2 janv. 2011

Tie Kuan Yin torréfié


Deux petits grammes d'un Tie Kuan Yin torréfié (printemps 2008, Fujian), celui proposé par Stéphane sur son site.

Les wulong torréfiés ne sont pas ceux que j'affectionne le plus, c'est un euphémisme. Les feuilles de celui-ci, assez petites, dégagent sans surprise un très fort parfum de torréfaction. Il y a certainement des nuances que je ne perçois pas, je dois dire que j'ai beaucoup de mal avec ces notes de grillé.


J'ai infusé ce thé en zhong, seulement trois fois mais sur des durées assez longues car je n'en avais que 2 grammes.
Je ne sais pas si c'est dû à ce mode d'infusion (peu, mais longtemps), mais je dois avouer que ce TKY torréfié a presque failli me réconcilier avec les wulong grillés.
Pour une fois, cette note de torréfaction - pourtant extrêmement présente et envahissante - ne m'a pas saisi la bouche de manière désagréable. Plus subtile, moins "cramée", cette note a également laissé d'autres arômes s'exprimer (chocolat, quelque chose de lacté ou beurré, noisettes grillées...).



Ce qui m'a le plus agréablement surpris, c'est que malgré des infusions longues, la liqueur est restée relativement douce. La note de torréfaction, puissante, ne s'établit pas en bouche avec force : pas d'amertume, pas d'astringence, pas de liqueur "chargée". Le thé reste très pur, presque naturel, et étonnamment doux malgré cette écrasante note de torréfaction.

Ce n'est toujours pas le type de thé que je bois avec grand plaisir, mais je dois bien avouer que ce Tie Kuan Yin torréfié est très bon. Pas à mon goût, mais comparé à d'autres TKY "antiques" ou multi-torréfiés, y'a pas photo, celui de Stéphane est le seul - pour l'instant - qui a failli me réconcilier avec cette famille de thés.


Merci à Nicolas pour l'échantillon !

23 déc. 2010

Bonnes fêtes !


Certainement le dernier billet de 2010, juste pour vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d'année, rendez-vous en 2011 !

21 déc. 2010

Tuo n°15


Un nouvel échantillon de la M3T, le Tuo 15 (un shu cha de 1994). Merci à Julien pour ces 3,5g de thé !

L'échantillon est bien représentatif des tuocha, c'est à dire ultra-compact, et qui ne laissera sans aucun doute pas l'ombre d'une chance de retrouver un morceau de feuille intact.

Rinçage rapide.

#1 (10") : déjà relativement parfumé, typique shu cha mais sans le relief ni les épices des meilleurs shu de la M3T. Mais bon, pour une toute première infusion (les blocs sont encore entiers dans le zhong) c'est plutôt prometteur.

#2 (10" itou) : davantage de corps, liqueur plus foncée. Toujours pas le côté magique des vracs 15, 16 & 22 (dont je finis peut-être par idéaliser le souvenir), mais réellement un très bon shu cha. Se déguste avec délectation et force slurps de contentement.


#3 (20") : un peu plus fade, je vais augmenter les durées d'infusion, ne serait-ce que pour déliter un peu ces blocs de tuo.

#4 (1') : je ne parviens pas à retrouver la même qualité que lors de la deuxième infusion. La faute aux morceaux de thé qui sont toujours intacts ?

#5 (2') : revoilà les arômes en force, les blocs commencent seulement à s'émietter. Toujours inférieur (d'après ma mémoire) aux grands crus précédemment cités, ce tuo n'en est pas moins fort agréable à déguster. Quand même un petit manque de relief, une palette aromatique moins étendue et moins vigoureuse, mais un bon shu tout de même !


#6 à 15 (3 à 12') : pas grand chose à ajouter, je vous épargne les redites : très bon, mais pas autant que d'autres shu de la Maison.
Lorsque les infusions sont très poussées, la liqueur reste très pure, ne se "charge" pas et conserve une bonne souplesse en bouche. En revanche, toujours pas ce petit côté boisé parfumé / épicé qui me ravit toujours dans les shu cha. La conséquence, c'est une tenue en bouche et un arrière-goût moindres, compensés tout de même par une très belle rétro-olfaction.


Les "feuilles", à mi-parcours.

Haiwan Pa-Sha 2010


Échantillon de la galette Pa-Sha 2010, produite par la firme Haiwan à partir de vieux arbres de la montagne Mong Pa Sha.

Beaucoup, beaucoup de brisures pour cet échantillon. Les feuilles sèches délivrent une odeur relativement puissante et proposent des arômes plutôt attirants.

Rinçage, première infusion d'une dizaine de secondes. La liqueur obtenue est très chargée, assez trouble et je retrouve avec stupeur une odeur qui m'a beaucoup marqué, celle du mini-tuo parfumé au riz, le fameux Nuo Mi Xiang, celui-là même qui m'avait vraiment, vraiment déplu. Et voilà que cet échantillon de Pa-Sha fait resurgir ce souvenir désagréable : je retrouve bien le goût et l'odeur de ce mini-tuo dans ma liqueur, en beaucoup moins puissants bien sûr, mêlés aux parfums caractéristiques d'un bon sheng cha, mais il m'est impossible de passer outre cette sensation...


Étrangement, cette note qui m'horripile tant va disparaître rapidement : après 2 ou 3 infusions supplémentaires, elle a complètement disparu pour laisser place à une liqueur beaucoup plus limpide (bien qu'encore assez soutenue au niveau de la matière) et davantage à mon goût. Bizarre...


Sans être le meilleur des pu erh bruts de l'année 2010 que j'ai eu l'occasion de boire, ce Pa-Sha - si je fais abstraction du phénomène "Nuo Mi Xiang" - tient plutôt bien la route : complexité aromatique satisfaisante, arrière-goût assez puissant mais pas non plus brutal, endurance...

Difficile cependant d'occulter totalement ce qui s'est passé lors des toutes premières infusions : ce goût non identifié que je déteste tant, et dont j'aimerais bien connaître la provenance...
Par quel mystère s'est-il retrouvé dans cet échantillon ? Mystère...
Est-ce lié au séjour de l'échantillon dans une enveloppe ? Au fait que les feuilles ait été relativement endommagées ? Au dosage ?


Bref, un mystère de plus.

19 déc. 2010

Zheng Shan Xiao Zhong

Pour en avoir lu plusieurs échos (ici, là ou encore là et là), il fallait vraiment que je goûte un de ces Zheng Shan Xiao Zhong. C'est aujourd'hui chose possible grâce à cet échantillon, dont vous pourrez découvrir la provenance ici.


Les feuilles sèches, assez petites,dégagent une discrète odeur de fumé. Beaucoup plus délicate qu'un Lapsang Souchong, moins "envahissante" mais bien présente.
Zhong, rinçage, infusions.


Une fois la liqueur en bouche, les notes fumées se révèlent discrètes. Pour moi ça ressemble davantage à un thé rouge qu'à un thé fumé. Surtout qu'au fil des infusions ce côté "fumé" s'estompe. La liqueur demeure plaisante, ronde et gourmande, avec une belle diversité aromatique (bois, malt, mais aussi un petit quelque chose de "tannique" qui me rappelle certains vins rouges) qui tient relativement bien la longueur.

Verdict : très agréable à boire, situé à la croisée des thés rouges et fumés, ce Zheng Shan Xiao Zhong brouille un peu les pistes mais se sort plutôt pas mal de cet exercice d'équilibriste.


18 déc. 2010

Fonte & pâte


Petit billet qui sort de l'ordinaire : des photos de ma tetsubin (l'intérieur) et un deuxième test de la pâte de pu erh (Cha Gao) de Wang.



Pour le Cha Gao, j'ai dosé davantage que la fois précédente. Ça a donné quelque chose de très fort : pas vraiment de l'amertume, pas tout à fait de l'astringence, ni de l'acidité, mais un mélange des trois. Niveau goût, il est difficile de retrouver dans cette liqueur les caractéristiques d'un pu erh, brut ou fermenté. A l'odeur oui, il y a un air de famille avec le pu erh cru, mais c'est tout.
Honnêtement, c'est pas terrible. Est-ce parce que c'était un coup d'essai pour Wang ?


L'intérieur de ma tetsubin est pas mal rouillé, elle ne date pourtant que de 2004.
Je m'en suis servi ce matin pour préparer un Anji Bai Cha, un délice.







16 déc. 2010

Wang, encore


Encore un thé de la famille Wang, basée dans le village de YiWu lui-même situé dans la montagne du même nom (voir du même producteur : Or violet et Cha Gao).


C’est une galette de pu erh brut pressée en seulement deux exemplaires, avec des feuilles d’automne 2010. Les feuilles en question ont été achetées par Wang sous forme de maocha à un petit producteur qui se situe dans la même montagne, mais dans le village de San He She. Les théiers en question sont des vieux arbres, je n’ai pas plus de précision : vieux arbres sauvages ? vieux arbres d’une plantation ? vieux comment ?
Je remercie Olivier pour le « yiwu-sourcing » de cette galette. C’est en effet lui qui a donné carte blanche à Wang (qui n’avait plus de maocha de ses propres arbres) pour trouver le meilleur maocha du coin et en presser deux galettes.

Déballons.




La qualité de cette galette saute aux yeux : riche en bourgeons, travail des feuilles, mélange des couleurs, pressage... L'odeur n'est pas spectaculaire mais assez agréable, il s'agit quand même d'un pu erh qui n'a que quelques semaines (bien que cela ne veuille pas dire grand chose...) !

Les quelques feuilles que je vais infuser, très facilement extraites de la galette :


Un pu erh assez singulier lors des premières infusions : une liqueur très pure, souple et parfumée, sans aucune astringence ni amertume. Très végétale, peu boisée, peu épicée, vraiment très douce. Je n'y ai pas retrouvé la puissance des jeunes pu erh que j'ai déjà bus, mais plutôt une gamme d'arômes toute en finesse qui participe à l'élaboration d'une liqueur très agréable en bouche.


Au bout de cinq ou six passages, le thé évolue vers un rendu beaucoup plus typé "jeune sheng", avec toujours cette extrême douceur (typique YiWu ?). Vraiment délicieux, un modèle de pureté et de douceur (je me répète là, non ?).


Bref, une très belle galette, un très bon pu erh qui, d'ici quelques mois, aura eu le temps de se "poser" un peu et qui n'en sera certainement que meilleur.