8 févr. 2011

7432 Menghai DaYi 2006

Un échantillon de pu erh brut de 2006 (merci Nicolas), la galette 7432 de chez Menghai. J'en profite pour poser la question à ceusses qui savent : Dayi c'est quoi au juste ? Une marque de la Menghai Tea Factory ?
Je pose la question parce que sur les galettes logotées Dayi, y'a le nom de la Menghai Tea Factory, du coup je comprends pas vraiment.


Bref, revenons à ce pu erh qui est constitué de feuilles plutôt sombres pour un thé de 5 ans. Relativement petites, leur parfum est agréable et dans la même "gamme" qu'une autre galette de 2006 que je consomme régulièrement et qui est un de mes thés préférés. Sans être tout à fait dans le même registre, c'est plutôt l'équilibre notes fraîches/végétales et boisées/épicées qui me fait penser à cet autre pu erh. Différence notable cependant entre ces deux thés : pour ce Dayi 7432 les odeurs sont vraiment marquées, c'est presque "surexposé" pour faire une analogie avec la photo.


Quatre grammes, zhong, double rinçage, infusions : liqueur cuivrée sans aucune turbidité (je ne pensais pas utiliser ce mot un jour). Malheureusement, je trouve que le goût en bouche est moins intéressant que l'odeur des feuilles sèches (cette impression de "surexposition" persiste cependant dans la tasse). Il s'y trouve pourtant tout ce que j'aime découvrir dans un jeune pu erh, mais il y a des notes qui perturbent un peu l'équilibre que j'avais apprécié avant de verser l'eau sur le thé. Une touche de fumée me gêne un peu, je n'ai pas l'habitude d'en trouver dans mes pu erh. Dommage, car ce thé a pourtant une bonne présence en bouche, une texture plaisante et son arrière-goût est honorable.


Pour résumer, ce thé se boit bien, mais il lui manque un petit quelque chose pour que je le trouve vraiment à mon goût (ou alors il y a quelque chose en trop). Bon, mais pas réellement enthousiasmant quoi. Un peu trop "forcé", brutal. Je ne parle pas d'amertume ni d'astringence, mais plutôt d'une façon un peu trop directe de délivrer des arômes qui du coup paraissent presque artificiels. En même temps, ça vient peut-être de moi...


13 commentaires:

Nicolas a dit…

Bonjour Sébastein,

Belle description ! Oui le fumé est gênant. C'est trop fumé pour être réellement buvable maintenant. Il serait souhaitable d'attendre quelques année encore.

C'est un thé relativement brutal. C'est très viril, voir trop.

Je l'ai apprécié comme première galette et j'ai pris soin de l'étudier sous les coutures.

J'ai été surpris d'y découvrir un goût légumeux de pomme de terre crue (et le sucré qui va avec).

Pour cette raison principale, je n'en ai pas racheté. En effet à l'extrême du raisonnement, comment vieilli une galette au goût de patate ?

Ça restera pour moi une belle histoire avec ce thé. J'adorais rester le nez collé dans la théière chaude à renifler les odeurs.

Nicolas

edp a dit…

Il s'agit d'un thé à doser léger à mon avis. Ne pas chercher le profil aromatique, il n'est pas fait pour cela aujourd'hui. En revanche, de ma mémoire, il avait une structure plus qu'honorable pour un dayi postérieur à 2000 (da yi ce sont les deux premiers caractères que tu voies sur le logo, cela signifie "grands profits"). Ne pas oublier aussi que cet âge est un âge ingrats pour les pu er stockés tels qu'ils le sont où DTH les trouve.

Anonyme a dit…

http://en.wikipedia.org/wiki/Menghai_tea_factory

pourquoi chercher le "profil aromatique" de ce thé ? il n'y en a pas. c'est un produit de masse, fait avec des feuilles de plantation, comme quasiment 100% des da yi après 2000 (voire avant). pas systématiquement mauvais, mais jamais de quoi psychoter. au mieux c'est potable.

Olivier a dit…

Oui DaYi est bien une marque de Menghai Tea Factory,

L'année 2006 est une période charnière pour ce producteur, changement de direction de politique et d'équipe, augmentation radicale de la production... et franchement les productions passé cette année (2006 y compris) ne valent pas grand chose...

(Le vrai changement ci situe ici, et non en 2000, il y'a de très bonnes choses qui sont sorties de Menghai Tea Factory dans le début de la décénie)

Ensuite par rapport à ce qui a été dit, je pense que c'est bien inutile d'espérer que cette galette s'améliore avec les années. Il y'a une erreur commune qui est de penser quand un thé n'est pas bon aujourd'hui que c'est précisément parce qu'il le sera plus tard... c'est parfois le cas pour des thés conçu pour le long terme, mais pas quand le problème est un problème de qualité du matériau employé comme c'est le cas ici... et un thé de base (comme un vin de table) à toute les chance de le rester à vie...

Par ailleurs DaYi ne produisait plus dans ces années des thés conçu et assemblé pour le long terme. Tout le changement de politique de Menghai Tea Factory était justement basé sur une augmentation de la consommation immédiate (portée par le boum du puerh et l'augmentation du marché des jeunes thés), et notamment un changement des recettes et des techniques pour rendre leur thé buvable au plus vite (sans aucune garantie du potentiel de vieillissement)...

Nicolas a dit…

@ Olivier
Effectivement le vieillissement d'une galette ne va pas améliorer la qualité d'un matériaux. Cependant j'ai remarqué que l'aspect fumé avait tendance à diminuer en intensité avec le temps.

Les grandes firmes comme Dayi ont une politique qui va à l'encontre de l'Amateur / Dégustateur de thé. C'est dommage !

Ce qui m'exaspère avec cette firme c'est le "typé Menhgai". J'ai récemment gouté un tuo 2005. Je retrouve des similairité. On dirait qu'il prennent les mêmes plantations, les mêmes matériaux et changent les recette.

Je me demande comment est perçu cette firme en chine ?

Nicolas

Olivier a dit…

Je me demande comment est perçu cette firme en chine ?

La majorité des consommateurs (DaYi c'est de tête autour de 6000 tonnes / an) ici ne connaissent rien au puerh... et achètent DaYi car la marque est très connue (et fait ici énormément de marketing et du pub, ce que bien sur on ne voit pas du tout en Europe), et que donc celà donne, en apparence un gage de confiance et de qualité (si c'est si connu, ça doit être bon quand mme!)...

Il faut se rendre compte que la majorité de ce que tu trouve ici en puerh est de qualité très moyenne (à l'image peut être de ce que tu trouves si tu vas dans un gros super marché français, et choisis les bouteille de vin au petit bonheur la chance ou en fonction du design de l'étiquette, et c'est peut être mme pire pour le cas du puerh)...

Bref choisir au hazard sans si connaitre est presque à coup sur se planter...

Mais contrairement au vin en france, la culture du thé et du puerh n'est pas si répandue en Chine, et ne concerne qu'une minorité d'amateurs...
Cela ne fait pas partie du corpus des savoir que tu peux apprendre "à la maison", tu trouves peu de livres sur le sujet (genre des "guide des productions de puerh"...), etc...

Voilà, celui qui donc ici voudra acheter par exemple une "bonne galette" pour offrir, ou pour servir quand il aura des amis de passage, voir qui voudra s'acheter une valheur sure, ira dans un magasin DaYi et prendre une de leur galette les plus chères...

(On voit le mme phénomène par exemple en Argentine, qui produit bcp de vin mais où la culture du vin est moins développée qu'en europe... le Norton Argentin, c'est un peu le DaYi Chinois ;) )

Nicolas a dit…

Merci Olivier de ces précisions.

Nicolas

Sébastien a dit…

Merci @ tous pour votre passage par ici et pour toutes les infos complémentaires. Il est décidément très difficile d'avancer dans la compréhension du pu erh, ça reste un domaine assez obscur et le "boum" du pu erh n'arrange rien avec les enjeux financiers qui accompagnent leur production / commercialisation.
C'est pourquoi le travail de recherche et documentation accompli par les européens sur place a une si grande valeur, merci à eux.
Quant à DaYi, si ça signifie "grands profits", je crois que tout est dit !
Objectivement, cette galette n'est pas "mauvaise". C'est un pu erh qui pourrait presque être consommé en thé quotidien si le rendu en bouche n'était pas aussi "brutal" (comprendre : pas très fin, pas très subtil). Le profil aromatique est plutôt monolithique et surjoué, c'est dommage. Je ne sais pas si c'est dû au matériau de base, à la recette, aux méthodes de production (ou les 3).
Il m'est difficile de ne pas comparer avec la Yong De (Min Feng) de la même année : celle-ci est moins chère et clairement meilleure. Payerait-on la marque DaYi ??
Qu'avais-tu pensé Nicolas de l'échantillon de cette Yong De que je t'avais donné ?

Nicolas a dit…

La Yong De 2006 (Min Feng), je la trouve beaucoup plus souple en bouche, plus ronde aussi. Elle a clairement sa place dans la catégorie des thés quotidiens avec sa copine la Mang Fen 2006.

La Mang Fen à un gustatif plus soutenu cependant.

Nicolas

emmanuel a dit…

"On voit le mme phénomène par exemple en Argentine, qui produit bcp de vin mais où la culture du vin est moins développée qu'en europe.."

Ah bon?

Julien ÉLIE a dit…

La Mang Fei à un gustatif plus soutenu cependant.

Oui, clairement. Davantage de rondeur et de présence en bouche que sa sœur.
J'apprécie aussi la Jinuo Shan Sheng Tai Chai 2005 d'Olivier.
Les deux galettes ont un rapport qualité/prix d'exception.

Anonyme a dit…

"Ah bon?"

Pour avoir vécu en Argentine, je suis aussi surpris que toi en lisant ça :) Certes les argentins n'ont pas la cultures des caves où l'ont laisse vieillir ses bouteilles mais ils ont de très belles productions de "vins jeunes" qu'ils connaissent bien et savent apprécier. Bref, retournons au thé :)

Olivier a dit…

Oui (et pour moi aussi avoir vécu en argentine) c'est précisément ce que je disais... tu as en effet bien là bas de très bonnes productions, de très bon vins (et aussi de vin de table comme partout) mais ce n'est pas pour autant que la culture du vin soit répandue chez le consommateur...

En effet tout d'abord pas sur le millésime, mais pas non plus sur le terroir (les vins étant tout d'abord catégorisé par leur cépage comme dans un certain nombre d'autre pays)...

Mais plus encore (pour revenir +/- sur le sujet) tu as en argentine un effet "marque" important, que tu n'as pas en france (en france le producteur produit à son nom, en chine pour le puerh et en argentine pour le vin, le thé est souvent commercialisé sous une marque qui peut être +/- indépendante du producteur) , et qui donne au consommateur un prétendu gage de confiance...

Enfin comme tu as vécu en argentine tu dois vois le liens Norton/Dayi ;)