21 déc. 2010

Haiwan Pa-Sha 2010


Échantillon de la galette Pa-Sha 2010, produite par la firme Haiwan à partir de vieux arbres de la montagne Mong Pa Sha.

Beaucoup, beaucoup de brisures pour cet échantillon. Les feuilles sèches délivrent une odeur relativement puissante et proposent des arômes plutôt attirants.

Rinçage, première infusion d'une dizaine de secondes. La liqueur obtenue est très chargée, assez trouble et je retrouve avec stupeur une odeur qui m'a beaucoup marqué, celle du mini-tuo parfumé au riz, le fameux Nuo Mi Xiang, celui-là même qui m'avait vraiment, vraiment déplu. Et voilà que cet échantillon de Pa-Sha fait resurgir ce souvenir désagréable : je retrouve bien le goût et l'odeur de ce mini-tuo dans ma liqueur, en beaucoup moins puissants bien sûr, mêlés aux parfums caractéristiques d'un bon sheng cha, mais il m'est impossible de passer outre cette sensation...


Étrangement, cette note qui m'horripile tant va disparaître rapidement : après 2 ou 3 infusions supplémentaires, elle a complètement disparu pour laisser place à une liqueur beaucoup plus limpide (bien qu'encore assez soutenue au niveau de la matière) et davantage à mon goût. Bizarre...


Sans être le meilleur des pu erh bruts de l'année 2010 que j'ai eu l'occasion de boire, ce Pa-Sha - si je fais abstraction du phénomène "Nuo Mi Xiang" - tient plutôt bien la route : complexité aromatique satisfaisante, arrière-goût assez puissant mais pas non plus brutal, endurance...

Difficile cependant d'occulter totalement ce qui s'est passé lors des toutes premières infusions : ce goût non identifié que je déteste tant, et dont j'aimerais bien connaître la provenance...
Par quel mystère s'est-il retrouvé dans cet échantillon ? Mystère...
Est-ce lié au séjour de l'échantillon dans une enveloppe ? Au fait que les feuilles ait été relativement endommagées ? Au dosage ?


Bref, un mystère de plus.

9 commentaires:

David a dit…

Mais dis-moi, c'est quoi l'histoire de cette petite théière visiblement bien remplie ? :)

Julien ÉLIE a dit…

Je viens de goûter ce thé grâce à un échantillon d'Olivier. J'avoue que je préfère largement la version Pasha qui a quelques années de plus (2005 ou 2006 il me semble).
Comme toi, je n'apprécie pas la note initiale de la Pasha 2010 ; je ne sais en revanche pas comment la qualifier. Ce thé est bien endurant et produit moult infusions. Une pointe fumée est résiduelle dans chacune. Je le préfère au fil des infusions successives, mais je constate toujours un certain déséquilibre.

Olivier a dit…

Je trouve personnellement que le millésime 2010 est une réussite, dont la recette à sans aucun doute été totalement revue par rapport aux années précédentes, et est pour moi bien plus intéressante que la 2006 par exemple que je trouve personnellement trop douce et féminine surtout pour un pa sha (mais qui bien sur n'a par contre pas ces 4 années de maturité)...

(Ou pour dire autrement j'ai stoké un certain nombre de 2010 dans ma cave pour les années futures et pas de 2006)

Par contre j'voue ne vraiment pas voir du tout comment tu peux trouver des touches de nuomixiang dans ce thé??

Sébastien a dit…

David : Mais dis-moi, c'est quoi l'histoire de cette petite théière visiblement bien remplie ? :)

à vrai dire je ne connais pas vraiment l'histoire de cette théière. Tout ce que je peux en dire c'est que je l'ai achetée neuve donc son histoire est plutôt courte pour l'instant :) Je l'utilise pour les sheng cha, c'est par l'intermédiaire d'Olivier que je l'ai achetée, et elle doit faire 10 ou 12 cl je ne sais pas trop. Elle remplit très bon son office, mais n'ayant pas de point de comparaison, il m'est difficile de dire si elle est "bien" ou pas. Quoi qu'il en soit je l'utilise régulièrement et elle me satisfait pleinement pour le moment.

Julien : Comme toi, je n'apprécie pas la note initiale de la Pasha 2010 ; je ne sais en revanche pas comment la qualifier.

Voilà, c'est cette note initiale que j'ai qualifiée de nuomixiang car elle m'a immédiatement fait penser à ce mini tuo que j'ai détesté. D'après ce qu'avait dit Olivier de ce mini-tuo, c'était un pu erh parfumé au riz (je n'ai pour ma part jamais retrouvé le goût ni l'odeur du riz...), un nuomixiang. Peu importe le nom à la limite, mais c'est clairement le même arôme. Comment ça se fait ? Aucune idée.
Il est toujours difficile & délicat de se prononcer sur un thé avec une seule dégustation, mais bon, j'utilise ce blog comme bloc-note donc il ne faut pas considérer mes avis comme des jugements péremptoires et définitifs ;)
Ce thé aurait sans doute mérité un deuxième test, peut-être moins dosé, avec moins de miettes.
Pour moi il n'est vraiment pas aussi bon que le Diguoting 2010 par exemple (qui lui, est vraiment excellent).

Wojciech Bońkowski (aka Nerval) a dit…

Merci pour ce billet. C’est intéressant, j’ai gouté au même Pasha-shan récemment mais en millésime 2006. Les feuilles sont assez semblables a ton 2010, un peu mois fragmentées peut-être. Un très beau thé, structuré, profond, minéral à souhait avec beaucoup de terroir. Cependant en revoyant mes notes, j’avais remarqué une odeur de « chien mouillé » - j’ignore si elle se rapproche de ce que tu appelles « Nuo Mi Xiang » mais c’est tout de même curieux qu’il y est des odeurs hors normes d’une année à l’autre dans le même thé…

Laurent a dit…

Tiens, j'ai en réserve une briquette "PaSha théiers séculaires 2008" de la M3T. Je pense que ça vient du même endroit ?

D'après le souvenir que j'en ai, elle a dû être compressée à la presse hydraulique 25T, il faut un marteau-piqueur pour en casser un bout, et tout ça pour une infusion pas terrible.

Je tâcherai de le regouter et notamment d'y rechercher le goût du nuomixiang (que j'apprécie assez, ceci dit).

Sébastien a dit…

Je vois très bien de quelle briquette tu parles... J'avais hésité lors de mon passage à la M3T.
Mais leur positionnement dans une petite corbeille près de la caisse me faisait trop penser aux piles et aux chewing gums que l'on retrouve près des caisses dans les supermarchés... et de toute façon j'avais déjà explosé mon budget.
Mais pour revenir à ta question, je n'ai aucune idée de leur provenance. Les briquettes ont le même nom "PaSha" mais il est fort probable que ces 2 thés n'aient absolument rien à voir. A moins que la M3T repackage des produits Haiwan ?

Laurent a dit…

Oui, c'est ça, c'était près de la caisse, et pour un prix tellement bas pour la M3T qu'on ne peut qu'être suspect !

Je ne sais pas pourquoi j'ai en tête que Pasha est le nom d'une montagne. Me goure-je ?

Olivier a dit…

Pa-Sha est en effet une "montagne à thé" (ou une zone de production de thé) du Xishuangbanna, située dans la région de GeLangHe, pas trop loin de NaNuo, que vous connaissez probablement mieux...

A ma connaissance les thés de Pa-Sha ne sont pas reconnus pour leur arômes de riz, et il y'a peu de chances de retrouver qq chose du NuoMiXiang dans les plaquettes de chewing gums de la M3T ;)