14 août 2010

Plagiat (éhonté)



Pu erh sheng, 2010, Essence Of Tea, Nada, David, voie du thé ... ça vous dit quelque chose ?

Bangwai, Bulang, Manmai, Banpen, Mansai ? Non ? Toujours pas ?

Alors c'est que vous n'avez pas lu ceci.

Plagiat éhonté ? Copie scandaleuse ?
Pas du tout ! J'ai juste suivi les conseils avisés de David : diversifier les sources d'approvisionnement, et stocker. Par la même occasion, découvrir de nouveaux thés, les acheter avant épuisement des stocks et avoir de quoi boire pour quelques temps.

Je n'ai pas encore goûté ces galettes. Je ne les ai même pas déballées. Je me suis contenté de les flairer avidement. Mais cela ne saurait tarder.

Une seule petite chose me "turlupine" : est-ce vraiment opportun d'acheter des galettes qu'un occidental a fait presser exprès pour lui, au "détriment" des petits (ou gros) producteurs chinois ? Si le thé est bon, la réponse sera oui, et je ne doute pas une seule seconde que ce thé sera excellent, vu la réputation dudit occidental.

à suivre, et merci à David pour les bons tuyaux !

16 commentaires:

Arno a dit…

à voir...
C'est un pari, dont personne n'a la réponse.
Ceux qui ont investi dans les versions 2007 ont peut-être plus d'information sur la qualité et le vieillissement des galettes nada. Et encore... 3 ans ce n'est rien.

Cela dit, ce sont de beaux produits. Si j'en achète (j'attends justement des samples), ce ne sera pas (pas que...) dans l'optique de ne les boire que dans 10 ans. Ou alors il faut être très confiant dans ses conditions de stockage...
A ce sujet, comment stockes-tu tes jeunes pu-erhs ?

J'aimerais bien avoir le retour de ceux qui les stockent en jarre, pour savoir si cela a un intérêt ou non. Conserver ses pu-erhs âgés en jarre est courant (et bénéfique semble-t-il), mais je n'ai pas vraiment lu de choses sur les jeunes..

David a dit…

Pour répondre à ta question Sébastien, Nada fait justement travailler de petits fermiers, car tout le monde sait que pour trouver la qualité, il faut un peu s'éloigner des sentiers battus (ici, littéralement.) J'ai du coup tendance à avoir plus confiance en ce produit qu'en un autre dont je ne peux déchiffrer l'étiquette et que je n'ai pas goûter avant non plus.

Je précise aussi que ces galettes sont pour stocker et que je n'achèterai pas toutes ses galettes tous les ans. C'est un essai à moyen terme (rdv dans 5 ans) Le faire sur un trop petit nombre de galettes me semblait risqué pour essayer de tirer des conclusions un minimum pertinentes.

Encore une fois, les sortir pour les goûter de temps à autres semblent une expérience très enrichissante.

Arno, tout ce que j'ai lu sur le stockage en jarre en terre semble très positif. Pour un vieillissement accéléré, mieux vaut privilégier le vrac comme le souligne Olivier dans le dernier article de Nicolas. Mais je n'ai jamais essayé personnellement, n'ayant pas de telle jarre.

Arno a dit…

Il me semble qu'à la m3t, les jeunes galettes sont entreposées dans des jarres, non (pour la partie en magasin) ?

Je compte tenter l'expérience d'ici peu de temps :
Une galette stockée en condition 'normale' (air libre) vs une réduite en vrac (de quoi s'occuper une soirée d'hiver..) et stockée en jarre.

Je le ferais peut-être avec une des galettes de Nada si j'en trouve une sympa et en laquelle j'estime y avoir du potentiel (pas facile, là aussi..)

Sébastien a dit…

En ce qui me concerne, je n'ai aucune idée de ce qu'il restera de ces galettes dans, 5 ans par exemple.
Si ça se trouve, elles auront déjà été bues !
J'aime beaucoup (énormément) les jeunes sheng donc ce n'est pas dans la perspective de les laisser intactes pour dans 15 ans que je les ai achetées. On verra. Ceci dit, je les goûterai régulièrement.

Elles sont stockées dans un panier en bambou, sur une étagère dans le couloir de mon appartement : pas exposées à la lumière, aux odeurs (loin de la cuisine), et peu de variation de températures "violentes" (contrairement aux autre pièces qui prennent 10°C dès que le soleil se pointe).

Nicolas a dit…

L'achat pour stocker est délicat. Je commence l'expérience.

Pour le stockage, je vois que tu as pris tes précautions ;)

Je me suis fais avoir cet été avec les thés que j'avais apporté en vacances dans des sachets en plastique. Ils sont restés à la lumière. En une semaine et demi le goût avait assez tourné pour qu'ils se retrouvent à la poubelle.

Expérience très facile à réaliser avec 10g et demande peu d'invertissement...

Cela fait maintenant un mois et demi que la moitié de ma galette 7432 est en jarre et la différence se fait ressentir. Je m'explique.
C'est une galette compressée à la machine. Les feuilles ont du mal à se séparer. L'odeur est retenue prisonnière par la compression. La mise en jarre des feuilles permet leur respiration. mais le thé n'a pas eu le temps de bouger encore.

La jarre ne coute que 14€ et est en vente sur Bruxelles à
http://www.lheurebleue.net/accueil
Olivier qui s'occupe de la partie thé me connait moi et mon blog.

Autre chose pour terminer. Sébastien et David, garder le plus longtemps la Mansai en stock. Je ne suis pas devin. Je ne connais pas son goût. A l'oeil C'est celle dont le Qi est le plus représentatif. Je n'en dirais pas plus

Bonne dégustations à vous deux.

Arno a dit…

"Je ne suis pas devin. Je ne connais pas son goût. A l'oeil C'est celle dont le Qi est le plus représentatif. Je n'en dirais pas plus
"

A l'oeil ?
Le Qi ? Sans avoir goûté cette galette ? Au nez alors ?

Nicolas a dit…

Il y des gens avec qui on se sent bien tout de suite, sans explication rationnelle. Il y a des lieux inconnu ou le premier contact est agréable et ou rester fait du bien, sans explication rationnelle.

Voir une galette en photo m'inspire. Oui pourquoi pas? Sans l'avoir goûter c'est celle-ci que j'aurais achetée, sans autre explication.

Maintenant si une échange de point de vue t'intéresse, ou une joute verbale, viens plutôt sur mon blog... Ton sens de l'expression est bienvenu et j'en ai assagi des bien plus virulents.

Arno a dit…

:)
Il ne s'agit pas de se prendre le bec.

Je trouve juste l'analogie un peu osée. Assimiler le "qi" sur un simple aspect visuel me semble quelque peu occulte, quand bien même la définition du qi est personnelle, comme tu l'as bien explicité sur ton blog.

"Les feuilles qui composent la galette ont l'air sympa de visu, les pu-erhs de mansai ont bonne réputation, alors du coup je vais m'en acheter une galette voire deux pour stocker pour plus tard". Ce serait le genre de raisonnement que je pourrais faire pour ma part sur un simple cliché photographique (et que j'ai fait à vrai dire). Je te rejoins sur ce point. Pourtant, je n'attribue pas cela à un quelconque "qi". J'ai été séduit visuellement, certes avec des critères tirés de mon expérience.

Ensuite, que le pu-erh soit bon, mieux, qu'il ait un effet réel sur le corps que je puisse attribuer au 'qi', ça oui. Que le fait que je l'apprécie et que je ressente des choses en le dégustant me fasse parier sur son avenir si j'en stocke, pourquoi pas, même si ça devient d'ores et déjà plus compliqué.

Dès lors, je n'arrive pas à appréhender que le 'qi ressenti par l'aspect visuel des feuilles puissent faire parier sur un avenir radieux à 10 ans'. Ou alors, nous partons dans la divination ou d'autres concepts ésotériques. Pourquoi pas, mais ce n'est simplement pas des notions que j'intègrerais dans ma faculté de juger sur les possibilités de vieillissement des pu-erhs.

Il est fort possible que nous n'ayons alors pas la même définition du 'qi', pourtant je m'étais pas mal reconnu dans ton approche révélée sur ton blog.



ps : je viens de me rendre compte que tu comptes également faire l'expérience du stockage jeune sheng en galette versus vrac en jarre !

Nicolas a dit…

Ben, Arno, tu feras comme tu veux.

Je relance l'invitation sur mon blog.

Arno a dit…

C'est chose faite.

Sébastien, pardonne-moi si l'espace occupé a pu importuner un tant soit peu.

Olivier a dit…

Je me permet quelques commentaires à partir de ces galettes qui font décidément parler d'elles :) (et qu'il me tarde de goutter!!)

@Sébastien

est-ce vraiment opportun d'acheter des galettes qu'un occidental a fait presser exprès pour lui, au "détriment" des petits (ou gros) producteurs chinois

Là question va il me semble au delà de la seule question occidental/chinois (mme si celle ci est aussi là mais peut être un peu moins intéressante)...

Il y'a depuis peu sur le marché deux "écoles" qui s'opposent.

Derrière des galettes comme celles de Nada, mais aussi celles de nombreux nouveaux "producteurs" Chinois il y'a un produit "brut de décoffrage" sorti du sac du paysans. Le travail du producteur? Parcourir les villages, recontrer les paysans, gouter les maocha non compressé, et quand on tombe sur celui qui nous convient (selon les producteurs, son préféré, ou le moins cher, ou le plus raisonnable au niveau qualité prix, ou le plus adapté à une clientèle donné, etc) on en achète le stock ou quelques dizaines de kg et on envois ça dans un atelier (une usine) pour en faire compresser des galettes.

De l'autre coté il y'a les producteurs issu de la culture du mélange ou de la recette, qui consiste à assembler convenablement les feuilles afin d'obtenir un résultat donné. En france quand on parle de recette on entend tout de suite 7542, grosse industrie, mélange de terroirs qui n'ont rien à voir ou d'arbres de qualité très diverses pour faire baisser les coups. Si c'est un visage du mélange (celui que la grosse industrie à retenu) le mélange ne se limite pas à ça! Le mélange quand il est dans les mains d'un blender qui recherche la qualité c'est aussi un controle et un tri du maocha brut du paysans, un dosage plus précit de la proportion feuilles/bourgeons, des grades de feuilles, l'assemblage de feuilles provenant du même terroir (mais pas nécessairement d'arbres identiques, ou soumis au mme ensoleillement), le dosage des maocha récolté à tel ou tel moment, etc...

Les adeptes de la première approche (dont fait partie Nada) mettent en avant une "pureté" du produit (entendre proche de ce qui sort directement du paysans), une source la plus précise possible (géographique et temporelle), un "précision" du gout (c'est ce que j'ai trouvé chez le paysans, c'est ce qu'il y'aura dans vos tasses).

Les partisans de la deuxième école considèrent en général ces produits directement sorti du sac comme pauvres et les gouts qui en sortent comme de simples reflets de la réalité d'un terroir donné. Ils avancent la nécessité de la technique, et l'impossibilité d'obtenir un thé équilibré sans cette dernière.

En ce sens, les galettes de Nada peuvent se rapprocher de celles de Wang Bing dont tu as parlé sur ton blog, et mme si ces dernières on étés pressées par un paysans Chinois, toutes deux sont le reflet direct de ce qui a été travaillé à la ferme. Elles s'éloignent par contre radicalement de la Chen Sheng dont tu as parlé, qui a été conçu à partir d'un assemblage précis de feuilles provenant de différents petits paysans de la région.

Olivier a dit…

@Arno et Nicolas

Surtout sans vouloir (re)lancer une polémique ou mettre de l'huile sur le feu,

Si je pense aussi comme Arno qu'il est un peu difficile de juger de visu une galette qui vieillira bien ou non je suis plutôt très d'accord avec la vision que Nicolas a du qi, et l'emploi qu'il fait de ce mot!

En occident, à part quelques adeptes de culture asiatique on parle peu de qi dans la vie de tous les jour. Du coup un certain nombres d'amoureux du thé y voient une sorte d'esprit, spécifique au thé, un quelque chose d'ésotérique que renfermerait ou non certaines feuilles, quelque chose que certains recherchent... pourquoi pas.

Maintenant en Chine on parle de qi tous les jours! On va choisir de rentrer dans tel ou tel resto par un simple coup d'oeil (et sans goutter les plats) parce qu'il a de visu un bon qi, comme le dit Nicolas certaines personnes (comme Nada! ;) ) on un qi qui fait qu'on se sent immédiatement bien avec eux, et devant 20 galettes on va peut être être immédiatement attiré par telle ou telle parce qu'elle dégage (à ses yeux) un bon qi... Alors oui on projette pas tous à fait la mme chose dans le qi quand, après une dégustation, on parle d'un thé ou quand on parle d'autre chose mais au final ça reste tout de mme ce mme "qi"... et ce n'est pas non plus pour rien qu'ils sont liés en Chinois à travers un même caractère ;)

Sébastien a dit…

Olivier, tu es rentré de Lincang ? Alors, tu nous as déniché quelques petites merveilles ?

En tout cas merci pour ton intervention ici et pour toutes les précisions apportées sur les 2 "écoles". Ce qui est bien quand tu prends la parole (le clavier) c'est que remets les choses à plat et que tu prends le temps d'expliquer posément sans trop mêler à tes propos des jugements personnels. C'est pour ça que tes newsletter sont toujours très instructives pour nous qui n'avons pas énormément de sources d'information convenables.
Bon, j'arrête la brosse à reluire ;)

Pour ce qui est du Qi, j'avoue qu'aucune des 5 galettes ne m'a particulièrement attirée plus que les autres mais je ferai plus attention à mon ressenti la prochaine fois que je les sortirai pour les déballer.

Il y tout de même une galette avec laquelle ça a tout de suite "collé", c'est la Yong De 2006. Je ne m'en lasse pas, je me demande d'ailleurs si je n'aurais pas dû en prendre une ou deux de plus. Depuis mon premier contact avec ce puerh, j'en ai goûté de meilleurs gustativement parlant mais c'est vraiment avec celle-ci que je me régale le plus, et je ne parle pas que des papilles. Je ne sais pas si c'est son Qi ou quoi, mais c'est ma galette magique à moi :)

bon dimanche !

David a dit…

Très intéressant tout ça ! Merci Olivier de ces précisions encore une fois très intéressantes.

Et soit dit en passant, je ne doute pas que Nada ait un bon qi tellement il me parait sympathique, même si nos échanges se limitent à quelques mails !

Olivier a dit…

Olivier, tu es rentré de Lincang ? Alors, tu nous as déniché quelques petites merveilles ?

Oui je rentre tout juste... c'était formidable, j'ai notamment pas mal trainné dans les qq villages de la montagne dont provient ce fameux thé de 2006 que tu apprécies tant (moi aussi au passage... j'irais pas dire que ce voyage était un peu pour moi la quette de Min Feng perdu mais presque! :) )... et bien sur j'ai ramené dans le sac à dos qq bonnes galettes et des sachets de maocha ;)

J'apprécie d'ailleur vraiment de plus en plus cette région et je vais très probablement m'y installer dans les mois à venir! :)

Bon, j'arrête la brosse à reluire ;)

Merci bcp pour ces compliments!!!
(et effectivement mieux vaut arrêter je vais finir par avoir les chevilles qui enflent!)

bonne semaine!

Sébastien a dit…

Oui je rentre tout juste... c'était formidable...

@Olivier : eh bien, j'attends avec impatience d'avoir un peu + de détails sur ce petit voyage !