3 janv. 2011

Galette n°64


Un sheng cha de la Maison des Trois Thés, la galette 64 (automne 2008, Mengku).
Allez hop : 3,5 grammes de feuilles plutôt en bon état dans ma théière bien chaude. L'odeur des feuilles sèches me plaît bien, c'est un bon début.

Rinçage, infusion : une liqueur limpide, des arômes plaisants mais pas exceptionnellement puissants, un arrière-goût plutôt faible... Ça se boit tout seul, je ne trouve pas de gros défauts dans ce thé mais disons que je n'y trouve rien non plus de fantastique. J'ai dégusté tellement de splendides trésors de la maison que je deviens difficile. Poursuivons.

#2 (20 ou 30") : un peu plus de corps, un peu moins "transparent", ce pu erh oscille entre un goût boisé beaucoup trop ténu pour être intéressant et un bouquet végétal pas assez développé pour flatter le palais. Du coup j'ai l'impression de boire un sheng cha certes bien fait, tout à fait "buvable", mais assez fade. Si elle avait davantage de coffre, la rétro pourrait être superbe, mais ce thé manque un peu de "pêche", que ce soit au niveau des arômes en bouche, du retour nasal ou de l'arrière-goût. La sensation en bouche et dans la gorge est pourtant très belle, dommage.


#3 (45") : pas vraiment d'évolution pour ce jeune pu erh brut. Un petit côté citronné / agrumes pas désagréable, mais je m'attendais à quelque chose de plus spectaculaire pour une galette de la M3T. Relativisons : il n'est pas mauvais, loin s'en faut, mais j'ai goûté de meilleurs jeunes pu erh bruts, sans doute beaucoup moins onéreux que celui-ci et d'origine moins "prestigieuse". Bref, je reste un peu sur ma soif.

#4 (1'30 à 2') : un petit léger mieux, mais rien de transcendant. Absolument aucune astringence ni amertume malgré cette infusion assez longue. Si ça se trouve, c'est un thé à boire dans 15 ou 20 ans. Un thé de bonne qualité (de très belles feuilles, une bonne odeur à sec), mais qui ne s'exprimera pas avant un bon moment. Pour l'instant, je ne le trouve pas équilibré, pas structuré, pas formidable quoi.
Notons cependant que l'arrière-goût prend un peu d'ampleur petit à petit, à moins que ce ne soit l'imprégnation du palais qui n'en donne l'illusion.

#5 (3') et suivantes : je ne vais pas me répéter, la suite et la fin de la session ne m'ont pas fait changer d'avis. Cet échantillon ne m'a pas donné envie d'investir dans cette galette n°64 (ce qui n'a pas été le cas d'autres crus de la M3T  - pour le plus grand désespoir de mon compte en banque - qui m'ont clairement époustouflé). On ne peut pas gagner à tous les coups, et je ne vois pas en vertu de quoi cette boutique n'aurait pas aussi en rayon quelques références "basiques". Cela dit, si ça se trouve, dans 20 ans ce sera un des meilleurs pu erh de la planète.


4 commentaires:

Julien ÉLIE a dit…

Intéressant compte-rendu, comme d'habitude. Merci Sébastien.


Absolument aucune astringence ni amertume malgré cette infusion assez longue. Un thé de bonne qualité (de très belles feuilles, une bonne odeur à sec), mais qui ne s'exprimera pas avant un bon moment. Pour l'instant, je ne le trouve pas équilibré, pas structuré, pas formidable quoi.

À quelle expression de ce thé t'attendais-tu ? Quel déséquilibre lui as-tu trouvé ?


Notons cependant que l'arrière-goût prend un peu d'ampleur petit à petit, à moins que ce ne soit l'imprégnation du palais qui n'en donne l'illusion.

… ou son qi commençant à se révéler…



Au fait, tu parlais du même thé sous une compression différente ici :

http://vacuithe.blogspot.com/2010/11/varc-31-2008.html

Je constate que tu préfères sa version en vrac, qui a effectivement en 2011 davantage de présence en bouche.

Nicolas a dit…

Je préfère actuellement le vrac 31 à la galette 64. Alors question : comment vont évoluer ces 2 références dans l'avenir?

Nicolas

Sébastien a dit…

"À quelle expression de ce thé t'attendais-tu ? Quel déséquilibre lui as-tu trouvé ?"

Les notes bois/épices et végétales n'étant pas très développées, ça m'a laissé une impression de manque de relief. Un manque de puissance des arômes au regard de la qualité de la liqueur en bouche, je sais pas si on peut appeler ça un déséquilibre finalement...

Je n'avais pas fait le rapprochement avec le vrac 31 qui, comme tu le dis, a beaucoup plus de présence en bouche. J'en garde effectivement un meilleur souvenir. Je n'ai pas non plus retrouvé dans cette galette 64 ces superbes parfums que l'on peut recueillir dans la tasse vide : presque le désert total.

Merci d'être passé par ici, à bientôt !

edp a dit…

Je n'en ai goûté aucun des deux récemment, mais de mémoire on était vraiment -sur les deux- vers de l'artichaut. Au début la différence était minime, mais en tout cas aujourd'hui à l'odeur à sec la différence se fait sentir. On conseille souvent le vrac pour aujourd'hui ou le moyen terme, et la galette pour le long terme.