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19 févr. 2015

Blue Himalaya


Dégustation d'un thé reçu en cadeau (merci Tata), mais alors là attention, c'est pas n'importe quel thé, c'est un thé "cultivé sous un ciel cristallin caressant l'Éverest". Effectivement, question verbiage marketing, on atteint des sommets. Rendez-vous compte, c'est le fameux "thé secret du Népal", "la magie du terroir" quoi.

Je passe rapidement sur l'emballage, c'est très joli, je félicite le département design de Mariage Frères, mais on en fait quoi des feuilles de thé une fois que le sachet est ouvert ? Un sachet refermable opaque, avec un zip, ça fait trop mainstream ? Bon, on se console en révisant ses kana ... ブル- ヒマラヤ ... au dos du carton, parce qu'évidemment c'est écrit en français et en japonais, ne surtout pas négliger la clientèle asiatique en goguette à Paris pour leur refourguer un thé rouge standard à 34€/100g.


Bon, de toute façon ça commençait mal avec ce thé de Mariage Frères. Car figurez-vous, Ô amateurs de thé, que ce Blue Himalaya est un "Thé Bleu™". Je ne sais même pas si j'ai le droit de l'écrire ici sans risquer des poursuites car visiblement Mariage Frères a déposé l'appellation. La question n'est pas tant de débattre de la légitimité d'une marque à s'approprier une couleur (comme d'autres firmes s'approprient le vivant à grands coups de brevets et d'avocats spécialisés), mais plutôt de savoir ce qu'est exactement un thé bleu. Pardon, un "Thé Bleu™". Je n'ai pas la prétention de me positionner en expert du thé, mais je crois quand même connaître les principales familles de thé. Thé vert, thé blanc, thé rouge, thé sombre, thé bleu-vert ou oolong, tout ça je maîtrise. Mais "Thé Bleu™", je sèche. Avant d'ouvrir le sachet, je pensais que chez Mariage Frères, les oolongs s'appellaient "Thé Bleu™", mais non, un coup d'oeil rapide sur les feuilles de ce Blue Himalaya m'a vite détrompé. Un "Thé Bleu™", c'est forcément autre chose puisque ce Blue Himalaya est un thé rouge.


Un "Thé Bleu™", selon le site web de Mariage Frères, c'est ceci
"COLLECTION « MILKY » - Thé Bleu™ envoûtant au riche parfum lacté. Certains grands crus de Thé Bleu™ développent à la dégustation une note lactée magique et délicieuse. Ce parfum naturel résulte d'une subtile alchimie entre le terroir, le théier, et le savoir-faire du planteur dans le travail de la feuille et l'élaboration du thé."
On est donc dans la désinformation la plus totale, on mélange tout, comment voulez-vous qu'une culture du thé se développe en France si les "prestigieuses Maisons de Thé Françaises" écrivent n'importe quoi ? Bref, c'est donc un thé rouge, et par conséquent il y a fort à parier qu'il n'aura pas cette "note lactée magique et délicieuse" pourtant caractéristique des "Thés Bleus™" de Mariage Frères.


Il a plutôt une bonne tête d'ailleurs ce thé rouge, de beaux bourgeons, un parfum épicé et boisé avec quelques accents typés darjeeling, c'est tout à fait conforme à ce que l'on peut s'attendre à retrouver dans un thé rouge du Népal. Je ne vais pas suivre les conseils d'infusion - qui diffèrent d'ailleurs très nettement entre le site web et l'emballage - parce que je suis connoisseur moi, et j'infuse comme je veux.


Alors il donne quoi ce thé bleu rouge ? Eh bien il n'est pas mauvais du tout : pas de gros défauts, d'amertume déplacée, de parfums louches ou de liqueur trouble et suspecte : c'est un thé rouge très honorable, dans le malté, le boisé, les épices, ça se boit plutôt pas mal. La liqueur n'est pas "jaune d'or" comme promis sur le carton (décidément, les couleurs chez Mariage Frères, c'est pas ça du tout), mais c'est un bon thé rouge. Je me garderai bien d'en dire beaucoup plus car je ne suis pas un gros consommateur de thé rouge, mais c'est en tout cas bien meilleur que nombre de thés rouges basiques qu'on peut trouver dans ce genre de boutiques au rayon "pas trop cher silvouplé".


J'en ai tiré 3 bonnes infusions, en essayant de me convaincre que finalement, l'essentiel était de se faire plaisir en dégustant une bonne tasse de thé, mais je n'ai pas totalement réussi à me départir de ce sentiment de tristesse mêlée de colère. Cher Mariage Frère, je ne te félicite pas. Je comprends bien que tu dois vendre, mais vu que tu es dans le business du thé depuis 1854, je pensais qu'au moins tu porterais un minimum d'intérêt au produit et que tu éviterais d'écrire n'importe sur le thé. "Le Thé, une Passion, un Métier, une Tradition", c'est toi qui l'as dit !


Bon alors je te souhaite de continuer à vendre plein de thé de ton côté, tout et n'importe quoi, finalement pour toi ce n'est pas vraiment ça l'important. Du mien, je continuerai à consciencieusement éviter de me fournir chez toi et j'espère que tu ne m'en voudras pas.


Un dernier coup d'oeil sur ces petites feuilles et ensuite je vais aller fouiller dans mes tiroirs pour dénicher une boîte vide afin de palier à ton packaging totalement inadapté, et je finirai ces 50 grammes de thé rouge en pensant à ma chère Tata qui a voulu me faire plaisir en passant la porte de ta boutique. Je me dépêche de mettre ton beau carton bleu dans le bac recyclage, comme ça la prochaine fois, je boirai un bon petit thé rouge népalais offert par ma tante au lieu d'un "Thé Bleu™" , je pense que cette fois-ci il sera davantage à mon goût.

19 mai 2012

Ilam Tea, Népal


Dans la série des thés que l'on se voit offrir par les proches qui reviennent de l'étranger, voici un thé du Népal, un PURE ILAM TEA, First Flush, 100% High Grown, ramené de Kathmandu. Avec l'adresse email indiquée sous la boîte, j'ai même retrouvé la boutique où a été acheté ce thé.


Bon, que se cache-t-il derrière cette sympathique boîte en bois ?
Eh bien à l'ouverture du sachet, j'ai découvert un thé rouge relativement morcelé (beaucoup de brisures), mais qui ressemble beaucoup à un Darjeeling. Je dirais même que ça sent le Darjeeling à plein nez :)


Dosage pifométrique,
eau pas trop chaude,
2 minutes d'infusion 
dans une petite théière en verre.


La liqueur est à l'image des feuilles sèches, c'est à dire très Darjeelinguesque et ce, surtout au niveau de la fleur fraîche. Ce n'est pas ultra frais ni vraiment fin, mais ça pourrait très bien passer pour un honnête Darjeeling, en tout cas auprès de quelqu'un comme moi qui n'y connait pas grand chose (et qui le démontre régulièrement :).

C'est lors de dégustations de ce genre de thé que l'on comprend mieux comment il peut se vendre beaucoup plus de "Darjeeling" dans le monde qu'il n'en est produit en réalité.


Pour faire totalement illusion, il manquerait tout de même à cet Ilam Tea de l'herbacé, de la fraîcheur, une dose de raffinement, et surtout cette astringence si caractéristique, si fine, et si délicieuse. Ce thé n'en reste pas moins tout à fait buvable, merci aux randonneurs de l'extrême qui m'ont ramené ça de leur trek !


17 oct. 2010

G38 Emerald


Tenez-vous bien, ce thé vert n'est pas chinois. Enfin presque, il vient du Népal, qui a une frontière commune avec la Chine (depuis peu il est vrai...)

C'est une récolté d'été 2010 de Guranse (G38 "Emerald"), je ne sais pas trop à quoi rime cette dénomination, mais peut importe.
Il vient du Palais des Thés, tout comme les 2 thés verts précédents. Promis, c'est le dernier, après je retourne à mes mini-tuos !

Les feuilles vont du blanc argenté (bourgeons) au vert foncé, et offrent dans le zhong préchauffé un parfum un peu végétal, surtout torréfié.

Je l'ai goûté 2 fois : un premier essai en dosant généreusement, infusant plusieurs fois mais rapidement.
- les parfums ont beaucoup de mal à sortir,
- arrière-goût faible, peu de tenue en bouche,
- du coup pas grand chose à en dire.

La deuxième fois, dosé légèrement et infusé plus longuement.
- amertume un peu trop forte,
- long en bouche mais pas très agréable (un petit côté métallique),
- franches notes végétales.


Du coup je pense avoir fait les 2 extrêmes. Le troisième essai sera le bon.

Ce n'est certainement pas le thé vert de l'année, mais je pense qu'il remplira honnêtement son rôle (me faire patienter jusqu'au printemps prochain) lorsque je maîtriserai l'art d'infuser un thé vert d'été Népalais.


Les feuilles... hum, de la bouillie.