24 oct. 2010

Pu erh mandarine


Un puerh à la mandarine ! Bhââa ! Bêêêrk ! Sacrilège !
Sans doute. Mais tant que je n'aurais pas goûté ces petites mandarines fourrées au thé, je ne pourrais que supputer.
Et depuis que je m'intéresse au thé, ces mandarines m'ont toujours fait de l'œil. Le principe est simple : du puerh cuit, en vrac, mis à vieillir dans une écorce de mandarine.
D'ailleurs, ce n'est pas vraiment du thé parfumé dans le sens où c'est le contenant qui va donner un arôme au contenu (un peu comme un alcool vieilli en fût de chêne par exemple). Cependant je reconnais qu'un puerh à la mandarine, à priori, ça fait pas très envie : j'ai bien peur qu'il ne s'agisse en fait que d'un mauvais puerh très bas de gamme joliment présenté, mais vaille que vaille. Goûtons.

Elle a quand même une bonne tête, non, cette mandarine !


L'odeur (de mandarine bien sûr) est très forte. Même en collant le nez sur les feuilles, on ne distingue pas l'odeur d'un puerh cuit. Pareil dans le zhong préchauffé.
En passant, je remarque que les feuilles ont tout de même une assez jolie couleur. Cela ne ressemble pas du tout aux très mauvais puerh shu que j'ai déjà eu l'occasion de boire, et dont les feuilles sont d'un noir d'encre.

Je dose assez léger, je me méfie un peu...


Après rinçage, je n'ai fait que trois infusions (car dosage minimal). Elles ont été assez homogènes, et finalement j'ai été agréablement surpris par ce puerh mandarine. Contrairement aux feuilles sèches, la liqueur produite n'est pas entièrement monopolisée par les arômes de mandarine : le puerh cuit parvient à se frayer un chemin jusqu'aux papilles. Et bien que cela ne soit pas le meilleur thé qu'il m'ait été donné de boire, il faut reconnaître qu'il est loin de faire partie des pires.


La liqueur laisse une agréable fraîcheur en bouche, et d'après moi l'arôme mandarine n'est à priori pas artificiel (je confirmerai ça un jour prochain, j'ai quand même le nez à moitié bouché). C'était une de mes craintes : que les feuilles de thé soient imbibées d'un parfum mandarine de synthèse et que l'écorce de mandarine ne soit là que pour la déco...

Ce n'est pas un thé que je boirai tous les jours, mais ça vaut le coup d'être goûté, c'est original quoi.
Ci-dessous les feuilles infusées, et l'étiquette de la mandarine : la marque semble être "Gold Horse Brand", la recette 8685.


4 commentaires:

Philippe de Bordeaux a dit…

Original,

Je ne connaissais pas ; merci de faire découvrir...

En tous les cas l'aspect extérieur comme la liqueur : cela a une certaine esthétique.

Olivier du Yunnan nous a envoyé diverses recettes liées au thé,de nouvelles aventures gustatives en perspective.

Merci pour la mandarine....

Au plaisir.

. PHILIPPE .

Francine a dit…

Incroyable! Ce que j'aime particulièrement chez toi, c'est ton audace... Figure-toi que j'ai moi aussi quelque chose du genre, je trouve cela joli mais il ne m'était pas venu à l'esprit d'aller plus loin. Grâce à toi, je vais bientôt franchir le pas!

Leaf a dit…

Fascinant.
J'étais tombée sur ces mandarines lors de ma première "excursion puerh", mais j'avais eu peur, comme toi, de la possibilité d'un arôme de synthèse sur un thé de mauvaise qualité. Comme je ne suis pas très branchée thés aromatisés à la base, j'avais soigneusement décidé de passer mon tour...

Sans nécessairement envisager de les tester dans l'immédiat, tu piques ma curiosité, ce qui n'est jamais chose perdue. ^^ L'idée fera son chemin... ^^

Philippe de Bordeaux a dit…

Cher Sébastien,

Pour répondre en partie à tes interrogations sur le thé vert:



Cher Stéphane,

Pourrais tu nous rappeler quelle est la différence dans la phase de préparation entre un thé vert Bi Luo Chun de San Hsia de Taiwan et un Bi Luo Chun Chinois?
Je crois qu'il y en a un qui est chauffé à la vapeur et l'autre à la poêle ?
J'ai des lecteurs qui m'ont posé la question : je me souviens d'autre part que tu avais infusé un Long Jing âgé dans un parc et que tout c'était bien déroulé...

Mon Bi Luo Chun date du printemps dernier 2009, il est bien conservé dans une boite métallique hermétique et il n'a pas pris une ride.

Merci et complétement ok avec toi et ces quelques lignes plus haut qui ouvre un champ immense...

. PHILIPPE .



Cher Philippe,

Le chauffage rapide des feuilles (pour arrêter l'oxydation), se fait en wok en Chine et en four rotatif à Taiwan. Voilà la différence principale entre les 2 fabrications.

Félicitations pour ta bonne conservation de ton thé!