3 août 2011

Gan En Lao Banzhang


Petit échantillon from Essence Of Tea, un Gan En "Lao Banzhang" de 2005.
Très belles feuilles, vraiment immenses et peu compressées, d'une couleur de "vieux" puerh (malgré son jeune âge) qui donne soif, et l'odeur va de pair : des effluves de bois nobles et vieillis, des épices, bref, ça me met l'eau à la bouche.


Aorès deux rinçages et une première infusion, j'obtiens une liqueur magnifique, d'une limpidité exemplaire.

En bouche, c'est assez intéressant : à la fois du fruit (lequel ou lesquels ?), du boisé, une vivacité surprenante, et une réelle longueur, qui se diffuse dans toute la zone bouche / nez / gorge...


Au final, c'est très classe, homogène, mais je ne suis pas véritablement "conquis". C'est un (très) bon thé, mais il a comme un goût d'inachevé en ce qui me concerne, un petit quelque chose qui fait que, eh bien, c'est bon, mais c'est tout.

Est-ce le goût "Lao Banzhang" qui n'est pas fait pour moi ? J'ai eu l'occasion de goûter les carrés Cheng Sheng Lao Banzhang 2009, 2010 et 2011, et j'étais également resté un peu sur ma faim (dans une moindre mesure par rapport à ce Gan En).
Le sentiment de boire un bon puerh, mais moins enthousiasmant que d'autres, de la même année, de terroirs moins prestigieux, et également 10 fois moins chers...


J'ai essayé de pousser les infusions, un peu, puis beaucoup, puis de les raccourcir... je ne suis pas parvenu à faire une infusion que je pourrais qualifier de délicieuse, de wahouuuu, ou de parfaite.

Bref, sentiment plutôt mitigé, à relativiser car après tout j'ai peut-être raté la préparation de ce puerh, et puis il était clairement recommandé "for those wishing to know the true taste of old tree Lao Banzhang tea".
Peut-être que les vieux théiers de LBZ ne sont pas faits pour moi ! En tout cas, pas à £120.00 la galette.

1 août 2011

Shu Ya

> Bourgeons de puerh fermentés 2010 (Lan Ting Chun)
> 5 grammes, shiboridashi de Petr Novak (z'avez pas fini de le voir en photo celui-là :)

Ce thé a été présenté par Olivier dans un article consacré à Diguoting, producteur de thé (sous la marque Lan Ting Chun) dans le xian de Yongde (préfecture de Lincang, province du Yunnan). J'ai déjà eu l'occasion de tester 3 puerh bruts de ce producteur (2000, 2007, 2010), et je dois avouer que les versions 2007 et 2010 étaient vraiment excellentes. Des galettes de puerh de très belle facture, qui m'ont donné envie de tester cette "spécialité" de Diguoting, les bourgeons fermentés.

Ces bourgeons sont vraiment splendides, d'une couleur brune/dorée, relativement claire pour un puerh fermenté. S'agirait-il d'une fermentation 'light' ?


L'odeur des feuilles (des bourgeons plutôt) est très fraîche pour un puerh "cuit". Pas fraîche à la manière d'un thé vert ou blanc, mais presque. En effet, derrière une opulente, dense et massive odeur de fermentation, se démarque très nettement ce petit côté frais, vif et aiguisé que l'on retrouve dans des thés d'autres couleurs. C'est un peu déroutant de prime abord.

L'odeur de shu cha est très pesante, mais sans donner non plus dans la caricature côté humide / cave et moisissure. Ceci dit, et ce depuis l'ouverture du sachet, j'ai vraiment l'impression d'avoir sous le nez une grosse composante 'wodui', tout à fait semblable à ce que j'ai pu identifier dans le GuShu d'Essence Of Tea. Je ne sais pas comment ce thé a été stocké avant d'être conditionné dans les sachets qui m'ont été expédiés, mais d'après moi une petite aération ne fera pas de mal à ces bourgeons fermentés. Je peux me tromper, si ça se trouve je fais totalement fausse route sur cette fameuse odeur résiduelle suite à la fermentation (wodui). Mais encore une fois, il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec le GuShu.


Une fois rincé et infusé, ce thé offre une très belle liqueur, relativement claire pour un puerh fermenté. Les parfums sont denses mais toujours "vifs", à la fois dans le registre fermenté mais également épicés et boisés à la manière d'un puerh brut. Les premières infusions ont cette saveur "off" que je relie toujours peut-être à tort à ce fameux 'wodui', mais par la suite c'est vraiment superbe et ça se boit tout seul. Je n'ai acheté que 200g de ce shu cha, c'est peut-être un tort. J'aurais sans doute dû en prendre une plus grosse quantité et placer le tout dans une grosse jarre pour quelques temps (cela dit je n'ai pas de grosse jarre).


Ce puerh fait dans le paradoxe : c'est à la fois très épais, dense et très présent en bouche, mais également léger, limpide et rafraîchissant. La liqueur est douce et soyeuse, très agréable, et ça se boit vraiment tout seul.


La dégustation est pleine de relief : les infusions se suivent mais ne se ressemblent pas, ça évolue, c'est riche, complexe et toujours en douceur, en rondeur. Je suis vraiment ravi par ce thé. Il faut vraiment que je me trouve une jarre ou un récipient quelconque pour laisser reposer et aérer ces bourgeons quelques temps afin de voir si je suis dans le vrai ou pas.

29 juil. 2011

Phoobsering & Shiboridashi


"Darjeeling PHOOBSERING BIO, First Flush 2011, lot 2/11", déniché chez Darjeeling.cz

A vrai dire, l'achat de ce thé était plutôt un prétexte pour faire l'acquisition d'un set shiboridashi du potier tchèque Petr Novák. A peine reçu, je l'ai inauguré avec ce Darjeeling first flush 2011.



Ustensile d'origine japonaise, le shiboridashi est à la base destiné à infuser au mieux les thés japonais les plus précieux (gyokuro...). Il s'agit d'une sorte de bol avec couvercle, strié au niveau du bec verseur afin de retenir les feuilles. Ici il s'agit d'un "set", ce qui signifie qu'une tasse assortie est fournie avec. On peut dire que c'est l'équivalent du gaiwan / zhong chinois. Ce shiboridashi étant émaillé, je vais pouvoir y infuser n'importe quel type de thé, et même si je le destine plutôt aux thés japonais, je l'utiliserai certainement aussi pour des puerh, wulong... et darjeeling !



Ça faisait un bon bout de temps que je reluquais les shiboridashi de Petr Novák, notamment sur le blog de Michal, qui en possède au moins deux, aussi sublimes l'un que l'autre. Lorsque j'ai aperçu celui-ci sur le site Darjeeling.cz, je me suis littéralement jeté dessus à grands coups de clics (ne cherchez pas, il n'y avait que 2 shiboridashi noir "magda", et j'ai pris le plus beau :). Il ressemble en tout point à celui que je rêvais de commander à Petr, à ceci près que ce noir "magda" est légèrement irisé / métallisé : le rendu est un peu plus "sophistiqué" que ce que j'aurais souhaité, plus "travaillé" que l'aspect "terre brute". Il n'en est pas moins magnifique pour autant !


Description de ce darjeeling : "Tea comes from clonal bushes planted at 1370 m altitude. Very bright, greenish liquor with almost cream character, bright flowery and herbal flavour with tones of elderberry bloom and slight resin tones in aftertaste."

Recommandations du site pour l'infusion : "5 teaspoons (15g) per 1l of boiled water, cooled down to about 90°C, steep 2 - 3 minutes".

Après mûre réflexion, je vais infuser 2 grammes de thé dans mon shiboridashi (110ml), 3 minutes à 85°C. En fonction du résultat (et sachant que je n'y connais rien en darjeeling), j'adapterai pour les prochaines dégustations. La température et le grammage ont été faits au pif, j'ai encore oublié mes gadgets électroniques de précision au bureau...

L'odeur des feuilles sèches ressemble bien au souvenir des très rares Darjeeling que j'ai eu l'occasion de boire par le passé : c'est très herbacé, vif voire piquant. L'aspect n'est pas spectaculaire : des feuilles, des tiges, des bourgeons en petits morceaux, mais sur une gamme de couleurs assez variée.


Je remplis donc mon shiboridashi d'eau bouillante, que je transvase au bout de quelques instants dans la tasse. De cette façon, je préchauffe les ustensiles et je refroidis un peu l'eau. Les feuilles sont maintenant placées dans le shiboridashi, il ne reste plus qu'à y ajouter l'eau contenue dans la tasse, puis à attendre.

Cet ustensile est un vrai plaisir à manipuler. Tout d'abord parce qu'il est  beau, et ensuite parce qu'il est extrêmement pratique, surtout comparé à son homologue chinois qui demande tout de même un peu d'habitude. Points forts du shiboridashi vis-à-vis du gaiwan : le bec qui permet un très bon contrôle de la verse (sera surtout utile pour les sencha), et le bord évasé qui évite les brûlures.



Revenons à ce PHOOBSERING (je ne sais pas trop comment ça se prononce d'ailleurs)...
La liqueur est plutôt appétissante : belle couleur, limpidité... En bouche j'ai d'emblée attaque franche, avec une amertume et une astringence bien présentes mais agréables. Je me souviens avoir infusé mes tout premiers darjeeling à 100°C, ce n'était pas vraiment une réussite : amertume et astringence étaient trop envahissantes, écrasaient tous les arômes et saisissaient la bouche de façon trop violente.
Cette liqueur a des parfums très herbacés, on y retrouve aussi des fleurs fraîches (pâquerettes ?). C'est très pur, agréable et frais en bouche. Un goût de sève, de jus d'herbe fleuri avec des pointes de bois, qui reste bien en bouche .


J'ai fait une deuxième infusion (paramètres identiques) qui, bien que tout à fait agréable à boire, était un peu moins riche et moins intéressante.

N'ayant pas de points de repères, je ne saurais me prononcer sur ce Darjeeling. Riche et agréable à boire, relativement long en bouche, il m'a fait l'impression d'un bon thé et j'ai pris plaisir à le déguster, ça me suffit. Quant au shiboridashi de Petr, vous aurez deviné que je suis ravi de mon acquisition !



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23 juil. 2011

Sencha de Kagoshima

Quatrième sachet de la sélection de Florent de 2010, un sencha de Kagoshima (la préfecture à l'extrême sud-ouest du Japon). C'est un sencha de cultivar Asatsuyu issu de la première récolte du printemps 2010.


Le cultivar Asatsuyu est célèbre pour la couleur très foncée de ses liqueurs, leur fort goût végétal et pour leur douceur presque excessive. Enfin bon, je ne fais que reformuler ce que Florent explique sur son site, je n'y connais pas grand chose en cultivar. D'après ce que j'ai compris, celui-ci est assez particulier, et on ne peut pas y rester insensible : on adore ou on déteste.
Cet Asatsuyu de Kirishima sélectionné par Florent est cependant - toujours d'après lui - une entrée en douceur dans l'univers Asatsuyu : il est supposé être doux et léger, et Florent conseille à ce titre de l'infuser un peu plus fortement. Bon, il est maintenant temps de l'ouvrir, ce sachet !


Les petits fragments de feuilles renfermés par le sachet indiquent clairement qu'il s'agit bel et bien d'un fukamushi sencha, autrement dit un sencha "très" étuvé, donc davantage manipulé, et au final : beaucoup de miettes. On retrouve tout de même des feuilles plus grandes dans une gamme de verts assez sombres, rehaussés ici et là par une quelques brindilles ou bouts de feuilles d'un vert beaucoup plus clair et lumineux.

L'odeur dégagée par les feuilles sèches est de premier abord très végétale, presque "marine" / iodée. En réchauffant doucement les feuilles avec son souffle, le parfum de la douce torréfaction vient s'ajouter à la grosse dominante verte : le rendu global est vraiment intéressant. Ca me fait un peu penser (de mémoire, il faudrait vérifier) au Nori, les feuilles d'algues utilisées pour faire des makis...

4 grammes de feuilles dans ma théière, de l'eau bouillie quelques instants, et c'est parti pour l'infusion 1 (80 ml / 75°C / 70 secondes). Liqueur d'un très beau vert profond et lumineux, assez surprenante en bouche : à la fois très douce mais pourtant dotée de parfums presque "anguleux", très précis. J'ai une impression de mélange de douceur, d'amertume et d'un petit quelque chose de salé, le tout sur une texture relativement épaisse. La dominante végétale est une vraie réussite. N'ayant jamais mangé de fèves, je suis bien incapable de me prononcer sur le fameux goût de fève de cet Asatsuyu. En revanche, le petit goût de haricot, je l'ai bien repéré.


Infusion 2 à un peu moins de 75°C, la plus courte possible (ce qui signifie au moins 30 secondes car les miettes de feuilles ont une fâcheuse tendance à boucher le filtre de ma théière). La liqueur est beaucoup plus trouble, d'un splendide vert foncé. Toujours aussi intéressant en bouche. Contrairement à ce que j'ai pu lire à propos de ce cultivar Asatsuyu, je ne trouve pas que le rendu soit "douceâtre", loin de là : cette deuxième infusion m'a beaucoup plu par sa franchise, sa fraîcheur et sa vivacité, et j'ai apprécié une certaine rugosité (texture chargée), ainsi qu'une assise solide propice à l'installation d'une bonne longueur en bouche.




L'aspect de ce genre de liqueurs (très troubles et pleines de particules formant une sorte de vase dans le fond de la tasse) est maintenant un peu moins déroutant pour moi, et à vrai dire peu engageant pour un néophyte, mais une fois en bouche, on a vite fait de les adopter pour de bon. Je dois tout de même avouer que j'ai plutôt tendance à jeter les dernières gouttes... c'est purement psychologique.


Infusion 3 (entre 75 et 80°C, 1'30) : même dynamique, même texture que l'infusion 2, mais en moins parfumée, un peu moins séduisante, et encore plus trouble : je ne distingue presque plus le fond de la tasse ! Bien que toujours agréable à siroter, cette troisième infusion était peut-être de trop. En même temps, je me connais : je suis certain que je ne pourrais pas me résoudre à ne faire que deux infusions avec ce sencha. Je ferais donc varier légèrement les paramètres d'infusion lors des prochains essais avec ce thé pour essayer d'obtenir une "bonne" troisième liqueur.


Encore un très bon sencha de la sélection de Florent pour Thés du Japon, je m'attendais à quelque chose de très doux voire douceâtre, ce n'est pas le cas (en tout cas à mon goût et infusé comme je l'ai fait). C'est un thé frais et subtil, bref, encore un thé qui me plaît beaucoup. Moins facile d'accès - en ce qui me concerne - que les sencha / tamaryokucha précédents, je le boirai tout de même avec beaucoup de plaisir.

22 juil. 2011

MLLJ#4/4PCT


Suite et fin de ma série "Les Long Jing de Maître Luo, dénichés par Tim de Postcard Teas" : aujourd'hui, encore un "West Lake Long Jing", mais de haute montagne. Torréfié le 9 avril 2011 par Maître Luo, ce Long Jing est issu de théiers de 200 ans situés sur la montagne Wu Yun, le point culminant du secteur du Lac de l'Ouest (Xī Hú).


Les feuilles de ce quatrième et dernier opus diffèrent (d'aspect) sensiblement des précédentes, mais je ne saurais dire exactement en quoi. Je ne pousserai pas le vice à les photographier côte à côte. Elles sont également superbes, et leur parfum va avec : encore de la douce torréfaction, gourmande et presque pâtissière, mêlée à du végétal de très belle facture.

Dans le zhong préchauffé, la torréfaction est différente : presque portée sur les céréales grillées, limite café + un soupçon de malt. Ajoutez une dose de verdure, c'est enivrant.


Presque 3g de feuilles et une grosse minute d'infusion à 75°C plus tard, j'ai obtenu une liqueur aussi belle que pour les échantillons précédents. Des parfums francs : de la noix/noisette, des céréales, du végétal vert, le tout d'une douceur exceptionnelle. Ici pas de vivacité "herbacée", mais une rondeur fantastique, et une longueur terrible.
Légère pointe d'acidité mais côté agrumes cette fois-ci, aucune astringence ni amertume.


Infusion 2 : 80° et une minute et demis : la composante torréfaction / céréales prend le dessus par rapport au végétal, mais d'une superbe manière. La liqueur est parfaite, un vrai délice. Toujours en fin de bouche une fraicheur plutôt portée par un côté agrume que herbacé / vert.


Troisième tour (75°C / 2 minutes) : relativement semblable à la précédente, l'écart se creuse encore entre la torréfaction et le reste, et les parfums déclinent. Peut-être la troisième infusion qui m'a le moins plu parmi les quatre Long Jing de Maître Luo.

La quatrième, très poussée, tient encore franchement la route mais fait encore davantage ressortir la torréfaction.


J'ai eu une nouvelle fois la chance de déguster un superbe Long Jing, même si ce n°4 n'est sans doute pas celui que j'ai préféré dans cette série d'anthologie. Si je devais faire un classement, je mettrai certainement le 1/4 en premier. Pour le reste, difficile de départager ces thés d'exception... Je dirais qu'il faut en avoir un peu de chaque, pour varier les plaisirs.

Encore un énorme merci à Tim de Postcard Teas pour son accueil et sa gentillesse, et pour avoir su dénicher ces 4 petites merveilles de Long Jing. Ça va être difficile de trouver mieux... Au moins, je n'aurais pas à me poser de question au printemps prochain si je veux me procurer du très bon Long Jing, je saurais où me fournir !

21 juil. 2011

MLLJ#3/4PCT


Troisième volet de ma série "Les Long Jing de Maître Luo, dénichés par Tim de Postcard Teas" : aujourd'hui, encore un "West Lake Long Jing", mais torréfié le 7 avril 2011, toujours produit à partir des arbres anciens situés derrière la maison de Maître Luo.
Concrètement, ce thé est identique à celui d'hier, sauf qu'il a été torréfié (et donc sans doute également récolté) 2 jours plus tard.


Les feuilles sont nickel : aucune brisures, aucun déchet. L'odeur se rapproche davantage de celle du MLLJ#1/4 : moins "fraîche" qu'hier, plus enrobante, plus "torréfaction moelleuse" qu'à dominante herbacée. C'est fou qu'à 2 jours d'intervalle, on puisse à ce point détecter des différences ne serait-ce qu'au niveau des feuilles sèches. Dans le gaiwan préchauffé, c'est d'une richesse incroyable, bien que la torréfaction prenne ici le dessus sur les superbes parfums offrets par ce thé.


La première infusion est déjà très longue en bouche, d'un vert clair assez pâle et brillant, tirant sur le jaune. Moins vive et "printanière" que celui d'hier, plus axée sur le velouté d'une noix cuite presque sucrée, la première infusion de ce troisième Long Jing est digne de ses confrères. Du beau, du bon Long Jing. Je pense que je vais avoir du mal à reboire des Long Jing "basiques" par la suite...


La deuxième infusion est en tout point aussi parfaite que la première, à ceci près qu'une très légère acidité fait son apparition (infusion un peu trop poussée ??). C'est la première infusion sur les 3 Long Jing de Maître Luo qui laisse transparaître cette composante, très largement répandue dans de nombreux Long Jing que j'ai pu goûter auparavant. Ici elle n'est pas désagréable et ne perturbe pas l'harmonie de l'ensemble, mais à vrai dire je préfère sans. Bon, à ce niveau-là, c'est vraiment un infime point de détail (et qui plus est un goût personnel), mais maintenant que j'ai des goûts de luxe, je peux me permettre de faire le difficile :)


La troisième infusion, pourtant bien plus poussée que la n°2, ne laisse plus du tout apparaître cette petite note acide. La liqueur est très parfumée, bien structurée, et a trouvé une vigeur en bouche que je n'avais pas perçue lors des 2 premières infusions. Si ce n'est pas la perfection, on s'en rapproche. Les parfums sont toujours bien présents, toujours dans les fruits à coques grillés, un soupçon de minéralité, une texture souple et dense, qui accroche bien le palais et qui permet à l'ensemble de l'arrière-goût de s'éterniser en bouche. Bref, c'est très bon, ultra élégant, très réussi quoi.

Même ma quatrième infusion m'a paru très bonne, sans doute en grande partie grâce à la très bonne longueur des précédentes. Toujours pas rassasié malgré l'orgie de Long Jing de ces derniers jours (c'est presque indécent de boire d'affilée autant de petites merveilles), j'ai fini par bouloter quelques feuilles.

20 juil. 2011

MLLJ#2/4PCT


Deuxième épisode de la série "Les Long Jing de Maître Luo, dénichés par Tim de Postcard Teas" : aujourd'hui le "West Lake Long Jing" torréfié le 5 avril 2011, produit à partir des arbres anciens situés derrière la maison de Maître Luo.

"Master Luo's 5/4/2011 West Lake Long Jing was fired on the 5th of April from ancient tree tea picked from trees behind Master Luo's house. Fresh sweet and spring like, this Long Jing is an example of China’s greatest green tea by the country’s most famous young Tea Master. To enjoy brew with boiled water that has been cooled for a couple of minutes."


Je sais pas vous, mais moi ça me fait saliver d'avance. Je suis prêt à parier que ce Long Jing va être au moins aussi bon que celui d'hier et je suis impatient de m'en délecter et de le comparer avec son prédécesseur.

Les feuilles sont un peu plus "cassées" que l'échantillon d'hier : quelques brisures, des bourgeons endommagés, mais rien de dramatique comparé à ce que j'ai déjà pu observer sur d'autres Long Jing par le passé...
L'odeur est plus fraîche, plus printanière, et colle tout à fait à la description de Postcard Teas. La torréfaction est toujours aussi douce, enveloppante et suave.


Infusion 1 (1 minute, environ 80°C) : d'emblée, la perfection. Rien à redire, si vous voulez boire un perfect Long Jing, vous pouvez y aller les yeux fermés. Plus vif et plus frais que le précédent, il est en contrepartie sans doute un peu moins complexe et parfumé, mais c'est un vrai bonheur en bouche. Aucune note parasite, une homogénéité parfaite, vraiment excellent. Le végétal se fait ici davantage herbacé que châtaigne, et cela renforce l'impression de fraîcheur bienfaisante.


Infusion 2 : une grosse minute, un peu plus de 80°C (au jugé, mon thermomètre est resté au bureau avec ma Tozo :). Le résultat est presque aussi bon que pour la première liqueur. Presque car si cette seconde liqueur est toujours aussi parfaite, je note une légère baisse des parfums. La longueur en bouche est également moins spectaculaire que pour le Long Jing d'hier. J'ai l'impression que la fabuleuse fraîcheur de ce Long Jing a des contreparties...

Infusion 3 (2 minutes, même température) : c'est toujours très bon mais je ne retrouve pas la claque de la première infusion. Je dirais que ce thé est plus "explosif" : une première infusion irréprochable (je ne m'étends pas, aligner les superlatifs serait un peu barbant à lire), mais une endurance moindre associée à des parfums moins spectaculaires.

Je vais tout de même nuancer mon propos : j'ai opéré un peu au jugé ce soir, et cela a dû jouer un peu lors de la préparation de ce thé. Peut-être qu'une eau trop chaude a épuisé les feuilles trop rapidement au cours de la première infusion, d'autres essais confirmeront ou pas cette première dégustation.


J'aurais beaucoup de mal à choisir entre ces deux premiers Long Jing (de toute façon celui que j'ai dégusté hier n'est plus disponible) : deux styles différents, deux thés verts d'exception. Pour vous donner un ordre d'idée, la quatrième infusion réalisée ce soir avec ce Master Luo's 5/4/2011 West Lake Long Jing au moins aussi bonne que la première infusion d'une bonne partie des Long Jing que j'ai pu boire jusqu'à présent...

Note : ne pas trop se fier aux couleurs sur les photos (mix lumière artificielle / naturelle), le rendu n'est pas terrible...