11 sept. 2010

Bulang 2010 - Essence Of Tea


Cette galette fait partie des 5 galettes du cru 2010 des puerh d'Essence Of Tea dont j'ai fait l'acquisition. C'est la première de cette série que j'attaque aujourd'hui et c'est plutôt prometteur : odeurs alléchantes, belle qualité de feuilles allant du bourgeon blanc aux différents verts, pressage raisonnable qui autorise l'extraction d'un bloc sans avoir recours à la scie...

Je vous laisse voir ça de plus près avec quelques photos :




Le Nei Fei est caché dans cette image.
Si bien caché qu'au déballage j'ai cru un instant que cette
galette en était dépourvue...


Dans la théière préchauffée, l'odeur dégagée par les feuilles ne m'est pas vraiment familière. Ça ressemble quand même à un jeune sheng, mais c'est différent des autres puerh de l'année que j'ai eu le loisir de goûter jusqu'à présent : moins chaleureux, un peu violent et acide au nez, des parfums assez peu prononcés...

Rinçage, infusion, argh ! C'est imbuvable.

J'ai pourtant dosé normalement, infusé très brièvement, je ne comprends pas ce qui se passe : une amertume très très envahissante, qui saisit immédiatement et irrémédiablement le fond du palais et la base de la langue, qui annihile complètement tous les parfums que ce thé peut (doit ?) avoir à exprimer.

C'est la première fois que je vois ça. Même les infusions "ratées" de jeunes puerh un peu fougueux paraissent fades à côté de cette amertume très incisive...


Du coup je refais des passages avec des infusions de plus en plus brèves jusqu'à être raccourcies au strict minimum : le temps de remplir et de vider aussitôt la théière. Même verdict, c'est strictement imbuvable.


Vraiment je ne comprends pas ce qui se passe avec ce thé... Doit-il être infusé avec de l'eau "tiède" comme un thé vert ? Faut-il le doser très légèrement ?
Autre piste, c'est peut-être un thé à ne pas boire tout de suite, mais à déguster dans cinq ans minimum ?

Quel est ce puerh de l'année étrangement imbuvable ? C'est le premier que je vois qui réagit de la sorte ! Le maocha qui a été sélectionné pour presser ces galettes avait-il le même goût dans la tasse ?

M'y suis-je pris comme un manche ? Est-ce un thé particulier dont la préparation est régie par des règles particulières ? Pourtant, les (très) jeunes sheng sont des thés que j'affectionne particulièrement, mais là...

Bref, beaucoup de questions sans réponses. Si quelqu'un a eu l'occasion de goûter ce thé, je suis preneur d'infos.
Je referai sans doute un essai avec moins de feuilles et de l'eau moins chaude, mais j'ai assez peu d'espoir au vu de ce que je viens de boire...
Et, question supplémentaire, les 4 autres galettes de cette sélection sont-elles du même tonneau ?

[Bulang, la suite]

6 commentaires:

Olivier a dit…

Salut,

Je connais pas ce thé, donc je pourrais pas te dire si c'est le thé lui même qui est excessivement amer ou non...

Ce qui est sur par contre c'est que tu as sûrement choisit la plus amer des 4, et que le thé de Bulang, en particulier lorsqu'il provient d'arbres anciens, est très souvent (pratiquement toujours) amer... à bulang on ne parle d'ailleurs pas de jeunes théiers ou de vieux théiers, mais de thé amer ou de thé sucré.

Après dans cette majorité de Bulang amer, il est quand même possible de faire des choses plus rondes et équilibrées (comme par exemple la Cheng Sheng que tu as goutté)...

(Et sinon oui tu peux essayer d'atténuer l'amertume avec de l'eau un peu moins chaude, et moins de thé dans la théière... autre chose essaye une infusion très dure (comme on le bois chez les paysans de Bulang), longue, genre dans un grand verre d'eau où tu laisses les feuilles, elle sera au passage amer mais très chargée en aromes, bois là tranquillement et reviens à ton thé gung fu une fois ton palais ainsi "préparé"... tu y trouverais surement d'autres aromes intéressants)

David a dit…

Je te rassure, les autres sont beaucoup plus clémentes ! J'ai jamais vu un puerh aussi fort.

Elle n'est certainement pas pour boire de suite. Mais en même temps, d'après la littérature, c'est celle qui a le plus gros potentiel de vieillissement (avec la Banpen.)

Nada conseille de diviser la quantité de feuilles par deux. Je ne le savais pas non plus la première fois, donc je comprends ta réaction.

Un conseil : ne te polarise pas sur ce thé et passe aux autres qui sont nettement plus accueillants.

T'as honnêtement commencé par le plus rude. ^^

A+

Robin a dit…

Bonjour,

Encore débutant dans l'univers des jeunes sheng, je me suis procuré deux galettes de Essence of tea (Mansai et Banpen), et "pour essayer" un échantillon de Bulang. Mon impression sur ce dernier a été exactement la même que la tienne : une amertume terriblement forte, un thé imbuvable, même à la huitième infusion de 15 secondes. Par malheur, un ami qui passait à la maison a voulu participer à cette séance d'essai et, courageusement, a trempé ses lèvres toutes néophytes dans la première tasse. Je crois que je n'oublierai jamais le regard horrifié, mélange de haine et de souffrance, qu'il m'a jeté, ni la grimace qui a déformé son visage à ce moment-là. Bref, ces quelques grammes de Bulang ont failli me coûter un ami ; ce qui m'a convaincu (à tort, peut-être) de ne pas tester Mansai et Banpen avant quelques années - ou bien peut-être un soir, tout seul, lumières éteintes, téléphone débranché et volets clos, pour être sûr de n'entraîner personne dans un semblable désastre.

Sébastien a dit…

Merci pour ces précisions, je suis grandement soulagé !
Je referai un essai en suivant vos conseils, et surtout, je pense laisser cette galette tranquille pendant quelques temps :)
Je vais donc pouvoir envisager de passer aux autres un peu plus rassuré !

@Olivier : je ne sais pas si je vais tenter l'expérience d'infuser ce thé 'à la paysanne'. ça doit être encore pire que ce que j'ai bu, non ? En tout cas merci pour les précisions sur Bulang.

@David : je n'avais jamais rien bu d'aussi fort moi non plus... Impressionnant !

@Robin : j'imagine tout à fait le choc ressenti par ton ami avec ce thé... Il n'est sans doute pas prêt de re-boire autre chose qu'un thé en sachet !

Olivier a dit…

Juste un mot (encore) à propos du vieillissement...

Quand y'a qq chose dans un thé qui dérange, on à souvent tendance à lire, "ah c'est parce qu'il est jeune, je vais donc attendre un peut"... ou alors "ça doit être parce que c'est pas fait pour être bu tout de suite"...

Le vieillissement d'un peur transforme sont gout, en mieux pour ceux qui préfère les gouts vieux que les gouts jeunes, mais il transforme rarement comme par magie son caractère ou ses défauts (notion relative lorsqu'elle s'applique à l'amertume)...

Certains thés de Bulang sont très amer, c'est un fait, et ce n'est d'aucune commune mesure avec l'amertume que l'on prète souvent aux jeunes thés... c'est un des grand caractère de ce thé et n'espérez vraiment pas que cette amertume disparaisse avant de très très longues années... (et heureusement pour les amateurs (et ils sont nombreux) de puerh amer)...

Au passage si on a assez référence pour immaginer ce que peut donner un tel thé dans 5-6 ans...il est pratiquement impossible de savoir ce que ça donnera quand il sera vraiment vieux (ou "buvable" pour ceux qui ne jurent que par le plus de 10 ans)... tout simplement parce que ce type de thé n'existaient pratiquement pas dans le passé... ou dans un temps ou pratiquement personne ne buvait de puerh et dont on a que très peu de traces...

Bonne soirée :)

Julien ÉLIE a dit…

http://half-dipper.blogspot.com/2010/09/2010-essence-of-tea-bulang.html
http://half-dipper.blogspot.com/2009/06/2009-nadachayuan-bulang.html

La photo initiale en dit long sur ce thé :-)