5 janv. 2011

Balance ?

Après une année de "pratique" du thé, je me décide (enfin ?) à investir (une quinzaine d'euros, c'est pas la mort non plus) dans une balance. Pourquoi ai-je attendu tout ce temps, et surtout pourquoi ai-je changé d'avis ?

Pourquoi avoir attendu un an ? Tout simplement parce que l'on peut très bien se passer de balance. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait durant tout ce temps. Dosages pifométriques, infusions au jugé, tout au feeling ça fonctionne très bien. Sauf que j'en suis arrivé à très largement surdoser mes pu erh. Certaines fois je ne reconnaissais même plus les thés que j'infusais alors qu'ils faisaient partie de ceux que je consomme régulièrement. Rater des infusions pour une histoire de dosage, c'était perdre du temps, de l'énergie, et du thé bêtement.


Oui, il est tout à fait possible de se passer de balance lorsque l'on a déjà des bases, des réflexes, des automatismes et des ordres de grandeur. Lorsqu'on débute, c'est également possible, mais c'est plus risqué. Une fois qu'une certaine expérience est acquise (et que l'on connait bien les thés que l'on possède), on peut plus facilement se reposer sur ses bases pour ne se consacrer qu'au feeling en ne conservant que l'essentiel : feuilles de thé + théière + eau = thé.
Je ne suis jamais passé par cette phase d'apprentissage et j'ai fini par me lasser de ces infusions ratées car trop dosées (bien que cela ne soit pas - loin de là - la seule source d'erreur possible).

L'élément déclencheur : j'ai sur mon étagère deux très beaux thés verts que je compte faire durer tout l'hiver et que j'infuse avec attention et parcimonie (un Long Jing et un Anji Bai Cha). Si ce ne sont pas les deux meilleurs thés verts que j'ai pu boire jusqu'à présent, ils n'en sont pas loin. Pour les avoir goûtés plusieurs fois chacun, je sais parfaitement de quoi ils sont capables lorsqu'ils sont infusés à la perfection (en toute modestie :). Et à plusieurs reprises, je les ai ratés, généralement à cause d'un mauvais dosage. Et ça se joue à pas grand chose !
Il faudrait faire l'expérience : 2g de Long Jing posés à côté de 2g d'Anji Bai Cha. La différence de volume doit être spectaculaire. Vu que je n'en bois qu'environ une fois par semaine (et alternativement), je désespérais de finir par trouver mes repères pour doser ces deux thés verts...
Il y a quelques jours, j'ai utilisé cette balance pour infuser mon Long Jing : 2 grammes dans un zhong, c'était tout simplement parfait !


Alors ai-je bien fait de m'allier les services de ce petit gadget électronique, ou bien me suis-je laissé berner par l'illusoire utilité d'un tel objet si éloigné de la pratique du thé ?

En tout cas, je redécouvre les vertus des dosages raisonnables et je repars sur des "bases" saines (merci Philippe d'avoir remis en ligne tes archives, notamment cet article dont je copie-colle sans vergogne quelques lignes) :

Pu Er "cuit" : 4 à 6 g / 10 cl
Pu Er "cru" : 2 à 4 g / 10 cl
Wulong : 6 g / 10 cl
Vert : 2 g / 10 cl
Rouge : 3 g / 40 cl


Je valide sans hésitation 2g pour les thés verts, 3g pour les rouges. Testé et approuvé. Pu erh cru, 2g ça me semble un peu short, j'en mets 4.

Il est très facile de passer du simple au double de poids en fonction des degrés de compression et de la taille des feuilles, tout ça pour un même "volume" de thé estimé à l'œil : je me suis rendu compte en faisant joujou avec cette balance que j'en étais arrivé à mettre quasiment 8 ou 10g de pu erh dans ma théière certaines fois !

Les dosages indiqués par Philippe ne sont évidemment pas à prendre au pied de la lettre, il faut savoir les adapter en fonction des thés au sein d'une même famille, mais je dispose maintenant d'un outil qui me permettra d'éviter les erreurs grossières que j'ai pu commettre par le passé. J'espère ne pas non plus tomber dans l'excès en l'utilisant systématiquement et en cassant des feuilles de thé en 2 pour tomber pile à trois décimales près.

Voilà, tout ça pour vous dire que j'ai plein de bonnes raisons pour justifier - arguments solides à l'appui - cet achat compulsif et non indispensable. De la même manière, je vous expliquerai la semaine prochaine pourquoi j'ai investi dans un thermomètre ;)

7 commentaires:

William a dit…

Salut Sébastien,

Pour moi, la balance, c'est comme le métronome en musique. C'est un outil de contrôle.

J'utilise très souvent ma balance, surtout quand je veux comparer des thés.

Niveau dosage, je suis plus entre 5 et 8g pour 10cl. Je préfère doser fort, quitte à infuser moins longtemps.

Bon courage dans ta voie du thé!

William

Anonyme a dit…

Rater des infusions pour une histoire de dosage, c'était perdre du temps, de l'énergie, et du thé bêtement.

Tout à fait.
On peut toutefois essayer de rattraper le coup à la seconde infusion, en infusant plus ou moins longtemps, ou en injectant de nouvelles feuilles, voire en en soustrayant pour les remettre une ou deux infusions plus tard. Ces variations peuvent aussi être amusantes et faire partie du charme des dégustations d'un même thé et qui ne se ressemblent pas.


Alors ai-je bien fait de m'allier les services de ce petit gadget électronique, ou bien me suis-je laissé berner par l'illusoire utilité d'un tel objet si éloigné de la pratique du thé ?

Comme tu signales l'excellent blog de Philippe, j'en profite pour mentionner cette page :
http://g2t-archives.blogspot.com/2010/05/l-du-temps.html
La première photo montre une balance à plateaux, avec poids. Ce n'est plus un gadget électronique ; l'avantage est qu'elle s'harmonise avec la pratique du thé et la voie du milieu. (Bon, je t'avoue que cette balance est quand même plus onéreuse qu'une équivalente électronique...)


Je valide sans hésitation 2g pour les thés verts, 3g pour les rouges. Testé et approuvé. Pu erh cru, 2g ça me semble un peu short, j'en mets 4.

J'ai tendance à mettre davantage pour le thé vert chinois (3 grammes), et bien sûr encore plus pour le thé vert japonais (bon, ça va dépendre duquel et de la concentration que je recherche pour l'infusion, mais c'est usuellement, entre 4 et 8 grammes).
Wulong, 5-6 grammes. Rouge, ça dépend desquels (le résultat en zhong est parfois aussi intéressant avec 3 grammes -- plusieurs infusions dont la durée est bien entendu inférieure à une unique infusion en grande théière).
Pu er, je suis dans les 3 grammes pour un sheng. Quant aux shu, 3-4 grammes d'habitude.

Tous ces paramètres n'ont rien d'universel, comme tu le précises. Et c'est personnel. L'essentiel est d'obtenir un thé qui te plaise. Si tu l'adores à 5 grammes et que tu ne trouves pas d'équivalent à 3 grammes, même en variant d'autres paramètres de l'infusion, eh bien mets 5 ! Ne surtout pas hésiter !


Je sais que tu adores les Bulang à 5 grammes, donc ne te prive pas :-)


Il est très facile de passer du simple au double de poids en fonction des degrés de compression et de la taille des feuilles

Et aussi de la qualité du thé.



J'espère ne pas non plus tomber dans l'excès en l'utilisant systématiquement et en cassant des feuilles de thé en 2 pour tomber pile à trois décimales près.

Surtout pas !
Si tu as un joli morceau de 2,7 grammes ou de 3,2 grammes, garde-le. Et éventuellement, mets 0,5 cl d'eau en moins dans ton zhong ou ta théière.
Un vrac est bien sûr plus facile à doser au poids qu'une galette ou un tuo super compressé.


Il me tarde de lire ton article sur les thermomètres.
(Une bouilloire avec thermomètre genre Aquagrad peut aussi être utile.)

Julien

David a dit…

En ce moment, je bois beaucoup de puerh et je te rejoins sur l'importance d'une variation même minime du dosage. Prends la mengku d'Olivier par exemple, si tu la doses à 2.5g, tu n'auras pas la même chose qu'avec 3g. Pour autant, avoir de grandes règles c'est bien (à noter que Philippe ne buvait pas de jeunes puerh cru), mais chaque thé se révèlera différemment en fonction du dosage.

Sinon, pour ton blog, c'est toujours sympa de marquer comment tu as infusé un thé, quel dosage pour quelle quantité. D'ailleurs, je me suis toujours demandé combien faisait ton zhong et maintenant tes théières.

Sinon, attention à l'Aquagrad : très bonne bouilloire mais l'indicateur de température n'est pas très précis.

edp a dit…

Balance et chronomètre ...

De mon côté, il m'arrive d'utiliser la balance, car effectivement le dosage influe réellement, même si j'aime le côté rêve et artiste qui consiste à tenter et, peut-être en sortant des sentiers battus, découvrir d'autres choses (par exemple pour moi les régles de dosages des shus sont très différentes de selon leur risque de développer des saveurs off ou non.

En revanche, je n'ai JAMAIS chronométré, pas même pour les verts ou les blancs.

Etant privé de GFC toute la première quinzaine de juillet, j'ai tenté les infusions à froid en grande bouteille avec dosage pifométrique et infusion durant entre 3 et 12h, stocké à froid ou à température ambiante. Même avec des thés "ingrats", les résultats ont été très agréablement surprenant.

Philippe de Bordeaux a dit…

Chouette ce nouveau " LOGO" et une petite Xi Shi sur le coté qui équilibre le Tout : j'aime beaucoup!

Amicalement à plus...

. PHILIPPE .

Sébastien a dit…

Merci Philippe :) L'ancien bandeau commençait à me sortir par les yeux.

Pour répondre en vrac aux commentaires précédents :
- je n'ai jamais chronométré non plus,
- je ne connais pas les contenances de mes théières / zhong (pas d'outil de mesure adapté, mais du coup avec la balance ça va être facile)
- j'avais bien remarqué la très chouette balance Roberval sur le blog de Philippe mais 1/ je n'en ai trouvé nulle part (sauf des grosses) et 2/ c'est sûrement pas le même budget...
- pour le thermomètre, je plaisantais (à moitié) ;)

Julien ÉLIE a dit…

- j'avais bien remarqué la très chouette balance Roberval sur le blog de Philippe mais 1/ je n'en ai trouvé nulle part (sauf des grosses) et 2/ c'est sûrement pas le même budget...

La balance en question provient de la M3T et, comme tu t'en doutes, vaut le quintuple de la version électronique que tu présentes dans ton article.