10 mars 2011

Pu erh 2009 - Terre de Chine


Voici la deuxième galette reçue très récemment de Terre de Chine :

Description : province du Yunnan, district du Lin Cang. Théiers sauvages âgés de 500 ans, en quantité limitée donnant au final un goût équilibré d’une grande finesse. Galette de 200 gr en coffret millésimé.

Il est beau hein, mon coffret millésimé ! Cette galette est (beaucoup) plus chère que la précédente, c'est pour ça que la boîte en carton est noire, ça fait plus classe, surtout avec la typo argentée. A ce prix-là, je l'ai prise en photo :)


Des points communs et de grosses différences avec la galette 2010. Les points communs, c'est cette surface un peu irrégulière, la présence de tiges, de feuilles jaunes et de brisures, et la très faible compression (manipuler la galette suffit pour que de nombreuses feuilles se détachent d'elles mêmes).

La grosse différence, c'est la couleur. Cette galette 2009 est beaucoup, beaucoup plus foncée. Est-ce dû à l'année de maturation qui les sépare ou bien à l'âge et/ou la variété des théiers ? Il est tout de même peu probable que les feuilles aient changé de couleur à ce point en si peu de temps.



Ce coup-ci j'ai pris soin de photographier le nei piao, on sait jamais, des fois qu'un lecteur capable de déchiffrer le chinois puisse y trouver des infos intéressantes... (tu peux cliquer la photo, Olivier, ça s'agrandit).


La photo suivante est très parlante : juxtaposition de 2 crus du même terroir, qu'une seule année sépare... dans la récolte, mais que plus de 400 ans oppose dans l'âge des arbres !
Vu que j'avais les deux galettes déballées, j'en ai profité pour approcher mon nez : l'odeur de la 2009 est nettement plus boisée et incisive que sa p'tite soeur, plus douce et végétale. La 2009 est également davantage parfumée (comprendre : parfums plus "forts") et exempte de l'odeur de papier qui me déplaisait un peu hier (papier d'emballage à revoir pour la 2010 ?).


Toujours aussi facilement, j'ai pu prélever quelques feuilles pour cette première dégustation. Je reviens sur la couleur des feuilles, j'ai tout de même rarement rencontré des feuilles aussi foncées sur un pu erh aussi jeune. Une explication ?


Dans la théière préchauffée, c'est étrangement boisé, un-peu-fumé, et ... fruité (agrumes ?)...

Double rinçage express, infusions...

Liqueur très pâle, et pourtant loin d'être insipide.

C'est... particulier mais vraiment pas insipide :

- du végétal, mais du végétal très vert c'est à dire comportant presque des tendances iodées
- du bois fumé (léger)
- des épices (poivre ?!)
- du fruit - sucré - tendance wulong à la sauce Da Hong Pao & Cie...

Bref, c'est plutôt déconcertant, et du coup je me souviens très bien du Lincang 2004 de cette maison, qui m'avait laissé pour le moins perplexe. Y'a clairement un air de famille, comme qui dirait.

La nuance, c'est que cette galette 2009 a davantage un "goût de pu erh". Un pu erh étrange, mais plutôt harmonieux dans l'ensemble. Vraiment rien à voir avec celui d'hier.
C'est ça le goût des théiers sauvages multi-centenaires du Lincang ?


J'ai quand même un problème avec l'arrière-goût : un croisement entre une fin de bouche de wulong torréfié, un thé vert mal infusé et un pu erh qui ne parvient pas à prendre le dessus. Honnêtement, je suis pas fan.

Hormis ce "finish" un peu troublant, ça tient debout. C'est pas mon pu erh préféré ça c'est sûr, mais la liqueur est belle, bien présente et agréable en bouche, les arômes sont là, etc...
Vraiment particulier, mais pas mauvais.

Peut-être que ce pu erh nécessite un dosage ou un mode d'infusion particulier ??

Peut-être qu'il faut que je m' "habitue" à ce pu erh si particulier ?

Le pire, c'est que je ne peux même pas me raccrocher à l'idée que dans 5 ans il sera excellent (ou davantage à mon goût), vu le souvenir que j'ai de la version 2004 !


Au fil des infusions, les choses qui me "gênent" dans ce pu erh s'estompent, pour laisser place à quelque chose de plus classique, de bon, mais qui ne m'enthousiasme pas outre mesure...

Je pourrais presque conclure ce billet comme pour la version 2004 dont j'avais eu un échantillon : "je n'ai rien compris à ce thé". La différence, c'est que là je vais avoir la possibilité de le tester autrement (plus ou moins dosé...).

36 commentaires:

David a dit…

En tout cas, c'est l'une des plus jolies galettes que j'ai vu, du moins tes photos la mettent très bien en valeur. Ces feuilles marrons foncées mêlées à d'autres jaunes vertes, voire tirant sur le rouge, c'est superbe !

J'ai goûté cette galette mais ça fait vraiment trop longtemps pour que je m'en souvienne... Je ne me souviens pas m'être dit qu'elle valait son prix, mais à l'époque j'y connaissais pas grand chose... ^^

Tiens, j'ai acheté 3 petits carrés à mon vendeur local qui propose des produits Terre de Chine. J'essaie ça demain.

Philippe de Bordeaux a dit…

Cher Sébastien,

C'est la première fois que je vois un pu erh sheng si jeune aux feuilles si foncées!Intéressant.
Au début j'ai cru que photographe Seb avait abusé du contraste!
Nous aurons certainement une explication détaillée d'Olivier.
C'est comme si le Mao Cha avait été "fumé";mais bon quand on voit la brillance or de la liqueur on se dit qu'il doit y avoir une corrélation entre Théiers sauvages 500 ans et ces feuilles si étonnamment sombres et belles.

Au plaisir; tu pourras la décortiquer et la garder cette fois.

. PHILIPPE .

Nicolas a dit…

Heu,...là,... j'ai les sens en éveil à voir tes photos... Elle me donne une bonne impression.

Vivement que je la goûte celle-ci :)

Faut voir si le prix est justifié, elle a l'air vraiment très bien.

Nicolas

edp a dit…

Des belles feuilles visiblement. J'ai bien apprécié la chère de 2007.

Cependant une chose m'interpelle : s'il est vrai que TdC achète toute la production pour faire faire de manière exclusive ses PROPRES galettes, pourquoi ne pas mettre une traduction du nei piao en français ou au moins en anglais, parce que la boutique est en France. J'avoue que je n'ai jamais cru à ces arguments commerciaux, de quelque boutique que se soit d'ailleurs. Ce nei piao juste en chinois me fait penser au truc classique, la galette (qui peut être au demeurant très bonne) achetée toute faite où l'on met son propre emballage. Ca se fait sans problème, même pour un particulier. Sinon je ne vois aucune raison de ne pas traduire le ticket si on le produit.

Olivier a dit…

Ah ça se millésime aussi les coffret (j'ai pas trouvé de blog sur le vieillissement du carton)? Non mais c'est quoi un coffret millésimé, un coffret avec une date dessus? Trop fort je vais mettre des dates partout et vivrais dans un monde millésimé :)

Le nei piao dit surtout une chose intéressante, que les feuilles viennent de Bai Yin Shan (enfin ! :) ), parce que non Lincang n'est pas un terroir mais une des trois régions productrices de puerh, et contient un certains nombre de terroirs et montagnes bien distinctes. Après, vieux arbres sauvage de la foret, fabrication traditionnelle, feuilles sombre (on avait remarqué), un peu grasses (Yo en chinois, ça devrait dire qq chose à Sébastien ;) ), une descriptions des aromes et sensations, et en final que c'est bon pur éviter le cancer, maigrir et vivre longtemps.

Bon sinon moi ce qui me marque en premier sur tes photos c'est pas les feuilles noir/violettes (ça t'as pas mis la puce à l'oreille ces teintes en retouchant tes superbes photos?) mais plus les feuilles jaunes.

D'abord, et comme la version 2010, y'en a vraiment beaucoup (dans un bon maocha elles sont enlevées)... alors deux choses l'une, soit TDC a vraiment une position singulière et aime particulièrement le goût donné par les feuilles jaunes, soit ils achettent du maocha bas très peu trié (et donc bien meilleur marché)...

Maintenant dans le cas de la 2009 ce qui est intéressant c'est bien le contraste entre ces feuilles jaunes et les autres... qui répond largement à vos questions: si la couleur sombre des feuilles noires était du à un vieillissement (accéléré) ça aurait touché les jaunes aussi... et donc... les feuilles sombres l'étaient bien dès le début... et viennent donc probablement de l'arbre (ou du traitement)...

Mais par contre vu que tu as un certain nombre de galettes provenant d'arbres agés, tu remarquera que les feuilles ne s'assombrissent pas en fonction de l'age de l'arbre et que donc ce ne sont pas "450 années" qui séparent ces deux thés...

Maintenant il me semble par contre que tu as deux tong de puerh chez toi, d'un thé dont tu as déjà parlé sur ton blog... et dont les feuilles pourtant toutes fraîches sont au moins aussi sombres (et proviennent d'abres de 50 ans)... thé précisément appelé localement "thé gras" du au coté luisant des feuilles ;)

Bref c'est bien dans la variété de l'arbre qu'il faut chercher le coté obscur de ces feuilles (possiblement résultant d'une pigmentation d'anthocyane)... et si on en crois l'age annoncé issues donc d'une mutation naturelle du Camélia.

Celà, plus ce que tu notes dans ta dégustation, quelque chose de très différent, perturbant, "étrangememnt boisé", "un peu fumé", (tu aurais noté qq chose d'un peu frais et fruité, presque citronné ça m'aurait pas étonne) peut largement nous laisser penser qu'il s'agit en effet cette fois d'arbres sauvages venant de la foret (ce qui en plus se trouve pas mal à Lincang), ou de jardins anciens issus de bouturage de ces derniers...
(Dans ce cas d'ailleur, le coté fumé, qui est généralement évité à moins que l'on aime vraiment ça, résultre d'un tri trop rapide/partiel de matériau d'arbres sauvages, notamment les petites branches que du dois avoir dans la galette...)

Olivier a dit…

Généralement quand un thé est annoncé sauvage, soit c'est commun, dans ce cas tu peux être sur qu'on t'as refourgué une casserole et que c'était du pur argument commercial pour nigaud, soit c'est dans la lignée d'un puerh mais de grande qualité, dans ce cas c'est probablement des arbres de vieille plantation vendu comme sauvage par abus de language, soit c'est comme dans ce cas déroutant, étrange (et souvent pas génial), souvent citronné et très doux, parfois un peu fumé, avec des feuilles qui peuvent en effet être très sombres... dans ce cas là tu as de grandes chances que ce soit un arbre sauvage!

Désolé pour la longueur mais on m'y a presque invité ;)

(Et garde bien la boite surtout. ça vaudra peut être de l'or un jour ;) )

Olivier

Sébastien a dit…

rhââ super ! merci Olivier pour toutes ces infos ! Je prends le temps de relire/digérer tout ça et je reviens.

David a dit…

Vraiment très intéressant toutes ces remarques Olivier. Avoir autant d'info est vraiment une chance !

Si des gens achètent cette galette ou la goûtent, ce serait bien de revenir sur ce post pour donner leurs impressions.

Sébastien a dit…

Bon du coup grâce à la traduction d'Olivier, j'ai maintenant la certitude que c'est bien un thé violet. J'avais fait la remarque pour la version 2004 de ce thé, mais je ne sais pas pourquoi, dans ma tête, les théiers violets étaient forcément plus jeunes. Je n'avais pas envisagé l'hypothèse que cette mutation naturelle pouvait dater de plusieurs centaines d'années. Mais oui, Yo Cha, ça me parle :)

Pour ces petites feuilles jaunes (plus visibles ici et sur la 2004 que sur la 2010 car contrastant davantage avec les feuilles foncées), je ne sais pas trop quoi en penser. Un parti pris ? Est-ce que cela apporte vraiment un goût différent ? Sûrement, sinon je ne vois pas pourquoi tout le monde - sauf Terre de Chine - se fatiguerait à les enlever (à part pour des considérations esthétiques). J'essaierai de faire une infusion SANS les feuilles jaunes, ça pourrait être intéressant (ou pas).

"Celà, plus ce que tu notes dans ta dégustation, quelque chose de très différent, perturbant, "étrangememnt boisé", "un peu fumé", (tu aurais noté qq chose d'un peu frais et fruité, presque citronné ça m'aurait pas étonne) peut largement nous laisser penser qu'il s'agit en effet cette fois d'arbres sauvages venant de la foret (ce qui en plus se trouve pas mal à Lincang), ou de jardins anciens issus de bouturage de ces derniers... (Dans ce cas d'ailleur, le coté fumé, qui est généralement évité à moins que l'on aime vraiment ça, résulte d'un tri trop rapide/partiel de matériau d'arbres sauvages, notamment les petites branches que du dois avoir dans la galette...)"

> oui oui, j'ai bien noté un côté "agrume", les p'tites branches dans la galette, j'ai aussi !

Faut-il conclure que c'est bien un pu erh issu d'arbres "violets" sauvages et anciens, mais que le boulot a été un peu bâclé ? Impasses sur le tri = feuilles jaunes + côté fumé + branches/tiges ? Quel dommage ! M'enfin, pour rattrapper le coup, y'a quand même le coffret millésimé ;)

Faut-il également comprendre que les vieux arbres sauvages donnent - souvent - des résultats pas folichons, ou pour le moins étranges ? Personnellement, ce goût bien typique de la 2009 déjà rencontré dans la 2004 ne m'enchante pas plus que ça. Le mélange pu erh (boisé) / fumé / fruits doux / sucre / agrumes / iode / wulong est à mes yeux loin d'être un modèle du genre, en tout cas c'est pas ce que je préfère dans les thés du Yunnan (et de loin).

En fin de compte, je croyais avoir compris mais au contraire c'est de plus en plus nébuleux... D'où vient ce goût si particulier ? Une spécificité de ce terroir de Bai Yin Shan ? Une caractéristique des théiers vieux-sauvages-et-violets ? Un rendu spécifique à la production (choix du matériau / tri / pressage / coffret ;)... ?

"Désolé pour la longueur mais on m'y a presque invité ;)"

Aucun souci, bien au contraire ! Et d'ailleurs mon invitation était plutôt explicite :)

David : "Vraiment très intéressant toutes ces remarques Olivier. Avoir autant d'info est vraiment une chance ! Si des gens achètent cette galette ou la goûtent, ce serait bien de revenir sur ce post pour donner leurs impressions."

Oui, une vraie chance ça c'est certain. Il eût été difficile d'avoir autant d'infos sans le concours d'Olivier.

Si des amateurs veulent goûter cette galette (ou une autre), je suis tout à fait disposé à envoyer un échantillon. Par contre je me garde le coffret, on sait jamais comme dit Olivier ça vaudra peut-être un sacré paquet de pognon dans 10 ans !

David a dit…

Pour ma part, je doute que ce soit le fruit d'un travail bâclé, mais plutôt un choix esthétique (comprendre gustatif). Vu le prix de la galette, j'ai du mal à envisager qu'ils fassent l'économie du tri de certaines feuilles. Après visiblement, ça plait ou ça plait pas.

Je suis en train de me demander si j'ai pas encore un bout de cette galette quelque part... La dernière fois que j'ai regardé, je ne l'ai pas retrouvée mais en faisant du rangement hier je suis tombé sur une boite avec mes premiers puerh.

Je regarderai en rentrant ce soir.

William a dit…

Bonjour Sébastien,

D'après ta description et la tête de la galette, cela semble bien être du théier sauvage (野生茶 Yesheng Cha).

On en voit pas beaucoup sur les marchés au thé. Comme tu dis, cela a un goût très particulier et il n'y a pas beaucoup de demande pour ce genre de thé.

D'après les photos que j'ai vu, c'est vraiment différent d'un théier classique.

Par contre, il ne faut pas confondre le théier sauvage avec le Zi Yun (appelé thé violet)qui est un théier de plantation ordinaire.

Le théier sauvage n'est pas forcément anciens, s'ils se reproduisent naturellement, il y a forcément des jeunes et des moins jeunes.

Ceci est d'ailleurs vrai pour les galettes issues de vieux théiers. Souvent, le champs de théiers anciens est parsemé de jeunes théiers (dont certains sont plantés manuellement).

A part pour les galettes les plus haut de gamme, les feuilles sont mélangées. Dans un champs de théiers millénaires, il y a peut être 5% de théiers millénaires, 60% de théiers centenaires et 35% de théiers plus jeune (je balance ces chiffres au pif, cela varie bien sûr selon les jardins).

Bref, je pense qu'il y a une limite à la prise de tête, le thé est fait pour être bu, l'important est d'être heureux avec ce que l'on a dans la tasse, peu importe si on appelle cela théier sauvage, théiers anciens-millénaires-biologique-naturel ou Tai Di Cha...c'est du thé

Si les vendeurs surestiment la qualité de leur thé, c'est aussi parce que les consommateurs veulent entendre qu'ils achètent le meilleur thé du monde (surtout en Chine ou le thé sert de cadeau).

Je pense qu'en tant que consommateur, il vaut mieux ne pas prêter attention à ces appellations.

Dans l'absolu, a quoi cela sert t-il de savoir que le thé est issu de plantations ou de théiers anciens? Achetez du thé bon marché, achetez du thé plus coûteux, puis essayez de trouver le rapport qualité/prix qui vous convient.

Amicalement
William

Nicolas a dit…

Salut Sébastien,

"Si des amateurs veulent goûter cette galette (ou une autre), je suis tout à fait disposé à envoyer un échantillon."
-> ben je veux bien un échantillon de celle-ci. Pour moi ce thé c'est de la bombe. Avec ses particularité, mais de la bombe...
Amicalement
Nicolas

Sébastien a dit…

"il y a une limite à la prise de tête, le thé est fait pour être bu, peu importe si on appelle cela théier sauvage, théiers anciens-millénaires-biologique-naturel ou Tai Di Cha...c'est du thé
Je pense qu'en tant que consommateur, il vaut mieux ne pas prêter attention à ces appellations.
Dans l'absolu, a quoi cela sert t-il de savoir que le thé est issu de plantations ou de théiers anciens? Achetez du thé bon marché, achetez du thé plus coûteux, puis essayez de trouver le rapport qualité/prix qui vous convient."


Tu pousses le raisonnement un peu loin. Quand on achète ce type de thé et qu'on se "prend la tête" à chercher à comprendre ce qu'il y a derrière, c'est qu'on s'y intéresse un minimum tout de même.
Perso, j'aime bien savoir d'où vient le thé que je bois, et comprendre le pourquoi du comment. En l'occurrence, pourquoi ce thé précis de Terre de Chine a cet aspect & ce goût si particuliers.

Pour reprendre une analogie avec le vin, imagine-toi une seule seconde faire ce même discours auprès d'amateurs de vin : "vous prenez pas la tête avec les domaines, achetez du vin rouge pas cher et du vin rouge plus cher, vous verrez bien".
Je ne me vois pas acheter une bouteille de vin avec une étiquette ["Vin rouge, 3 euros"] ou ["Vin rouge de terroir, 25 euros"] sans savoir d'où il vient ;)

"essayez de trouver le rapport qualité/prix qui vous convient"

Si la qualité était toujours en rapport avec le prix, ça serait tellement plus facile, cependant j'ai remarqué que c'était très loin d'être toujours le cas. Dans les 2 sens d'ailleurs : du très bon pas cher et vice versa.

Olivier a dit…

@Sebastien

Faut-il également comprendre que les vieux arbres sauvages donnent - souvent - des résultats pas folichons,

A vrai dire si tu t'attend à un bon puerh, ou juge du théier sauvage avec les critères d'un bon puerh (venant arbres anciens, terroir de qualité, etc...) tu risque en effet d'être très déçu...

Voilà, ensuite tu peux très bien beaucoup apprécier ces thés, qui ont de véritables qualité, et parfois beaucoup de caractère (juste ils sortent franchement de la norme de qualité généralement admise pour un puerh)...

D'où vient ce goût si particulier ? Une spécificité de ce terroir de Bai Yin Shan ? Une caractéristique des théiers vieux-sauvages-et-violets ? Un rendu spécifique à la production (choix du matériau / tri / pressage / coffret ;)... ?

Pour une spécificité de Bai Yin Shan, non.
Ensuite un peu des deux. Ce thé doit avoir la triple marque d'une part du théier sauvage, d'autre part du thé violet, et enfin du tri visiblement très somaire des feilles (qui dans le cas du théier sauvage est souvant à l'origine de touches fumées). Il y'a des cas particulièrement intéressant à Mengku de galettes pressées à qq années d'intervales, avec le mme maocha sauvage, peu trié et re-trié qui en disent long (mais je vais pas m'étaller, on en parle par mail)

@David

Oui c'est surement un choix voulu (la feuille jaune c'est pas vraiment apprécié en Chine, mais donnant des choses plus douces et fruités ça peut rendre le produit plus grand public pour l'occident, pourquoi pas)... après que ce soit voulu ou non un maocha avec autant de feuiles jaune coute bien moins cher à l'achat ;)

zdeubeu a dit…

Tiens, c'est marrant, j'ai un bout de cette galette dans mon tiroir.

J'en avais acheté une moitié (si si ! la dame m'a vendu une demi-galette ! Avec son emballage, mais sans la boîte millésimée :-) )

Je la trouve bien mais pas aussi bonne que la 2006 que j'avais goûtée sur place (http://www.discuthe.fr/forum/viewtopic.php?f=38&t=526)

Olivier a dit…

@William

On en voit pas beaucoup sur les marchés

Non par contre on voit ça écris sur un nombre incroyable de galettes comme tu as du t'en rendre compte

Par contre, il ne faut pas confondre le théier sauvage avec le Zi Yun (appelé thé violet)qui est un théier de plantation ordinaire.

Si le Zi Juan (紫娟) est bien un thé de plantation (pas si ordinaire d'ailleurs), le Zi Cha, ou thé violet, n'a rien à voir et est un terme générique qui s'applique à toutes les mutations de théiers, souvant anciens, souvant sauvages, aboutissant à une colloration d'anthocyane des bourgeons, feuilles ou tiges...

Bref, je pense qu'il y a une limite à la prise de tête,

Il me semble qu'on ne se prend pas la tete on chercher à savoir ce qu'on boit... après on peut juste boire du thé mais dans ce cas c'est pas la peine de faire un blog ou de commenter les blog des autres...

Je pense qu'en tant que consommateur, il vaut mieux ne pas prêter attention à ces appellations.

Dans l'absolu, a quoi cela sert t-il de savoir que le thé est issu de plantations ou de théiers anciens? Achetez du thé bon marché, achetez du thé plus coûteux, puis essayez de trouver le rapport qualité/prix qui vous convient.


Je suis absolument pas d'accord, et fais partie de ceux (il y'en a beaucoup) qui milittent pour une standardisation des appelation chinoises concernant le thé, et une protection stricte de ces dernières...

Si le thé n'était qu'un produit de supermarché on ne serait pas là à en parler.
Le thé est une culture et ça en importe certains, depuis des milliers d'années, de la comprendre et de savoir ce qu'ils boivent...

Pour suivre Sébastien tu peux aussi trouver que les AOC français c'est se prendre la tête pour rien et qu'acheter les petites récoltes de Nicolas parce que le rapport qualité prix te convient...

A quoi ça sert de savoir si ce qu'on boit vient de théiers sauvages millénaires, plantés celon certaines méthodes il y'a 500 ans, ou il y'a 50 ans? Peut être à ce que tu as dans ta tasse ne se résume pas à une marque et à un prix...

Olivier

Philippe de Bordeaux a dit…

J'aime quand le pu erh fait monter la pression!
Cette famille a bien un Cha Qi puissant c'est incontestable à Vous lire.

C'est une famille qui demande patience & recul surtout pour nous Occidentaux...

Merci à Olivier pour sa présence;il apprend et à tant(le Temps)à nous apprendre;il faut être sur place pour se rendre compte que d'ici on ne voit pas grand chose à la chose!

Et les blogs sont là pour "se prendre la tête" honnêtement : sinon à quoi bon?
C'est comme cela que j'apprends : par l'effort la fameuse "prise de tête" puis par le réconfort de ce que j'aurais appris comme la récompense.

Le pu erh extra c'est rare et de plus en plus rare.
à Nous de trouver des galettes et autres briques; profiter et garder des trésors passés.
La chasse est ouverte n'est-ce pas?

. PHILIPPE .

William a dit…

Bonjour Olivier et Sébastien,

Je pense m'être mal exprimé. Si je me fichais totalement de ce que je bois, je n'aurais pas plaqué mes études pour venir voir les théiers de plus près.

Comme vous les suggérez tous les deux, l'amateur de vin serait éhonté d'entendre un tel raisonnement.

Comme tu peux bien le constater Olivier, le commerce du Pu Er est beaucoup moins bien organisé que le commerce du vin.

A l'heure actuelle, comme on l'a vu à maintes reprises, on ne peut pas faire confiance à ce qui est écrit sur les galettes. Je ne suis pas amateur de vin mais j'imagine qu'il y a beaucoup moins "d'erreurs d'étiquetage" sur les bouteilles de vin.

Connaître le vrai goût de Lao Ban Zhang, Mahei, Bingdao, Naka et bien d'autres est une tâche hardue.

Dans la situation actuelle du Pu Er, j'ai bien l'impression que patience et longueur de temps font plus que force ni rage.

Ce que je voulais dire par "ne pas se prendre la tête", c'est qu'il faut boire, boire et re-boire toute sorte de Pu Er pour que les différences apparaissent. Je ne vois pas de méthode miracle pour comprendre le thé.

Je serais curieux de voir l'évolution des appellations dans l'avenir. Comme tu le soulignes dans tes articles, Olivier, les terroirs sont de plus en plus précis.

J'imagine que par conséquent les fausses appellations sont de plus en plus nombreuses. Toi qui as étudié le Pu er depuis de nombreuses années, vois-tu une vraie régulation pointer le bout de son nez?

A Darjeeling, où je suis en ce moment, il y a 87 manufactures et une vraie appellation, c'est assez facile à contrôler et malgré tout, il se vend beaucoup plus de Darjeeling qu'il n'en est produit.

Dans le Yunnan, il y a des milliers de producteurs. Comment contrôler qui vend quoi à qui?

Comment éviter les contrefaçons dans le Pu Er?

Salutations
William

Olivier a dit…

William,

Je ne pense pas qu'on se soit mal compris, ton discours "Dans l'absolu, a quoi cela sert t-il de savoir que le thé est issu de plantations ou de théiers anciens? Achetez du thé bon marché, achetez du thé plus coûteux, puis essayez de trouver le rapport qualité/prix qui vous convient." est des plus limpides...

Ensuite établir et protéger des appellations, et le faux, sont deux choses différentes. Le faux c'est illégal, critiquable et attaquable, utiliser abusivement une appellation non protégée ne l'est pas.

Longjing est aujourd'hui une appelation déposée et protégée, et l'usage abusif de ce nom est illégal. Lao banzhang puisque tu en parles ne l'est par exemple pas, et il est intéressant de noter le nombre d'entreprises, légalement enregistrées en chine qui comportent banzhang dans leur nom comme "Lao Banzhang Cha Chang" (Atelier de thé de lao banzhang) qui n'a AUCUN rapport avec banzhang (usine à Menghai, thé de nimporte où)...

Après éviter les faux c'est aussi promouvoir la culture du thé, comme on est en train de le faire ici... quand on a compris ce qu'est un thé de théier sauvage et la tête que ça a.... on n'a même pas besoin de lire l'étiquette pour se rendre compte de ce qui n'en est pas...

Anonyme a dit…

pas besoin de se prendre la tête sur une galette qui comporte facilement 20% à 25% de huang pian...

Terre de Chine ils sont gentils mais ils n'ont toujours rien appris, à part les mots qui font dresser l'oreille aux débutants.

Quels qu'ils soient, les promoteurs de la culture du thé autoproclamés sont simplement les amis de ton portefeuille. la promotion culturelle leur permet de te refiler des trucs moyens à prix multiplié.

henri

Sabine a dit…

De haute volée, ce débat ! à lire avec autant d'attention que les articles eux-mêmes. Je reviendrai.

David a dit…

Je viens de retrouver un bout d'une galette que j'avais étiquetée TH260, mais de 2006 ! Je ne sais pas si j'ai fait une erreur à l'époque en l'étiquetant, ou s'il y a eu une version précédente de cette galette maintenant épuisée.

L'aspect correspond, sauf que les feuilles jaunes ont foncé assez fortement depuis les presque deux ans passées chez moi. Je le regouterai dans les jours à venir et posterai ici mes impressions.

Julien ÉLIE a dit…

Merci beaucoup pour cet article, Sébastien. Il m'a mis l'eau à la bouche et donné l'envie de passer à la boutique Terre de Chine cet après-midi !

J'ai été immédiatement séduit par cette galette en la voyant : des couleurs envoûtantes et une très belle odeur.
Je viens de la goûter. Ma première impression est : équilibrée, centrée, subtile, moelleuse. J'apprécie grandement. Douceur équilibrée de théiers de 500 ans.

Je préfère toutefois prévenir David que la longueur en bouche ne l'impressionnera pas, et rappeler à Denis le millésime récent de la galette.
D'ailleurs, Denis, tu parles d'une « galette chère de 2007 » que tu avais aimée. Est-ce la Yi Wu 2007 à 60 € les 357 grammes ? Tu la trouvais chère ? Il est cependant vrai qu'elle est très bonne.

En ce qui concerne les feuilles jaunes, après renseignements en boutique, cela provient du fait que le cahier des charges de cette récolte vise à obtenir un produit équilibré. Le choix a été de cueillir systématiquement le bourgeon et les trois premières feuilles. Sur des thés de cet âge, il est fréquent que cette troisième feuille soit jaune. Ils ont donc choisi à dessein fr garder cette feuille pour ne pas amputer le thé de la douceur apportée et de l'homogénéité (harmonie, centrage) ainsi créée.

Personnellement, le résultat me plaît bien !

Olivier, j'ai l'impression de sentir un léger goût citronné/réglissé comme tu le mentionnes. À un moment, je croyais même goûter ta Wang Bing Or Violet !
Le fumé est très léger, et ne m'a pas dérangé. Il s'harmonise bien avec cette galette.

David, la version 2009 s'appelle TH260-09 ; aucune erreur d'étiquetage :-)
Ce sont les mêmes théiers qui sont à l'origine de ces deux galettes. Un élément de comparaison intéressant, et l'on peut aussi suivre l'évolution. Il n'y a pas eu de récolte en 2010 de ces théiers (car ils n'avaient pas suffisamment repoussé depuis la cueillette précédente). Nous verrons bien s'il y en aura une en 2011 !

Nicolas a dit…

Compte rendu très intéressant. Merci Julien.

@Sébastien
Je veux bien que tu m'envoies un échantillon, comme tu l'as proposé dans un de tes commentaires plus haut.

Je souhaiterais éditer aussi mes impressions de cette galette sur cette page.

Amicalement
Nicolas

David a dit…

J'ai donc 30 grammes de la version 2006. Sébastien, si tu veux 10g pour comparer, je peux t'en envoyer.

Merci Julien pour les infos. S'il n'y a pas eu de récolte en 2010, c'est plutôt de bonne augure pour 2011, les arbres ayant eu le temps d'accumuler plein d'énergie qu'ils restitueront dans leur feuilles.

Je regoute la 2006 aujourd'hui.

Olivier a dit…

Il n'y a pas eux de récolte 2010... ils n'avaient pas suffisament repoussé depuis la récolté précédente...

Un théier sauvage, soit un bon gros arbre de 500 ans, qui n'a pas fait assez de feuilles cette année... non franchement faut pas pousser le bouchon trop loin quand mme ;)

Raconter des conneries aux clients ça a quand mme des limites (au passage mettre un tas de feuilles jaunes pour faire un truc plus doux et fruité pourquoi pas, y'en a mme qui pressent des gaelttes de pures feuilles jaunes plutôt sympa, mais "équilibrer" dans ce cas c'est pas tout à fait le mot juste. D'ailleurs dans le cas du vrai sauvage 2009 pourquoi pas, de la douceur pour contre balancer l'éventuellement rudesse des feuilles (ça se fait souvant pour du sauvage), par contre pour le vieux tai di de 50 ans de 2010... je vois pas trop l'"équilibre" apporté par les feuilles jaunes ;) ) )

Bref non y'a une erreur de syntaxe dans la phrase, "Ils (TDC) n'ont pas eux la récolte 2010" et non "il n'y a pas eux de récolte 2010"... plus crédible...

(et aux passage je vous rapelle ou informe que, suite aux catastrophes passées des années 2005-2007 la ceuillete des théier sauvage est théoriquement interdite, et faite plus ou moins sous le manteau... parce que en effet quand on les ceuillait toutes les deux semaines, ils commençaient à avoir du mal à produire)

Julien ÉLIE a dit…

"équilibrer" dans ce cas c'est pas tout à fait le mot juste

Je souhaite préciser que le terme précis d'« équilibre » vient de moi, et pas de la boutique.
Je me rends compte à la relecture que je me suis mal exprimé. J'étais dans la suite de Ma première impression est : équilibrée, centrée, subtile, moelleuse.
Le cahier des charges de la récolte est une cueillette homogène du bourgeon suivi des trois premières feuilles. Ensuite, c'est moi qui interprétais en constatant (après dégustation hier soir) que cela contribuait probablement à un certain équilibre, une homogénéité et une douceur.

Ça ne se produit jamais de sauter une année de récolte sur des théiers (jeunes ou vieux) ?

Julien ÉLIE a dit…

David, je pense que tu as dû apprécier ta dégustation de Lin Cang 2006 vieux théiers (500 ans).
Je suis en train de la goûter et c'est une pure merveille. Fumée, fruitée. C'est bien dans la lignée de la 2009 avec davantage de corps et de maturité.
Une appréciable longueur en bouche.
C'est clairement du très bon.

Je constate aussi comme toi que les feuilles jaunes ont bruni. (Je ne connais cependant pas la couleur qu'elles avaient il y a quatre ans.)
Je suis content d'avoir encore un bout de cette galette de 2006. Dommage qu'elle ne soit plus à la vente…
Vu que la production n'est pas élevée et que la boutique Terre de Chine ne se place pas (encore) dans la vente de vieux pu er, il faut songer à les stocker soi-même lorsqu'elles nous plaisent.

David a dit…

Je m'étais interdit de boire du thé ce weekend pour mieux apprécier le thé que je me réservais pour ce soir... Mais j'ai craqué en début d'aprem et ai gouté la TH260-06, quel nom poétique ! ;-)

Et je suis totalement d'accord avec toi Julien. C'est très bon, original, très fruité avec une pointe de fumé. Pour la longueur, elle est correcte en effet et j'en ai retrouvé des traces fugaces de longues minutes après, alors que je faisais totalement autre chose.

J'achèterai la 2011, et j'essaierai de pas la boire immédiatement ! Je verrai pour la 2009 lors de mon prochain passage à Terre de Chine. En attendant, si vous connaissez des revendeurs qui ont encore de ces galettes version années antérieures à 2009, merci de le préciser ici ! :-)

Sébastien a dit…

@Nicolas : pas de souci je t'en envoie un morceau.

@David : merci pour ta proposition, je vais y réfléchir. Je vais d'abord re-goûter à celle de 2009 pour savoir si j'ai envie de me lancer dans les comparaisons. Là tout de suite, rien n'est moins sûr. Mais vu l'enthousiasme dont vous faites preuve pour ces galettes, je me dis que j'ai dû passer à côté (pour la deuxième fois). Je vais donc m'y replonger.

@Julien : merci pour tes précisions en direct de la boutique Terre de Chine. Entre Olivier sur place dans le Lin Cang et toi dans les boutiques parisiennes, on devrait finir par avoir le fin mot de l'histoire !

Et @tous : merci pour votre participation à ce sujet. Décidément, ces galettes à feuilles jaunes auront fait parler d'elles ! Pour l'instant, en ce qui me concerne, je ne trouve pas cela justifié (rapport qualité/prix et goût personnel), mais encore une fois, j'ai peut-être raté quelque chose...

Je repasserai par ici lors de mes prochaines tentatives, donc à bientôt !

Nicolas a dit…

@Sébastien :

Ok merci pour l'envoi. Je posterais mes impression de dégustation sur cette page.

Nicolas

Julien ÉLIE a dit…

Sébastien, tu ne nous as pas dit quels étaient tes paramètres d'infusion pour cette galette.

De mon côté, j'ai mis 3 grammes dans une théière de 12 cl (une Tozo vendue par Akira Hojo). Volvic. Je ne chronomètre pas mais en gros j'ai essayé dans les 30 secondes pour la première infusion, à peu près le même temps pour la deuxième, puis entre 1 et 2 minutes, et après j'oublie un peu les feuilles. Ça peut être 5 minutes, à deux reprises, puis un quart d'heure…Heu oui, ça ne fait pas pro pour les temps :-)
Un peu à l'arrache mais quand le thé est de qualité, je ne suis pas déçu en buvant. Bien sûr, je retiens pour les fois suivantes si j'ai été totalement à côté de la plaque, et je m'adapterai. Là, le résultat me convenait.

De manière générale, il devient de plus en plus rare que j'attaque à dix secondes (je précise le fait car j'ai l'impression que c'est ton paramètre usuel).
Après, c'est bien sûr à moduler suivant tes goûts. Si en infusant plus longtemps, le résultat te déplaît (amertume ou je ne sais quoi), il faut bien sûr infuser moins longtemps pour correspondre à tes préférences… et tomber sur une harmonique ! (futur article de Nicolas)

Oui, David, « original » est un adjectif qui se prête bien à cette galette. Je n'en connais bien sûr pas beaucoup sur toute la production qui existe (!) mais sur celles que j'ai rencontrées, ce genre de saveurs est rare. Elle sort du lot. C'est un des charmes de cette galette, et de la sélection gustative de Terre de Chine.
Tout pareil que toi pour avoir perçu un zeste furtif de la galette en respirant alors que je ne m'y attendais pas et que j'étais occupé à autre chose.
Il va falloir que je regoûte la 2009 car elle ne m'avait pas semblé avoir cette longueur. Ou alors c'était plus subtil (moins de corps) que la 2006 et je n'y ai pas prêté attention ou ne suis pas suffisamment sensible pour la percevoir.

2006 puis 2009. Espérons qu'il ne faudra pas attendre 2012 !

Sébastien a dit…

"Sébastien, tu ne nous as pas dit quels étaient tes paramètres d'infusion pour cette galette."

ben, comme d'hab' ;)
c'est-à-dire env. 4g dans ma théière (qui doit faire 10 ou 12cl je sais pas), eau du robinet en bouilloire ^^

Allez, la prochaine fois je mettrai toutes les chances de mon côté : zhong pour la neutralité, de l'eau de source chauffée en tetsubin, dosage un peu plus faible et infusions un peu plus longues. Et si ça ne me convainc pas davantage, j'essaierai encore autre chose. Mais honnêtement, j'ai trouvé ce thé tellement "bizarre" et si éloigné de ce que j'aime dans les shengpu que je doute fortement que les paramètres d'infusion soient responsables de la perception que j'ai de ce thé.
Cela dit, je vais le re-goûter, promis :)

Nicolas a dit…

Merci Sébastien pour l'échantillon, je l'ai reçu aujourd'hui.

Voici donc mon compte rendu de dégustation. Mes paramètres sont simple- zhong 10cl - 2,5g. Pas de surdosage, c'est un thé à polarité féminine. Infusions courtes comme pour un jeune sheng.

Il coule bien en gorge, c'est agréable. Il me fait penser à un Dan Cong, ce n'est pas la première fois avec les pu'er fruités de Terre de Chine. D'ailleurs si j'avais une théière à Dan Cong c'est avec elle que j'aurais procédé.

Qu'est-ce que j'en pense personnellement ? Un excellent thé avec un potentiel énergétique comme l'on les galettes prometteuses. Ensuite si il y a une seule erreur avec ce thé, c'est de l'avoir mis en vente trop tôt. Moi j'aurais laissé en cave au moins deux à trois ans avant de le proposer à la vente.

Avec ce vieillissement, ce thé s'adresse en premier lieu aux amateurs de Dan Cong, au moment où j'écris ces mots j'ai des relents de magnolia en gorge. Ne vous attendez pas à une complexité excessive, il ne pourra pas l'offrir. Cependant il proposera un gustatif intéressant et peu ennuyeux.

Nicolas

David a dit…

J'ai trouvé chez mon marchand local une galette de TH260 de 2006. Même prix. Si des gens sont intéressés, qu'ils me contactent (voieduthe@gmail.com)

Julien ÉLIE a dit…

Pour info, la TH260 est toujours en vente à la boutique parisienne. J'y suis passé cet après-midi (mais n'en ai pas repris). Légère augmentation de prix : la galette de 200 grammes coûte actuellement 80 €.

La carte sur place est plus étoffée que sur le site web (qui ne mentionne plus les thés dont il ne reste plus beaucoup de stock).


Sébastien, la Lin Cang 2004 vieux théiers dont tu parles (et que tu as goûtée), c'est la TH240. Même plantation, d'où l'« air de ressemblance ».
Mais perso, je trouve la TH260 plus intéressante !