16 janv. 2011

Galette n°30 (1999)


Échantillon de la galette n°30 (sheng cha / 1999) de la Maison des Trois Thés.
Très bonne odeur des feuilles sèches. Un thé qui n'a qu'une douzaine d'années mais dont le parfum a déjà des notes de pu erh beaucoup plus vieux.


Les premières infusions ont été assez étranges : liqueurs assez troubles, goûts de légumes (je n'ai pas réussi à déterminer lesquels) et je n'y ai retrouvé ni la puissante fraîcheur d'un jeune pu erh ni l'onctueuse sagesse d'un vieux.


La suite, beaucoup plus satisfaisante au niveau de la texture, ne m'a pas follement enthousiasmé au niveau des arômes. C'est un bon pu erh, mais il semble comme en pleine "middle life crisis". Il a peut-être été meilleur par le passé, ou bien il le sera d'ici quelques temps, ou pas.


Tout de même une belle dégustation, des sensations plaisantes (surtout à partir du milieu de la session sur des infusions plus longues), mais je reste un peu sur ma soif sur ce coup-là. Rien d'étincelant pour moi dans cette galette. En tout cas pas aujourd'hui, pas avec cette théière, avec ce dosage, avec ces infusions, etc...

23 commentaires:

edp a dit…

J'ai eu beaucoup de mal à apprécier ce thé, qui est maintenant dans mon top 3 des thés non à maturité.

En fait je lui préférais la version song-C de chez houde, plus ingrate mais absolument impressionnante, malheureusement elle a disparu de la vente deux semaines avant que ne puisse me l'offrir ...

lionel a dit…

Ce pu er est un de mes favoris, mais je ne l'ai pas regoûté depuis un moment...Je lui trouvais un superbe parfum de fleurs...

Je remarque Sébastien que souvent tes CR de dégustation ont pour conclusion une déception, un échec...Certes avec tous les thés que tu testes (tests dont tu nous fait profiter : merci !) tu ne peux tout aimer...

Sébastien a dit…

"J'ai eu beaucoup de mal à apprécier ce thé, qui est maintenant dans mon top 3 des thés non à maturité..."

C'est bien le problème de ces dégustations "one shot". Je suis peut-être bien passé à côté de quelque chose avec ce pu erh. En même temps, et vu le prix de ce pu erh, si il faut en boire plusieurs fois pour arriver à l'apprécier, il y a quelque chose qui me gêne.

Il faut toutefois relativiser mon "verdict" : j'ai bien apprécié ce thé, mais je m'attendais à mieux. C'est un peu le problème de la M3T : j'ai été plusieurs fois "estomaqué" par certains échantillons provenant de cette boutique, et du coup à chaque nouvelle découverte je m'attends plus ou moins à un nouveau choc. Choc qui ne s'est pas produit avec cette galette 30.

"Je remarque Sébastien que souvent tes CR de dégustation ont pour conclusion une déception, un échec...Certes avec tous les thés que tu testes (tests dont tu nous fait profiter : merci !) tu ne peux tout aimer..."

J'espère que personne ne prend les "conclusions" de mes tests pour argent comptant, il ne s'agit que d'impressions toutes personnelles, et il faut bien garder en tête que ce sont celles d'un très jeune amateur de thé. Je n'ai pas beaucoup de points de repères, et il est fort probable que pour bon nombre de thés mon avis ne vaille pas grand chose !
C'est vrai que je fais souvent état de "déceptions", mais je ne parle que très rarement d'échecs. Les déceptions s'expliquent en partie par les sublimes thés de la M3T que j'ai eu l'occasion de boire. Du coup à chaque fois j'attends que la magie opère de nouveau, mais ça ne fonctionne pas à tous les coups.
Il y a eu aussi pas mal d'articles beaucoup plus positifs, non ? Je ne veux pas tomber dans le dénigrement systématique "celui là, bof. celui-ci, pas terrible. mouais, j'ai vu mieux...", j'espère que ce n'est pas l'impression qui subsiste à la lecture de ce blog ;)

Nicolas a dit…

Bonjour Sébastien,
Je relève 2 points dans ton dernier commentaires.

Premier point : Certains thés de la Maison des Trois Thés ont eu le même impact sur moi. Je ne les trouvais pas dans la lignée des descriptions que j'avais lu.

Par exemple il m'a fallu une année de recul pour apprécier la galette 31. A laquelle je trouve une particularité que je n'ai pas encore vu ailleurs. Les points repère sont difficiles à trouver.

Mon avis est que Maître Tseng est aussi une créatrice du saveur.

Deuxième point : Tu le dis toi-même les dégustation "one-shot" sont des exercices difficiles. J'estime à trois cession d'un même thé avant de se faire un premier avis posé et construit. Une première approche où les subtilités sont encore difficiles à percevoir.

La raison est très simple, elle est mathématique. C'est une histoire de rapport, de quantité.

Il faut une quantité minimum pour que les principaux sens de la personne soient réceptifs. Et ces sens sont plus nombreux que 5... Heureusement.

Bref, avec un one-shot on s'arrête souvent au gustatif. Les thés plus agés ont cette particularité de venir nous chercher là oú on ne s'y attend pas.

Bons thés
Nicolas

Nicolas a dit…

Suite

A la première cession d'un thé, à la première rencontre, il est difficile de mettre en route le feeling. On a tendance à intellectualiser pour trouver des points de repère. J'ai fonctionné longtemps de cette manière.

Pour finir, je tiens personnelement à ajouter que tes photos sont aussi très parlantes/expressives en général.

Leur qualité et leur fidélité me permettent de complémenter la lecture de tes articles.

Amicalement
Nicolas

David a dit…

J ai gouté ce puerh 2 fois et je suis du même avis que toi. Ça te rassurera peut être et en même temps montre à quel point il est difficile de se faire un avis sur quelques dégustations.

Cela dit, il ne faut pas attendre de chaque thé de la m3t qu'un ange descende du ciel pour se poser dans la tasse. Certains de leurs produits sont magnifiques et dans quelques catégories très précises, la concurrence est rude.

Mais mon opinion est que beaucoup de gens se sont formés le palais avec des thés de cette boutique, avec leur caractère, et du coup la préfèrent à d'autres. Mais ce n'est pas la mecque du thé non plus. Bref.

Je trouve ça bien que tu ne dises pas systématiquement que chaque thé est génial. C'est la preuve d'une approche honnête. Mais à mon avis, lionel cherche juste à te détourner du puerh pour te convertir au thé japonais ! ;-)

D'ailleurs en en parlant, je vais m'en faire un !

lionel a dit…

>> Mais à mon avis, lionel cherche juste à te détourner du puerh pour te convertir au thé japonais ! ;-)

OUI là était bien mon ambition...:-), vaine hélas...

>> j'espère que ce n'est pas l'impression qui subsiste à la lecture de ce blog ;)

Rassure-toi Sébastien, l'impression que laisse ton blog n'est pas celle-là, de dénigrer ou critiquer systématiquement les thés dont tu parles. Comme David je pense que tu as l'honnêteté de dire simplement ce que tu penses de chaque thé. Moi-même j'ai souvent été élogieux à propos de thés, parce que d'autres l'avaient aussi été, et je ne le pensais pas toujours. J'ai longtemps raisonné ainsi : "parce que c'est estampillé m3t, c'est du bon". Or ce n'est pas le cas. Même si en matière de pu er, comme le soulignes David, je n'ai que rarement eu l'occasion de goûter autre chose que du m3t...

>> D'ailleurs en en parlant, je vais m'en faire un ! (japonais -ndlr)

Sur ce coup-là David tu me casses le moral, je suis au bureau sur des dossiers chiants avec pour seule compagnie du rouge parfumé estampillé L...Pas encore trouvé le moyen de faire du bon japonais au bureau...faudra attendre demain matin 6h...bouh...;-(

Sébastien a dit…

@Nicolas : merci pour tes interventions et compliments ;)

@David : merci pour ces précisions intéressantes qui me réconfortent un peu : difficile de s'y retrouver et de ne pas douter de soi à chaque instant dans ce monde de bruts (et de cuits). ;)
Pour ce qui est de thé japonais, je n'en ai pour ainsi dire jamais bu : tout juste un sencha ou deux. Jamais trempé mes lèvres dans un matcha ou un gyokuro, ni même un bon sencha préparé comme il faut.
Le temps du thé japonais viendra, j'attends que l'occasion se présente.
Bon thé ! (comment tu fais avec tes tasses ? tu les passes toutes en revue avant de décider laquelle tu vas utiliser ? ça doit te prendre un temps fou !)
à bientôt,
Sébastien

Sébastien a dit…

@Lionel : on s'est croisés dans les commentaires... Merci d'être passé par là !

lionel a dit…

Tu n'habites pas Nantes Sebastien ? Si tel est le cas, il se pourrait que l'occasion se présente de pouvoir deguster un bon japonais...(j'habite pres de rennes).

David a dit…

@ lionel : vraiment ? même pas avec un petit thermomètre de poche et un kyusu ou hohin en porcelaine ? Ca te donnerait du cœur à l'ouvrage pourtant !

@ Sébastien : depuis que j'ai changé mon kyusu, j'utilise toujours le même yunomi qui va très bien avec. ;-)

(Shizuoka Sencha "Hatsumi" d'O-Cha)

Sébastien a dit…

"Tu n'habites pas Nantes Sebastien ? Si tel est le cas, il se pourrait que l'occasion se présente de pouvoir déguster un bon japonais...(j'habite près de rennes). "

Ah aaaaaah !
Effectivement, j'habite à Nantes. Et évidemment, si tu passes dans le coin un de ces jours ... ;)

lionel a dit…

@ David : eh non...En fait, je remarque que quand je me prends de passion pour un type de thé, j'aime le réserver pour les meilleurs occasions, le considérer comme un moment privilégié, ne pas le faire à tout prix et "à toutes les sauces"...C'est pourquoi j'hésite à même essayer de faire du thé japonais au bureau, peur d'être déçu, ou d'ainsi désacraliser les tellement bons senchas que je savoure le matin dans mon shudei yamada so...Ceci dit, je pense comme tu dis que ça me donnerait du coeur à l'ouvrage...Ah...cruel dilemne...

Vous avez déjà éprouvé cela ?

Au fait, des choses intéressantes dans ta série d'échantillons Teachat ?

(Russian Earl Grey de Lipton, SFTGFOP DJ2)

Nicolas a dit…

Histoire de te mettre l'eau à la bouche, Sébastien. Le Japonnais que Lionel m'a fait dégusté est un thé qui m'a agréablement surpris.

Nicolas a dit…

@ Lionel
Les thés que je bois au bureau sont ceux que je n'ai plus envie de boire chez moi. Les "déclassés" qui ne m'apporte qu'un plaisir limité.

lionel a dit…

@Nicolas
Bonne stratégie, j'ai un peu la même...

David a dit…

>> Au fait, des choses intéressantes dans ta série d'échantillons Teachat ?

Oui, pas mal même, faut dire que je n'avais pas encore gouté à beaucoup de sencha différents. J'ai vraiment appris à apprécier les fukamushi. Je retiens le nom de 3 vendeurs : O-Cha, Zencha, et Maiko, avec une préférence pour le premier. Je leur avais déjà commandé du maccha qui est très bon. Je leur repasserai commande un de ces 4. D'ailleurs, je chercherai surement un ou deux acolytes pour partager deux ou trois sachets de 100g afin de pouvoir goûter à plus de choses.

Personnellement, je bois au boulot les mêmes thés que chez moi, peut être plus les fins de paquet et autres échantillons qui s'entassent. Je dis pas que c est toujours réussi mais je suis content comme ça. Il est d'ailleurs rigolo de voir comment le contexte joue sur les perceptions. Au pire du pire, je fais une grande théière avec un wulong de qualité, genre hong shui, baozhong ou jeune puerh.

Nicolas a dit…

Ben oui, l'ambiance du bureau est loin d'être calme. Et puis ça permet de finir les paquets de thés qui s'éternisent.

lionel a dit…

>>> D'ailleurs, je chercherai surement un ou deux acolytes pour partager deux ou trois sachets de 100g afin de pouvoir goûter à plus de choses.

Tiens-moi au courant, ça peut m'intéresser, même si j'ai de quoi tenir jusqu'au shincha 2011...

Olivier a dit…

Les thés que je bois au bureau sont ceux que je n'ai plus envie de boire chez moi. Les "déclassés" qui ne m'apporte qu'un plaisir limité.

Ne pourrait on pas pas précisément déguster ses meilleurs thés en "travaillant"... et justement (un peu plus) œuvrer dans le plaisir?

Nicolas a dit…

Ben tu sais Olivier, j'ai essayé plusieurs fois déjà. L'ambiance au travail est trop "bourrine" pour laisser la place à la subtilité.

Julien ÉLIE a dit…

Je viens de regoûter cette galette. Ton article m'a donné envie de l'infuser.

Je l'apprécie vraiment bien. Léger goût mentholé. Ni jeune ni âgée, comme tu l'indiques. Elle est entre deux eaux, et on sent qu'elle a du potentiel de vieillissement. Déjà de bonnes sensations corporelles en la buvant. Un bel équilibre.

Julien ÉLIE a dit…

Ne pourrait on pas pas précisément déguster ses meilleurs thés en "travaillant"... et justement (un peu plus) œuvrer dans le plaisir?

Oui, j'apprécie bien le thé au bureau. J'en bois tous les jours. Je commence après le repas de midi, et me fais quelques tasses dans l'après-midi du même thé.

J'en fais parfois aussi pour mes collègues, qui apprécient la découverte de nouvelles saveurs.

J'ai deux types de thés au bureau : les bons et les bof-bofs. Lorsque la journée est cool et qu'il n'y a rien d'urgent, ou que je prépare un thé pour un collègue, je choisis un bon (voire très bon parfois). Et sinon, si je suis pressé par le temps, je prends un bof-bof et je l'infuse comme je peux, à l'arrache.

Au bureau : bouilloire inox, Volvic, zhong/kyushu/mug suivant le thé.