7 août 2012

Bulang 2012


Échantillon du cru 2012 du puerh brut Bulang d'Essence of Tea
Ça fait plusieurs semaines que j'ai cet échantillon sur ma "to-drink list", et je me décide enfin à l'ouvrir.


Des bourgeons clairs et duveteux, des grandes feuilles, des plus petites, rien à signaler au niveau des feuilles sèches, qui présentent plutôt bien. L'odeur est dense, épaisse, et me semble bien différente de celle des millésimes précédents. Si on retrouve bien de puissants parfums, j'ai l'impression qu'ils ne sont pas du tout dans la lignée des autres Bulang : c'est davantage une densité faite de bois, de "fumé-qui-n'en-est-pas-vraiment" et de torréfaction (le cocktail que j'assimile sans doute désormais à tort aux "vieux théiers") plutôt qu'un pôle boisé et végétal très mordant comme pour les 2010 & 2011...


Rinçages, infusions...


Je ne vais pas faire durer le suspens, je n'ai pas aimé ce puerh. Je n'ai pas re-goûté récemment les Baotang et QiShengGu qui m'avaient laissé plutôt circonspect, mais j'ai l'impression que ce Bulang est tout à fait dans la même lignée. Ce qui m'étonne d'ailleurs énormément : je ne comprends pas comment les Bulang si typés des 2 années précédentes peuvent avoir pour successeur un puerh aussi peu ressemblant...


Impressions de textures chargées, sensations peu plaisantes en bouche, forte dominante "vieux théiers" avec des notes bizarres de fumé/torréfié, je retrouve bien dans ma tasse ce que je n'ai pas aimé dans 2 des 3 galettes d'Essence of Tea que j'ai achetées cette année. C'est à n'y rien comprendre.


D'après les explications du site de la boutique, il s'agirait d'un blend de maocha provenant de 2 villages différents de la montagne Bulang. Le rendu est effectivement "exceptionnaly smooth" pour un Bulang, à tel point que c'en est méconnaissable. Plus aucun rapport avec les Bulang précédent que j'avais beaucoup appréciés (une fois dosé un peu plus légèrement qu'un puerh normal). Qu'il ne ressemble pas à ses prédécesseurs est une chose, mais ce qui est important c'est quand même le plaisir que l'on prend à vider sa tasse, indépendamment des considérations de terroir, de prix, d'année, de producteur etc... et là, honnêtement, plaisir zéro, j'ai arrêté la dégustation à la 5ème infusion, ce qui est un record je pense en ce qui me concerne.


Ce que je ne comprends vraiment pas avec cette fournée 2012 des puerh EoT, c'est cette dominante "vieux théiers" qui semble omniprésente (sauf pour la Bangwei 33, et je ne parle pas de la Guafengzhai que je n'ai pas goûtée). J'ai re-goûté plusieurs des puerh de la boutique des 2 années précédentes, je n'ai retrouvé cela dans aucune d'entre elles. Au moment où j'écris ces lignes j'ai entre les mains ce qui me reste de la galette Nannuo 2011, ce puerh n'a décidément rien à voir avec les 3 galettes EoT 2012 qui m'ont pour le moins désappointé !


Je suis preneur d'une explication, si quelqu'un a une piste...
En tout cas, pour ce Bulang 2012, pas de regrets, l'échantillon de 10g me suffira amplement !

3 commentaires:

Olivier a dit…

Bonjour Sébastien,

J'aimerais juste réagir sur ton expression "vieux théiers"...

A te lire et à un peu cerner tes goûts, ce que tu n'apprécies pas du tout c'est le caractère "théier sauvage" (qu'ils soient d'ailleurs jeunes ou vieux)... ce qui est très différent des vieux théiers...

Un théier non sauvage mais agé, mme de 500 ou 1500 ans, est plus dans le registre gustatif du jeune théier cultivé de manière écologique. Il est bien sur différent, l'age faisant qq chose, mais on est bien dans la mme catégorie, et je ne pense pas qu'un tel théier de vieille plantation te déranges le palais, là ou pour sur tout ce qui ressemblera de près ou de loin à un théier sauvage a des chance de te déranger...

David a dit…

Ah bah comme quoi, les goûts et les couleurs. Pour ma part, il s'agit du meilleur puerh 2012 que j'ai gouté à ce jour, si j'ote le "single bush" échantillon cadeau qui avait accompagné ma commande à EoT. Mais je n'avais pas aimé les versions 2010 et 2011 de ce thé cela dit...

Il y a quelques explications intéressantes sur les choix de Nada quand à son choix de maocha dans le dernier article de Hobbes.

Sur la totalité des thés 2012 d'Essence of Tea, j'ai pour ma part apprécié la Baotang et la Bangwei 33, beaucoup moins la Qishenggu. Cela dit, je te rejoins entièrement sur le fait que les thés de cette année ont une personnalité différente de celle des années d'avant, peut être plus orientée vieux théiers, bien que ça doit t'apparaitre plus clairement à toi qui n'aime pas trop ça qu'à moi, ce qui paraît logique.

Sebastien M a dit…

Merci Olivier pour les précisions (tu as réussi à repasser la frontière finalement ? :), oui j'ai tendance à assimiler/confondre vieux théiers et théiers sauvages (et vieux théiers sauvages ?)... difficile de s'y retrouver.

David j'avais fondé de grands espoirs dans cet échantillon en partie à cause de ton retour enthousiaste, mais finalement, il n'en est rien. Comme tu dis, les goûts et les couleurs quoi ! Et heureusement que l'on a pas toujours forcément les mêmes goûts, ça serait triste !