21 avr. 2012

Mi Di à 14H


Je revisite en ce moment plusieurs puerh qui m'ont beaucoup plu par le passé, et il y a pas mal de casse. Aujourd'hui c'est au tour du puerh d'Akira Hojo, dont la dégustation d'un échantillon m'avait énormément plu, suffisamment pour que j'achète une galette. Suite à cet achat, j'en avais bu 2 ou 3 fois, mais je n'y avais pas retouché depuis un moment.
En début d'après-midi (là je justifie mon jeu-de-mot-titre moisi) j'ai donc prélevé quelques grammes de Mi Di que j'ai infusés dans une théière en terre dure, donc à priori neutre.


J'ai été relativement surpris par le résultat, très inégal, et il m'a fallu passer les 7 ou 8 premières infusions pour arriver à des liqueurs plaisantes.
Du coup j'ai remis ça ce soir, en utilisant un zhong et un poil moins de feuilles. Deuxième surprise du jour : ce qui me saute au nez, au palais, à tout ce que l'on veut, ce sont ces parfums de puerh sauvage. J'ai parlé il y a peu de ces fameux vieux théiers "sauvages", et des puerh que l'on produit à partir de leurs feuilles. Tous les puerh de cette catégorie que j'ai goûtés jusqu'à présent m'ont déplu. Plus ou moins déplu, certes, mais aucun ne m'a vraiment enthousiasmé.

Or là, ce soir, je me retrouve cerné par les parfums de théiers sauvages : dans le couvercle du gaiwan, dans l'infusion, dans la liqueur, partout ! Du coup je file jeter un œil sur le site d'Hojotea, qui me donne confirmation : ce puerh vient bien de théiers sauvages, âgés de 300 à 400 ans.
Comment ai-je pu passer à côté de ça lors de mes précédents contacts avec ce thé ?? C'est extrêmement flagrant pourtant !!
Que se passe-t-il ? Ce Mi Di a-t-il très récemment changé de registre ? Les fois précédentes, il venait juste de sortir de son conditionnement sous vide, est-ce à cause de cela qu'il a beaucoup changé en si peu de temps ?
Avait-il déjà cette très forte personnalité 'théiers sauvages' ? Est-ce que cela vient de moi ? Du stockage ? Pourquoi une telle différence entre ce début d'après-midi et ce soir ?
Je n'y comprends plus grand chose. Mes goûts et mon palais auraient-ils changé au point qu'il n'y a plus aucun rapport entre ce que j'avais en mémoire et ce que je redécouvre ?
Faut-il que j'arrête de chercher midi à 14h (bis, désolé) ? Même si tel était mon souhait, il m'eût été impossible aujourd'hui de faire comme si de rien n'était...


Autre question : j'ai retrouvé des feuilles comme carbonisées sur le bord lors des 2 dégustations de ce Mi Di. Quelqu'un a-t-il un début d'explication ? Il ne me semble pas avoir déjà observé cela ailleurs.

23 commentaires:

Henry Nicolas a dit…

Oulà ! ( décidément, je l'emploie celui-là aujourd'hui ) c'est pas moi qui t'ai contaminé avec mes titres / jeux de mots à deux sous tout de même ?

Sebastien M a dit…

non non, j'ai vu ton article après avoir posté le mien :)
mais du coup ils sont tous les 2 dans le thème, si on s'était concertés, on n'aurait pas fait mieux !

edp a dit…

Quelques pistes :
- il a changé de phase tout simplement. Ca m'est arrivé récemment avec un thé dont j'avais acheté un sample qui m'a permis de le tester 6 fois, à chaque fois c'était vraiment top. J'achète la galette entière, c'est devenue une daube que j'ai dû renvoyer ;

- les pu er n'aiment pas trop le transport. Ils ont souvent une phase d'adaptation avant de donner leur expression réelle ;

- la mise sous vide démultiplie les choses. Je me suis amusé à acheter mettre deux jeunes identiques et à en mettre sous vide en août 2011. En février j'ai ouvert celui sous vide. Au début c'était très flatteur il voulait tout libérer. Maintenant il est devenu très peu expressif et est sur d'autres registres. Un peu comme quand tu débouches une bouteille de digestif. Au début c'est très concentré et au fur et à mesure ça s'évente et va sur autre chose.

PS : les doubles captcha à taper deux fois, c'est un peu galère.

Sebastien M a dit…

Merci edp pour ce retour d'expérience. Pour ce qui est de ce Mi Di, j'ai beau retourner le problème dans tous les sens, y'a quelque chose qui m'échappe !

pour le double captcha, c'est ultra pénible je te l'accorde, mais c'est pour la "bonne cause" :)

David a dit…

J'ai lu ton article hier soir et du coup ce matin j'ai sorti ma galette du vide le temps de prélever un échantillon assez gros pour faire 2 dégustations.

Ça fait une heure que j'en bois à présent. Je dirais qu'il a changé mais pas de façon énorme non plus et certainement pas en mal. C'est toujours très vert, traces de légumes et de fruits. En relisant l'article que j'avais consacré à ce thé, je ne retrouve certes pas la même chose, mais ma technique a bien évolué aussi.

En tout cas, ce thé est toujours aussi bon ! Quelle longueur, que de détails dans les notes de fin de bouche ! La gorge se régale...

Donc pour en revenir à tes impressions, c'est vrai qu'il y a plein de facteurs qui peuvent jouer (nourriture, boissons, fatigue, etc). Pour ta "théière en terre dure, donc à priori neutre", elle n'est surement pas si neutre que cela (et il n'y a pas de raison qu'elle le soit). Ça ne veut pas dire qu'elle soit mauvaise, juste qu'elle ne convient peut-être pas à ce thé.

Enfin pour les notes de vieux théiers, je ne sais quoi te dire. J'avais repéré du fumé la première fois, là c'est beaucoup plus discret et decrescendo pendant la session de toute façon. Je pense que t'as eu un jour sans, ce qui m'est arrivé la semaine dernière avec un superbe dan cong, ah ah ah...

Si tu veux, on peut s'échanger un échantillon si tu veux te rassurer par rapport à ta galette.

Bon dimanche.

Olivier a dit…

Visiblement l'abus de thé stimule l'imagination et les jeu de mots ;)

Concernant les "changement" inexpliqués des thés, c'est souvent (je dis pas non plus toujours) plus à mettre sur son propre compte, et ses capacités de jugement, que sur le changement effectif du thé...

Un premier test intéressant pour constater la difficulté à comparer des thés "de mémoire", est par exemple de comparer deux thés proches (bien sur si c'est un thé vert et un shu cha ça n'a pas de sens) et que tu ne connais pas à un jour d'interval. Compare les ensuite une nouvelle fois en infusion parallèle... tu seras probablement étonné par les différences de jugement.

L'autre pratique déroutante au début est de faire qq sessions de blind test. Prépares toi une série d'échantillons bien choisis dans des poches neutres opaques, inscrit le nom du thé dans un petit bout de papier que tu laisses dans chaque poche, puis fais chaque jour une petite séance de comparaison en parallèle, et à l'aveugle. Tu seras très probablement surpris par tes capacités à reconnaître les thés à l'aveugle, et par tes jugement sur ces thés sortis de tout contexte...

(Mais aussi par l'accroissement de ces capacités après qq semaines de blind test quotidiens)

Olivier

Sebastien M a dit…

Je suis absolument d'accord avec toi Olivier quand tu dis que les changements inexpliqués proviennent plus souvent des variations (d'humeur, de perceptions, de sensibilité, de forme, etc etc) du dégustateur plutôt que de l'évolution des thés.
Une vie ne me suffira jamais pour avoir le début d'un commencement de compréhension du thé, je le crains.
Même si j'avais le temps de faire tous les tests que j'ai envie de faire (comparaison de thés, d'eaux, de théières, etc...), je ne suis pas certain que cela suffirait à répondre à toutes les questions en suspens. Quelle remise en question quotidienne dans ces petites feuilles !

Sebastien M a dit…

@David : je vais prendre le temps de re-re-regoûter ce Mi Di, mais pourquoi pas un échange d'échantillon, ça pourrait être intéressant, notamment pour l'histoire du stockage sous vide.

David a dit…

Je crains que ce soit trop court pour tester quoi que ce soit pour le stock sous vide. Cependant, la proposition toujours. Je vais laisser s'aérer plusieurs jour la deuxième partie du bout que j'ai prélevée, je verrai si je détecte une différence. Ton sachet était ouvert depuis que tu avais reçu la galette ?

Sebastien M a dit…

Oui oui, j'ai ouvert le sachet d'Akira dès réception de la galette de Mi Di. Mais le problème doit être plus général : je suis au bureau avec la Nannuo 2011 EoT (pas goûtée depuis des mois). En théière, méconnaissable. J'avais du mal à croire que j'étais en train de boire un puerh EoT de l'année dernière. Je me fais le même en parallèle, mais en gaiwan, c'est à peine mieux. On va dire que j'ai besoin de vacances... parce que là je n'y comprends plus rien :)

David a dit…

Tu utilises quoi comme eau chez toi et au boulot ?

Sebastien M a dit…

Chez moi, eau filtrée (carafe Br***). Au boulot, c'est une fontaine ; pas celles qui ont un réservoir d'eau minérale, celles qui sont branchées sur un robinet d'eau "ville", mais qui sont dotées d'un filtre et qui refroidissent l'eau.
Je ne suis pas certain qu'il faille chercher au niveau de l'eau, mais bon, plus rien ne m'étonne comme qui dirait :)
Mais je vais persévérer, et tester chez moi un autre puerh EoT 2011.

Sebastien M a dit…

Au fait, personne n'a de piste pour les feuilles cramées ?

Nicolas a dit…

"Au fait, personne n'a de piste pour les feuilles cramées ?"
-> passage au wok, je ne vois rien d'autre à part cela.

Nicolas a dit…

La Mi Di à un Qi important, j'ai remarqué que ce type de galette réagit plus aisément au Qi environnant. Nous traversons une période où les "énergies" bougent un maximum. C'est le calendrier terrestre qui tire à sa fin... Voir les trucs Maya et le fameux 21/12/2012.

Bref ta galette prends des coups pour tes autres galettes en stock, elle sert de bouclier. Perso, j'ai déjà perdu 60g d'échantillon d'un super hyper bon thé de cette manière.

Le seul conseil que j'ai a fournir : laisse la faire. Si elle est encore bonne à la consommation tant mieux. Si elle n'est plus bonne à la consommation tant pis, elle aura aidé tes autre galettes.

L'esprit du Camélia fait son office.

Bien à toi
Nicolas

David a dit…

Simple conseil : essaies quand même avec une eau en bouteille. J'ai regardé en début d'année le rapport de la qualité de l'eau de ma ville, et pendant un mois le taux de pesticide à dépassé la norme, certes pas de beaucoup, mais une jolie augmentation quand même. Perso, j'aurai pas confiance. Et puis, tu seras peut être surpris du résultat sur d'autres aspects...

Sebastien M a dit…

Oui, il y a sans doute quelque chose à faire du côté de l'eau, bien qu'il ne faille pas non plus exclure la piste Maya de prime abord :)
J'ai fait une dégustation de Mansai plus convaincante aujourd'hui au bureau : zhong ras la gueule, infusions express, j'ai un peu retrouvé mes sensations... Là je suis sur la galette LTC 'organic' 2011, même technique, à priori tout me semble ok. Tout n'est peut-être pas perdu :)
Je vais regoûter la Mi Di, je te dirais. Mais les caractéristiques 'théiers sauvages' m'ont tellement paru flagrantes que je ne pense pas avoir rêvé. Bref, à suivre.

Mais tu as raison, je devrais sans doute commencer par le commencement : l'eau. J'ai certainement grillé quelques étapes, mais bon c'est comme ça. Cela dit, c'est toujours la même que j'utilise depuis le début, c'est l'eau de la Loire :)

Nicolas a dit…

Tout à fait d'accord avec toi David. D'abord commencer par des options d'ordre pratique, les choses simples et évidentes comme l'eau.

Ensuite tenter de comparer avec des produits similaires, voir un échantillon identique mais d'une autre provenance. Un éclaircissement pourra se profiler alors.

Maintenant si le problème persiste avec uniquement la galette Mi Di, cela signifie qu'on a trouvé un nœud. Un nœud énergétique dans le lieu et les conditions présentes.

Un truc qui peut être tenté : c'est la solution babysitting pour galette. Une partie chez toi, et une partie en garde ailleurs. Tu verra si un autre éclaircissement se profile ou pas.

Enfin voilà des solutions sont envisageables pour ne pas paniquer face à la "fin du monde" :))

lionel a dit…

>> "la solution babysitting pour galette. Une partie chez toi, et une partie en garde ailleurs"

je veux bien faire la babysitter (ou bingsitter)...mais avec possibilité d'un prélèvement de 3% de la quantité / semaine pour frais de garde...

Julien ÉLIE a dit…

j'ai déjà perdu 60g d'échantillon d'un super hyper bon thé de cette manière.

Quel était cet excellent thé ? Un pu er de Houde ?


Je viens de regoûter la Mi Di, et elle était conforme à mon souvenir. Voluptueuse et longue en bouche.
D'autres galettes ont dû prendre sur elles dans mes paniers.
Merci en tout cas pour ton éclairage très intéressant sur les forces telluriques.

Nicolas a dit…

Bonjour Julien,

C'était un Pu'er de Houde. La 2003 HK Henry 7542 Menghai pour être précis.

60g placés en mini jarre de terre. Des conditions (presque) idéales. Depuis j'ai racheté une galette entière qui se tient vraiment bien, et avec laquelle je n'ai aucun souci et que du plaisir.

La jarre a entretemps poursuivi son office de stockage pour un autre thé et cela c'est bien passé aussi.

Teamaster a fait un compte rendu de sa conférence à Bruxelles et conclu son article (je ne sais plu lequel, il faut chercher) par : si vous vous sentez bien dans un lieu, le thé se sentira bien aussi. C'est à peu de chose près en ces termes.

Ma conclusion et expérience est de méditer où se centrer intérieurement à différents endroits dans la pièce dédiée au stockage du pu'er et de préférer un lieu plus qu'un autre. Quelques secondes peuvent être suffisantes.

Cela fonctionne très bien.

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"Je viens de regoûter la Mi Di, et elle était conforme à mon souvenir. Voluptueuse et longue en bouche.
D'autres galettes ont dû prendre sur elles dans mes paniers."
-> Je suppose que les énergies chez toi son assez bénéfiques. A moins que tu as en ta possession une galette au Qi encore plus puissant :)

Nicolas (toujours présent pour les questions de cette nature)

Julien ÉLIE a dit…

Merci Nicolas. Je me doutais que c'était ce pu er de Houde que tu appréciais bien. Je l'avais redouté la veille d'écrire mon message et le trouvais toujours aussi bon et fluide qu'avant.

J'apprécie ta référence à Stéphane ; c'est bien la notion du thé qui nous accompagne dans la vie.

Nicolas a dit…

Oui c'est vrai que un Pu'er de cette catégorie est intéressant à rencontrer :
http://letheetlechemin.blogspot.be/2011/03/2003-hk-henry-7542-menghai.html

Galette qui n'est plus à la vente.

Même avec un certain recul, je reste encore dans la perplexité à le décrire tant il est complexe sur plusieurs étages. S’arrêter au seul gustatif ou au seul olfactif de ce thé serait réducteur.

Deux style totalement différents avec la Mi Di de Akira. Mais très marqués, très racés.