant tout une histoire de goûts. On pourra me rétorquer qu'infuser ce type de thés à 3g et sur 2 ou 3 jours ne revient pas beaucoup plus cher que d'infuser une dizaine de grammes de jeunes à-pas-cher chaque jour. Mais au quotidien, je préfère de loin boire des thés verts (le sencha du matin :) et des jeunes puerh.

"Si j'aime aussi les jeunes Sheng, j'apprécie quand même 10 petites années de maturité pour leur donner un peu de caractère. "

Au bout de 10 ans, je n'ai pas l'impression que le sheng gagne en caractère. Celui-ci a évolué certes, mais un puerh de l'année (quand il est bon) a tout de même souvent un sacré caractère :)
Âgé de 10 ans, je ne le considère plus comme jeune...

"Aussi je fais vieillir dans un pot en terre pendant 3/4 ans des Sheng de 7/6 ans d'age entre deux galettes de l'année et très parfumées."

Doublement intéressant !
Le vieillissement en pot en terre m'intéresse, moi qui suis en manque de jarres pour mes maocha et autres vracs... Un pot à 1€ chez Jardiland pourrait-il résoudre mon problème ??
Intercaler différentes générations de puerh, je n'y avais jamais pensé... en même temps je n'ai pas de "vieilles" galettes, mais l'idée est séduisante.

Merci à tous !

lionel a dit…

>>> assorties d'un petit blabla succinct et pas forcément transcendant :)

j’osais pas te le dire Sébastien… !!

>>> En tout cas je n'ai jamais remarqué que les vieux sheng avaient un côté minéral

ah si ! après tout dépend de ce qu’on entend par minéral…mais des pu er sheng de 1999 ou 2001 que je goûtais récemment ont ce que j’appelle du minéral…

>>> Si tu vends certaines de tes vieilleries les plus "prestigieuses" de la M3T par exemple, tu vas pouvoir en acheter, des kilos de jeunes sheng :)

à 500 euros la galette oui j’ai un joli coffre fort à la Picsou chez moi…J’avais songé à faire des prix d’amis à quelques privilégiés, mais vu que tu répètes sans cesse que les vieilleries millésimées ne t’intéressent pas…

>>> Au bout de 10 ans, je n'ai pas l'impression que le sheng gagne en caractère.

C’est un vrai débat. Je suis plutôt de ton avis. Le thé évolue en 10 ans, devient-il meilleur ? Akira Hojo a une position singulière là-dessus. Selon lui, le thé au tout début est déjà à son top de sa concentration en minéraux, au max de son potentiel gustatif. Après, en vieillissant, il ne fait que changer : d’abord floral, végétal, il deviendra fruité peut-être, fruits secs, enfin très vieux peut-être plus terreux, vieux bois cuirs etc. Certains préfèreront les premiers, d’autres les seconds d’autres encore les troisièmes…Mais on ne devrait pas mettre une échelle de valeur proportionelle à l'âge...

Au début, je choisissais les jeunes shengs 2-3 ans pour des dégustations au bureau, petite xishi à côté de moi, sans m’y concentrer réellement, compagnon du jour, jeunes shengs pour leur endurance…et je réservais les plus vieux plus prestigieux pour des dégustations plus posées à la maison, plus le temps de décortiquer ces pu er complexes…Or désormais je choisis aussi bien un jeune sheng pour une dégustation de ce 2è type, un Mansai 2010 ou un Nannuo 2011 d’EoT me donnent autant de plaisir qu’une galette 1999 M3T…

Sébastien a dit…

"après tout dépend de ce qu’on entend par minéral…mais des pu er sheng de 1999 ou 2001 que je goûtais récemment ont ce que j’appelle du minéral"

oui mais j'ai pas l'impression que la "minéralité" soit plus marquée chez les vieux que chez les jeunes... et ce n'est pas non plus la même "minéralité" (d'après moi) que celle des wulong type DHP ou autres.
(d'ailleurs ce n'est pas non plus la même qui la minéralité d'un bon Pouilly :)

"J’avais songé à faire des prix d’amis à quelques privilégiés, mais vu que tu répètes sans cesse que les vieilleries millésimées ne t’intéressent pas…"

hum, faut voir, si tu veux te séparer d'une brique n°10... :)

madiel a dit…

500€ c'est beaucoup et en même temps pour une certaine clientèle d'une ville comme Kong Kong c'est le thé de tous les jours (pas pour moi). Vu la demande et la consommation, il faut bien comprendre que les bons thés des années 80 sont très rares.

Pour la conservation, tu peux trouver chez Terre de Chine des grands pots assez intéressants. Mais le pot à fleur doit faire largement l'affaire. Le tout est de vérifier la porosité de la terre, il faut que ça respire. L'intérêt est une parfait conservation des parfums (quel bonheur à l'ouverture)

Pour les galettes, en fait j'essais d'harmoniser les parfums. Pour l'instant je n'ai que 2 grands pots, un pour les boisés sec, fleuris. Un autre pour les fruités, ronds, humus. Et en fonction du "snifage" et de la dégustation, ça va dans l'un ou l'autre.

D'accord avec Lionel pour l'évolution des thés. Un petit plus fleuri, boisé voir fumé après 10 ans mais c'est jamais la révolution.

edp a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
edp a dit…

Lionel, puisqu'ils semblent te procurer moins de plaisir, je suis tout à fait disposé à t'échanger TOUS les jeunes sheng qui me restent de chez EOT contre une quantité même 4 fois moindre de sheng de plus de 10 ans provenant de la M3T.

Mondeduthe a dit…

Donne envie de tester!
Faut vraiment que je passe des commandes un de ces 4...

Leaf a dit…

"Tiens... c'est pourtant beaucoup moins minéral que certains wulong, non ? En tout cas je n'ai jamais remarqué que les vieux sheng avaient un côté minéral."

Hérésie pour hérésie... ^^ Moi c'est la minéralité dans les wulong que j'ai du mal à trouver sous les parfums miellés et la torréfaction ! Il faut dire que le plus vieux puerh que j'ai goûté datait de 1996 (j'ai une imitation de puerh du vietnam de 90, mais je ne suis pas certaine que ça compte), donc je suppose que les arômes ne se comparent pas avec quelque chose de "vraiment" vieux datant des années 70/80, par exemple.

Mais c'est peut-être aussi parce que je cherche trop ou que je cherche mal... ou tout simplement que ce que j'appelle "minéralité" ne correspond pas au type de minéralité qui se trouve dans les Yancha...

Je vais m'en faire un de suite pour tester, tiens. Qui sait, j'aurai peut-être une épiphanie ! :)