5 nov. 2010

Lapsang Souchong 'Royal'


Encore un thé fumé, encore de chez Thés de Chine, encore une curiosité. C'est un Lapsang Souchong, fumé spécialement (et donc introuvable ailleurs selon le monsieur) avec du bois de sapins de plus de 20 ans d'âge. Garanti.

Je n'ai pas acheté de LS depuis des lustres, c'est l'occasion d'en goûter un 'royal'.


Odeur très fumée mais pourtant assez 'fraîche' et 'vivifiante' dans le sachet. Les petits morceaux de feuilles sont évidemment très foncés. Rinçage express, infusion.


Une belle liqueur rouge/brun - toujours aux parfums très fumés - plutôt agréable en bouche et davantage limpide que pour d'autres LS. Le goût du thé est assez perceptible sous la note fumée très prédominante, mais le plus surprenant c'est le rendu de cette note fumée : un excellent goût de résineux, presque un bonbon La Vosgienne !! Du coup on a sur la langue et dans la gorge (et ce avec un arrière-goût puissant et long dû à la fumée) une fraîcheur vraiment inédite.
Je ne sais pas si cela est dû au fait que ce soit fumé avec du bois de vieux sapins, mais il ne me semble pas avoir observé ce phénomène dans d'autres LS auparavant.

Verdict : très bon LS de Thés de Chine, qui va être parfait pour infuser l'après-midi au bureau. 


4 nov. 2010

An Hua Hei Cha


Un thé de chez Thés de Chine qui m'intriguait suffisamment pour que j'en prenne 50g pour goûter cette curiosité de la nature. En effet, il s'agit d'un thé dont le processus de fabrication s'apparente au pu erh (mais il n'en a pas le nom car il n'est pas produit dans le Yunnan) et qui est fumé lors des dernières étapes.


[Du coup je n'ai aucune idée de la "catégorie" dans laquelle je dois ranger ce thé. Des avis ? Quelqu'un connait ce An Hua Hei Cha ?]

Un genre de pu erh fumé quoi ! J'adore les thés fumés (même si je n'en bois presque plus actuellement : trop de pu erh à boire) et je suis devenu addict aux pu erh donc hop, dégustation !

Un petit coup de sniff dans le sachet, c'est assez étonnant : ça sent le ... pu erh fumé. Une odeur de fumé donc, qui n'a pourtant rien à voir avec les Lapsang Souchong que j'ai déjà bus par le passé : un fumé léger et paradoxalement assez "frais", presque "mentholé". Et à côté de ça, en-dessous, des petits parfums boisés qui ne sont pas sans rappeler les sheng cha.

Petits morceaux de feuilles, quelques rares feuilles plus longues, le tout dans des tons de marron clair à noir, et des morceaux de tiges accompagnés de quelques OVNI (objets végétaux non identifiés).

Rinçage express, infusion.



Bon, autant le dire tout de suite, ça n'a pas vraiment le goût d'un pu erh. Ce qui ressort surtout, c'est le fumé. Un fumé léger et agréable, pas trop envahissant ni monolithique. À côté de ça, il y a quand même bien un petit quelque chose de pu erh : sur l'impression qui reste en bouche après la déglutition, sur la texture ou je sais pas trop quoi mais ça ressemble effectivement à un pu erh.

Sur les dernières infusions, les notes de fumé deviennent discrètes et subtiles, et je retrouve davantage la rondeur et le côté presque sucré de certains pu erh que sur les infusions initiales. Je dois avouer que c'est plutôt bon.

Alors que penser de ce thé hybride ?? Je ne sais pas trop. Tout ce que je sais c'est que je l'ai plutôt bien apprécié, j'aurais même fait quelques infusions supplémentaires si il avait tenu un peu plus la distance (car ce thé n'a pas l'endurance d'un pu erh). Je le boirai sans avoir à me forcer, loin de là, mais je ne pense pas le ranger à côté de mes bonnes galettes.


Dans le zhong, des feuilles qui ressemblent beaucoup à des feuilles de pu erh, d'une couleur cependant un peu douteuse pour appartenir à cette famille. Mais de vrais grands morceaux de feuille tout de même !

[Rien à voir : y'a la télé qui tourne en fond derrière moi et j'ai entendu "pu erh millésimé 1983". Je tourne la tête, et je me rends compte avec horreur et stupéfaction que dans une émission culinaire (qui est à la gastronomie ce que le JT de JP Pernaut est au journalisme) les candidats au pactole vont subir une épreuve dans laquelle ils doivent (ou peuvent?) inclure un "pu erh millésimé 1983" dans leur recette... Bonus : dans la liste des ingrédients qui apparait sur la boîte à cons, ils ont inscrit "thé vert chinois". Pfff. Mais personne ne lit mon blog chez TF1 ?? Misèèèèreuh, misèèèèèreuh.]

3 nov. 2010

Mini tuo #8


Courage ! Plus qu'une vingtaine de mini-tuos en stock !
Je la fais courte ce soir pour ce "gros" mini tuo (en l'occurrence, il s'agit plutôt d'une mini-galette), le plus imposant de toute la série. Je l'ai photographié à côté d'un crayon pour donner une idée.

Ce qui est frappant dans cette mini galette c'est qu'on voit des vraies feuilles à la surface. Et en plus, elle sent presque comme un "bon" jeune pu erh brut.



Bon, deux rinçages pour dépêtrer un peu les feuilles. J'ai eu une petite appréhension lors de ces rinçages, il y avait comme une odeur suspecte, plutôt bizarre, mais fausse alerte.

Plutôt endurante, cette mini galette plutôt sympathique m'a permis de faire une dizaine d'infusions, dans un registre pu erh brut un peu fade mais un minimum intéressant pour être tout à fait buvable.
Les premières liqueurs étaient très foncées et le thé n'avait ni la consistance ni la fraîcheur d'un sheng cha. Un assez brusque revirement de comportement par la suite fut assez surprenant.
J'ai tout de même retrouvé dans le couvercle du zhong des notes boisées d'assez bonne qualité, sans toutefois pouvoir prétendre avec une bonne galette de pu erh.


Bref, encore un mini tuo tout à fait buvable, qui n'a rien d'un grand thé mais qui se boit bien. Ces mini tuos sont plutôt divertissants, et j'aime bien le principe de la "loterie" : quand j'ai envie d'un thé mais que je n'arrive pas à me décider, je pioche un mini tuo au pif, je laisse le hasard décider pour moi.
Pas toujours que des bonnes surprises, mais c'est le jeu !


Impressionnant : de vraies feuilles de thé, un volume suffisant pour remplir abondamment le zhong ! Du jamais vu pour un mini tuo !

Vrac 15 (1992)


3 grammes de ce shu cha de la M3T, qui attendent depuis bien trop longtemps que je m'occupe d'eux. Il faut réparer cet affront.

Encore un échantillon de Julien. J'ai arrêté de compter les thés prestigieux que j'ai eu la chance de goûter grâce à ce mécène du thé, merci merci !



Les feuilles sorties du sachet ne sentent pas grand chose, mais plongées dans la théière préchauffée, c'est une toute autre histoire ! Un festival automnal de notes boisées, d'humus, de feuilles mortes... plus que prometteuses !



Deux rinçages express, et infusions, infusions, infusions. De 45 secondes pour la première à plusieurs dizaines de minutes pour la dernière (n'étant pas fan du thé froid, j'ai utilisé une théière plutôt qu'un zhong afin de pouvoir l'arroser abondamment d'eau bouillante et ainsi réchauffer la liqueur lors des très longues infusions).

Clairement positionné dans le registre des shu cha, ce thé, très porté sur l'humus, le vieux bois et la terre humide, n'a néanmoins pas la lourdeur parfois oppressante de ces shu cha sans relief. Ici, la dominante terre / cave humide est relevée par un petit pôle épicé bien présent, et surtout qui tient bien au fil des infusions (ce qui n'est pas toujours le cas).


Belle liqueur, pas trop chargée, fine et souple, riche.
Arrière-goût très long, vraiment classe et qui reste bien dans la gorge, superbe rétro pour couronner le tout.


Pas grand chose à reprocher à ce thé en ce qui me concerne. Par rapport au vrac 22 qui m'avait vraiment enthousiasmé, ce n°15 est peut-être un peu moins contrasté, moins de relief quoi.
Mais il y tellement de paramètres qui entrent en jeu lors d'une dégustation que cette impression peut venir de moi, du temps, des circonstances / de l'état d'esprit dans lequel j'ai goûté ces shu cha.

L'idéal serait vraiment de les comparer simultanément, ou de bien les connaître, de les avoir beaucoup pratiqués.

Quoi qu'il en soit, un superbe thé que ce n°15, qui plus est tout à fait de saison !



2 nov. 2010

Mini tuo #7


La suite de mes aventures avec les mini-tuos d'Olivier. Ce septième opus est un shu cha, vraiment mini et ultra compact.



Sorti de son emballage, il ne sent absolument rien.
Deux rinçages ont eu raison de ce mini tuo avec lequel j'ai pu enchaîner une dizaine d'infusions en zhong.


Les premières ont donné une liqueur très foncée - presque noire - plutôt agréable en bouche (pas de texture poussiéreuse ou trop chargée) et dégageant de belles petites notes de terre humide. L'arrière-goût est léger, peu persistant mais agréable. Baisse du relief des arômes assez rapide au fil des infusions, mais la liqueur conserve tout de même suffisamment de persistance pour rester agréable et un minimum intéressante.

Verdict pour ce n°7 : un bon petit pu erh cuit de consommation quotidienne qui se boit très facilement. Parfait pour un soir comme aujourd'hui où j'avais simplement envie de boire un thé, ou plutôt envie de boire un thé simplement.


En revanche, n'espérez pas retrouver ne serait-ce qu'un petit bout de feuille de thé à l'arrivée : de la bouillie !

[Désolé pour les photos, les fonds sont assez monotones : quand ce n'est pas le parquet, c'est le meuble en chêne et quand ce n'est pas le meuble en chêne, c'est le parquet !]

Anji Bai Cha 1


Anji Bai Cha 1 de la M3T, c'est le tout premier Anji Bai Cha que je bois.
Les fines feuilles légèrement travaillées sont dans des tons vert/jaune et le sachet exhale un parfum très fleuri et sucré, presque de la confiture !

Une fois sorties du sachet et placées dans le zhong préchauffé, cette impression de sucre a disparu...


...pour laisser toute la place à de riches parfums végétaux et fleuris.

Première infusion, environ une minute trente. J'ai poussé à plus d'une minute car la liqueur me semblait très pâle, c'était sans doute une erreur : une acidité un peu trop forte vient perturber le déploiement des arômes.


En revanche le nez est tout simplement exceptionnel ; dans la tasse vide, c'est assez spectaculaire : fleuri, acidulé / épicé, presque musqué (odeurs de peau) et à la limite du déroutant. Vraiment enivrant ce parfum !

Les deux infusions suivantes (une minute) ont été beaucoup plus réussies : un nez toujours aussi fabuleux et pour le coup l'enveloppement de la bouche rejoint la perfection ressentie dans le nez.

La liqueur pâle a une texture relativement grasse qui rappelle un peu la noix. Ce thé n'a pas grand chose à voir avec le Long Jing d'hier : moins complexe semble-t-il, un registre aromatique très différent (fleurs fraiches, verdure type "chlorophylle"...)
Il se déguste vraiment avec beaucoup de plaisir.


Passé les 3 premières infusions, la texture évolue vers quelque chose de plus aqueux, pur et simple.
Un thé qui à chaque gorgée s'impose avec l'évidence des bons thés verts.

Quelque chose à redire ? Euh, peut-être un petit manque de fraîcheur ?
Rendez-vous l'année prochaine pour en déguster un fraîchement récolté. D'ici là, j'aurais sans l'ombre d'un doute terminé mes 50g d'Anji Bai Cha 1.


Très belles feuilles riches en bourgeons, d'assez petite taille. Pour celles qui se sont entièrement déroulées (et que j'ai photographiées) on pourrait croire à des feuilles de Long Jing.



1 nov. 2010

Xihu Long Jing (M3T)


Un Long Jing de la Maison des Trois Thés, et tenez-vous bien, ce n'est pas un échantillon de Julien !

J'avoue avoir un peu hésité à acheter des thés verts à cette époque de l'année, mais selon le vendeur de la M3T, la réputation de fragilité des thés verts est un peu exagérée : à part les Gyokuro ou autres thés verts japonais fragiles, ainsi que quelques thés chinois un peu plus délicats, les thés comme le Long Jing peuvent tout à fait être conservés plusieurs mois.


Revenons à ce Xihu Long Jing : si je n'ai pas tout mélangé dans les explications qu'on m'a données, Xihu est le nom du lac à côté duquel sont situés les arbres qui ont donné ce thé.
La cueillette est superbe et les feuilles disposées dans le zhong préchauffé dégagent un parfum très riche qui me fait saliver d'avance.


J'ai fait trois infusions d'environ une minute, j'ai obtenu trois fois une liqueur extrêmement riche en arômes. C'est la première fois que la note de châtaigne est aussi distincte dans un Long Jing. Beaucoup de présence en bouche, arrière-goût harmonieux et persistant, liqueur dorée vraiment savoureuse et d'une texture très douce.
L'amertume et l'astringence sont vraiment délicates et portent les arômes dans toute la bouche. Une toute petite acidité relève le tout en finesse, l'ensemble est vraiment plus que réussi.


Je suis bien incapable de détailler les notes subtiles offertes par ce thé (pour aucun autre thé non plus, d'ailleurs), mais le rendu est très fin, équilibré et me ravit au plus haut point. C'est peut-être bien le meilleur Long Jing qu'il m'ait été donné de boire, le plus riche en arômes.

Parmi les "défauts" que j'ai pu reprocher à d'autres Long Jing (trop forte acidité, arômes peu marqués ou trop pauvres, mauvaise endurance...), je n'en retrouve aucun dans celui-ci. Ce n'est sans doute pas le "meilleur Long Jing du monde" (en tout cas je l'espère sinon cela signifie que ma "quête du Long Jing" est finie) mais celui-ci est vraiment délicieux.

J'ai hâte de le goûter à nouveau pour 2 raisons :

- j'ai envie de vraiment prendre le temps d'une dégustation (ce qui m'a manqué aujourd'hui) afin d'utiliser le couple tetsubin / eau de source qui je pense va encore améliorer le rendu de ce thé.

- tenter une quatrième infusion : c'est en vidant le zhong dans la poubelle que j'ai réalisé que la troisième tenait encore franchement la route ! Comme quoi le cliché "thé vert = 3 infusions" a encore de beaux jours devant lui.


Les feuilles, de petites à minuscules comme il se doit, dans une belle gamme de couleurs. Beaucoup moins de feuilles brisées ou de miettes que dans mes précédents Long Jing. J'ai tout de même sélectionné les plus intactes pour la photo.